Né le 9 juillet 1956 à Nanterre dans une famille ouvrière, Bernard « Bernie » Bonvoisin débute comme batteur au sein du groupe Daffy Dog Band en 1976, avant de devenir en 1977 le chanteur et parolier du groupe de hard rock Trust, qu'il cofonde avec le guitariste Norbert « Nono » Krief. Porte-voix d'une jeunesse en colère durant près d'une décennie, il signe l'ensemble des textes du groupe, marqués par une agressivité libertaire et un rejet assumé de la répression et des mentalités bourgeoises, notamment sur les albums Trust en 1979 et Répression en 1980, qui contient le titre emblématique Antisocial. À la séparation du groupe en 1985, il se consacre à sa seconde passion, le cinéma, débutant comme acteur pour Denis Amar dans Hiver 54, l'abbé Pierre puis pour Mathieu Kassovitz dans La Haine en 1995, où il incarne un policier en civil. Passionné du verbe et admirateur inconditionnel de Michel Audiard, il écrit et réalise en 1997 son premier long métrage, Les Démons de Jésus, comédie de banlieue située à la veille de Mai 68 réunissant Thierry Frémont, Nadia Farès et Patrick Bouchitey, qui lui vaut une nomination au César de la meilleure première œuvre. Il enchaîne avec Les Grandes Bouches en 1999, avec Gérard Darmon, puis Blanche en 2002, comédie historique portée par Lou Doillon, Antoine de Caunes et Jean Rochefort.
Son parcours de chanteur engagé au sein de Trust, porte-parole d'une jeunesse ouvrière révoltée contre les institutions et la répression, nourrit directement l'écriture de ses films, empreinte d'un même regard social et politique situé à gauche. Son admiration revendiquée pour Michel Audiard, maître du dialogue populaire français, façonne son goût pour le mot d'auteur et la réplique ciselée qui traversent l'ensemble de sa filmographie. Son propre milieu d'origine, ouvrier et marqué par la culture de banlieue des Hauts-de-Seine, irrigue également le cadre social de ses comédies, souvent situées dans des périodes charnières de l'histoire contemporaine française.
Bernie Bonvoisin développe une comédie de banlieue populaire et nostalgique, souvent ancrée dans des périodes historiques précises, comme Mai 68 dans Les Démons de Jésus ou l'Occupation dans Blanche. Il privilégie une écriture de dialogues savoureux, héritée de son admiration pour Michel Audiard, mise au service de personnages hauts en couleur issus des classes populaires. Sa direction d'acteurs, nourrie par sa propre expérience de comédien, réunit fréquemment des interprètes fidèles d'un film à l'autre, dans une veine comique cohérente et reconnaissable.
Les Démons de Jésus lui vaut une nomination au César de la meilleure première œuvre en 1998. Il n'a pas à ce jour remporté de distinction majeure aux grandes cérémonies telles que les Oscars ou la Palme d'or, mais son parcours de musicien puis de cinéaste demeure une référence de la culture populaire française engagée.
Il retrouve à plusieurs reprises l'acteur Thierry Frémont, notamment sur Les Démons de Jésus. Il collabore également avec des comédiens populaires du cinéma français, dont Gérard Darmon sur Les Grandes Bouches et Jean Rochefort sur Blanche, tout en se réservant systématiquement de petits rôles dans ses propres films.
La comédie de banlieue populaire, souvent située à des périodes charnières de l'histoire française comme Mai 68, structure l'ensemble de son œuvre cinématographique. La révolte sociale et la dénonciation de la répression, héritées directement de son passé de musicien engagé, traversent également son travail. L'amitié et la solidarité entre personnages modestes complètent enfin sa signature de cinéaste attaché aux classes populaires.