Benjamin Parent est un réalisateur et scénariste français né le 22 juillet 1983 à Paris, figure prometteuse du cinéma français contemporain. Formé à l'école de cinéma La Fémis, il commence sa carrière en réalisant plusieurs courts métrages remarqués dans les festivals, dont "Le Premier Jour" (2012) qui remporte le prix du jury à Clermont-Ferrand. Son premier long métrage, "Jeune Homme" (2018), drame intimiste sur l'adolescence et la découverte de la sexualité, impose immédiatement sa singularité et lui vaut une première reconnaissance critique, étant sélectionné à la Semaine de la critique de Cannes. Il poursuit avec "Les Choses humaines" (2021), adaptation du roman de Karine Tuil qui explore les questions de consentement et de pouvoir, et qui connaît un important succès public et critique. Son troisième film, "Tout le monde aime Jeanne" (2023), comédie romantique portée par Blanche Gardin et Benoît Magimel, marque un tournant vers des registres plus légers tout en conservant sa justesse émotionnelle. En 2025, il présente "La Vie qui commence" au Festival de Toronto, un drame familial qui confirme sa maîtrise du récit complexe et de la direction d'acteurs. Parallèlement, il écrit pour le théâtre et développe des projets pour la télévision.
Benjamin Parent cite parmi ses influences majeures les cinéastes français comme Jacques Audiard et Stéphane Brizé, dont l'attention aux émotions et aux relations humaines a profondément marqué sa propre vision du cinéma. Il reconnaît aussi l'influence du cinéma américain indépendant, notamment les œuvres de Noah Baumbach et Greta Gerwig, pour leur capacité à conjuguer humour et profondeur émotionnelle. Le cinéma de Xavier Dolan, en particulier "J'ai tué ma mère" et "Mommy", a nourri son approche des relations familiales et de la direction d'acteurs jeunes. Il s'inspire également de la littérature française contemporaine, en particulier les romans de Virginie Despentes et Éric Reinhardt, pour leur exploration des relations amoureuses et des questions de genre. Le cinéma de Justine Triet, en particulier "Victoria" et "Sibyl", occupe une place importante dans ses références, pour son audace narrative et sa justesse émotionnelle. Son travail se veut héritier de cette tradition du cinéma français contemporain, qui refuse les conventions au profit d'une exploration audacieuse de l'humain.
Le cinéma de Benjamin Parent se caractérise par une approche intime et sensible, mêlant humour et émotion dans des compositions qui privilégient la justesse des performances d'acteurs. Il travaille souvent avec des cadres serrés et une lumière naturelle qui valorise les décors réels et les paysages français. Sa direction d'acteurs, particulièrement avec les jeunes interprètes, repose sur la confiance et la complicité, créant un espace de liberté où chacun peut apporter sa sensibilité au projet. Le ton de ses films oscille entre comédie douce et drame intimiste, avec une légèreté qui n'exclut jamais la profondeur émotionnelle. Il accorde une importance particulière au montage, privilégiant les ellipses et les transitions qui respectent le rythme naturel des situations. Sa mise en scène, d'une grande fluidité, refuse les effets gratuits et privilégie la justesse du cadre et du jeu d'acteur.
Benjamin Parent a reçu plusieurs distinctions importantes pour son travail, témoignant de la reconnaissance critique de son œuvre. "Jeune Homme" a été sélectionné à la Semaine de la critique de Cannes en 2018 et a remporté le prix de la révélation. "Les Choses humaines" a reçu trois nominations aux César en 2022, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. En 2024, il a reçu le prix du meilleur scénario lors des Prix Lumières pour "Tout le monde aime Jeanne". "La Vie qui commence" a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Toronto en 2025 et a reçu un accueil critique enthousiaste. Il a par ailleurs reçu le prix de la relève cinématographique lors du Festival du film français de Cabourg en 2019. Bien que sa carrière soit encore jeune, il est déjà considéré comme l'une des voix les plus prometteuses du cinéma français contemporain.
Le directeur de la photographie Sébastien Buchmann travaille avec Benjamin Parent depuis ses débuts, apportant une contribution essentielle à l'identité visuelle de ses films par son travail sur la lumière naturelle. L'acteur Finnegan Oldfield, révélé par "Jeune Homme", est devenu son collaborateur privilégié, apportant sa sensibilité unique à ses personnages masculins complexes. La monteuse Tina Baz, collaboratrice de longue date, contribue à façonner le rythme particulier de ses films, fait de retenue et de précision. Le compositeur Grégoire Hetzel signe régulièrement les musiques de ses réalisations, créant des partitions qui s'intègrent parfaitement à l'esthétique sonore de ses films. La productrice Miléna Poylo défend ses projets avec conviction depuis "Jeune Homme", permettant la réalisation de films exigeants dans un contexte industriel souvent difficile.
L'adolescence et le passage à l'âge adulte constituent le cœur de l'œuvre de Benjamin Parent, qui explore avec sensibilité les premières fois et les questionnements identitaires. Les relations amoureuses, dans toute leur complexité et leurs contradictions, traversent ses films, montrant comment les jeunes gens naviguent entre désir et engagement. La question du consentement et du pouvoir, particulièrement dans les relations homme-femme, nourrit ses personnages, souvent tiraillés entre désir et respect. L'humour, souvent né de situations embarrassantes ou de dialogues ciselés, fonctionne comme un mécanisme de défense face aux émotions trop intenses. La famille et ses non-dits occupent une place essentielle dans ses récits, révélant progressivement les vérités cachées qui structurent les relations. Enfin, la résilience et la capacité de reconstruction face aux épreuves de la vie constituent le fil rouge de ses personnages, toujours animés par une forme d'espoir discret mais tenace.