Christopher Landon, réalisateur américain de Happy Death Day, Freaky et We Have a Ghost, fils de l'acteur Michael Landon et figure de l'horreur-comédie contemporaine.
Christopher Landon naît à Los Angeles, benjamin des quatre enfants de l'acteur Michael Landon et de Lynn Noe. Après le divorce de ses parents en 1980, il vit avec son père jusqu'à la mort de ce dernier d'un cancer du pancréas, alors qu'il n'a que seize ans. Il étudie l'écriture de scénario à l'université Loyola Marymount, qu'il quitte avant la fin de son cursus lorsque le réalisateur Larry Clark lui propose d'écrire pour lui, ce qui donne naissance au scénario d'Another Day in Paradise en 1998. Il coécrit ensuite le thriller Disturbia en 2007, avant de réaliser son premier long métrage, la satire Burning Palms, en 2010. Il devient une figure centrale de la franchise Paranormal Activity, d'abord comme scénariste puis comme réalisateur de Paranormal Activity: The Marked Ones. En 2017, il connaît son plus grand succès avec Happy Death Day, comédie horrifique à la structure de boucle temporelle, suivie d'une suite en 2019 puis du film Freaky en 2020. Il poursuit avec We Have a Ghost en 2023 et Drop en 2025, tout en co-écrivant Heart Eyes, avant d'annoncer en 2023 son retrait du projet Scream 7, qu'il devait initialement réaliser.
La relation complexe avec son père Michael Landon, star adulée mais parfois absente, irrigue en profondeur des films comme We Have a Ghost, où il explore explicitement les liens pères-fils. Le cinéma d'Alfred Hitchcock, en particulier Fenêtre sur cour, influence directement l'écriture de Disturbia, tandis que les comédies fantastiques des années 1980 comme Un jour sans fin nourrissent la structure temporelle de Happy Death Day. Son parcours personnel de scénariste ouvertement gay dans une industrie qu'il savait hostile à cette visibilité façonne également sa sensibilité aux personnages marginaux et à la question de l'acceptation de soi. Sa collaboration prolongée avec le producteur Jason Blum et la franchise Paranormal Activity constitue par ailleurs une école déterminante de son savoir-faire en matière d'horreur grand public.
Christopher Landon est devenu l'une des figures les plus reconnaissables de l'horreur-comédie contemporaine, un registre qu'il qualifie lui-même de feel-good horror. Sa signature repose sur un mélange habile entre scares efficaces, humour vif et émotion sincère, une combinaison qui a marqué durablement le genre depuis Happy Death Day. Il privilégie des récits centrés sur des personnages féminins forts, souvent confrontés à des dilemmes existentiels dissimulés derrière un argument de genre ludique. Sa mise en scène sait également jouer des codes du slasher et du body-swap avec une désinvolture assumée, sans jamais sacrifier la tension dramatique.
Bien que davantage reconnu par le public que par les cérémonies académiques, Christopher Landon s'est imposé comme l'un des réalisateurs les plus rentables du cinéma d'horreur contemporain, Happy Death Day ayant rapporté plus de cent vingt-cinq millions de dollars pour un budget d'environ neuf millions. Sa franchise Happy Death Day et son film Freaky ont été largement salués par la critique spécialisée du genre, contribuant à sa réputation de cinéaste ayant renouvelé la comédie horrifique.
Le producteur Jason Blum et sa société Blumhouse Productions accompagnent une large partie de sa filmographie, de Happy Death Day à Freaky. L'actrice Jessica Rothe, révélée par Happy Death Day, devient une collaboratrice récurrente à travers ses deux volets, tandis que Vince Vaughn et Kathryn Newton portent Freaky. Il travaille également à plusieurs reprises avec les scénaristes Jillian Jacobs et Chris Roach, notamment sur Drop.
Les relations familiales complexes, en particulier les figures paternelles à la fois aimantes et défaillantes, reviennent constamment dans son œuvre, de We Have a Ghost jusqu'à ses films les plus personnels. La question de l'identité et de l'acceptation de soi, souvent traitée à travers des personnages queer ou marginaux, traverse également sa filmographie. Le temps et sa répétition, qu'il s'agisse d'une boucle temporelle ou d'un échange de corps, structure la mécanique narrative de plusieurs de ses films les plus emblématiques. Enfin, le mélange du macabre et du réconfortant, qui donne son ton si particulier à son cinéma, demeure sa marque de fabrique la plus reconnaissable.