Né le 14 mai 1959 à Toledo, dans l'Ohio, Brett Leonard se fait connaître au début des années 1990 comme l'un des pionniers du cinéma consacré à la réalité virtuelle. En 1992, il coécrit avec le producteur Gimel Everett un scénario original intitulé Cyber God, inspiré par la découverte des technologies de Jaron Lanier et de sa société VPL Research lors d'un événement à San Francisco baptisé Cyberthon. Ce projet fusionne avec une adaptation en difficulté d'une nouvelle de Stephen King pour donner naissance à The Lawnmower Man, avec Pierce Brosnan et Jeff Fahey, qui devient un succès surprise au box-office malgré une bataille juridique menée par King lui-même pour faire retirer son nom du titre. Fort de ce succès, Leonard réalise ensuite Virtuosity (1995) avec Denzel Washington et Russell Crowe, avant de signer Feed, Man-Thing et le film IMAX T-Rex: Back to the Cretaceous. Il travaille également dans le domaine du clip musical, notamment pour Peter Gabriel avec Kiss That Frog, et continue de se présenter comme un futuriste et penseur de premier plan sur les questions de réalité virtuelle et d'interaction homme-machine.
La découverte des premières technologies de réalité virtuelle lors de l'événement Cyberthon à San Francisco constitue le point de départ direct de sa carrière de cinéaste de science-fiction. Il revendique une fascination de longue date pour les technologies immersives et leurs conséquences sur l'identité humaine, qu'il considère comme une mise en garde plutôt qu'une célébration naïve du progrès. Le cinéma d'horreur et de science-fiction des années 1980, mêlant effets spéciaux novateurs et interrogations morales, façonne également son approche du genre.
Leonard développe un cinéma de genre marqué par des séquences d'animation numérique alors très novatrices pour leur époque, qu'il intègre à des récits de transformation progressive de ses personnages principaux. Sa mise en scène insiste sur la dégradation graduelle d'un individu ordinaire vers une entité surhumaine puis menaçante, dans une veine que la critique a pu qualifier de proche du cinéma de David Cronenberg. Il conserve dans l'ensemble de son œuvre une réflexion constante sur les dangers d'une confiance aveugle envers la technologie et l'interaction homme-machine.
The Lawnmower Man s'impose comme un succès commercial marquant à sa sortie en 1992, devenant l'un des films les plus rentables de la carrière de Leonard et un jalon reconnu de la représentation cinématographique de la réalité virtuelle, sans toutefois donner lieu à des récompenses cinématographiques majeures.
Le producteur Gimel Everett, coscénariste de The Lawnmower Man, l'accompagne dès ses débuts et partage avec lui les commentaires audio des rééditions du film. L'acteur Jeff Fahey, révélé par ce même film, reste associé à son œuvre la plus emblématique.
La réalité virtuelle et ses dangers potentiels pour l'identité et la psychologie humaine constituent le motif central de son œuvre, dès The Lawnmower Man. La transformation progressive d'un individu ordinaire en être surhumain, puis menaçant, structure également plusieurs de ses films. Leonard s'intéresse enfin de façon constante aux dérives possibles de la science lorsqu'elle échappe au contrôle éthique de ceux qui la manient.