Né en 1973 à Bergen en Norvège, André Øvredal étudie le cinéma à l'université de Californie du Sud avant de retourner dans son pays natal pour y débuter sa carrière de réalisateur. Il se fait connaître internationalement en 2010 avec Trolljegeren, mockumentaire fantastique norvégien suivant des étudiants filmant un mystérieux chasseur de trolls, qui devient rapidement un succès culte salué pour son inventivité visuelle malgré un budget limité. Il part ensuite tourner aux États-Unis et signe en 2016 L'Autopsie de Jane Doe, huis clos horrifique se déroulant presque intégralement dans une morgue, unanimement salué par la critique internationale pour sa tension psychologique maîtrisée. Il enchaîne en 2019 avec Scary Stories to Tell in the Dark, adaptation d'une célèbre collection de récits d'épouvante pour la jeunesse, produite par Guillermo del Toro, qui élargit son public vers un cinéma plus grand public. Il poursuit sa carrière avec des projets ambitieux à plus gros budget, notamment Le Dernier Voyage du Demeter en 2023, réinterprétation horrifique d'un chapitre du roman Dracula de Bram Stoker. Il continue de développer des projets de genre entre la Norvège et les États-Unis, confirmant sa réputation de cinéaste polyvalent au sein du cinéma fantastique international.
Le folklore scandinave et les légendes traditionnelles norvégiennes, en particulier celles liées aux trolls, constituent une source d'inspiration fondatrice pour son premier grand succès, Trolljegeren. Le mockumentaire et le found footage, genres alors en pleine expansion au moment de ses débuts, influencent directement sa première réalisation marquante. Le cinéma gothique classique et la littérature d'épouvante, notamment l'œuvre de Bram Stoker, nourrissent son travail le plus récent, en particulier Le Dernier Voyage du Demeter.
Øvredal privilégie une mise en scène atmosphérique soignée, capable de conjuguer une tension horrifique sincère avec une dimension parfois ludique ou merveilleuse, notamment dans Trolljegeren et Scary Stories to Tell in the Dark. Il excelle particulièrement dans la construction du huis clos, comme en témoigne L'Autopsie de Jane Doe, où l'espace confiné devient le moteur principal de l'angoisse. Sa direction d'acteurs, mesurée et précise, privilégie la crédibilité émotionnelle des personnages plutôt que les effets de surprise gratuits.
André Øvredal n'a pas été nommé aux Oscars, mais Trolljegeren a représenté la Norvège dans la course aux Oscars du meilleur film en langue étrangère en 2011, sans toutefois figurer dans la sélection finale. Ses films ont par ailleurs été récompensés dans plusieurs festivals internationaux spécialisés dans le cinéma fantastique.
Guillermo del Toro, producteur de Scary Stories to Tell in the Dark, joue un rôle déterminant dans sa transition vers des productions américaines plus ambitieuses. Il travaille également à plusieurs reprises avec des équipes techniques norvégiennes issues de Trolljegeren, avant d'élargir ses collaborations à des équipes américaines pour ses films suivants. L'actrice Emile Hirsch tient l'un des rôles principaux de L'Autopsie de Jane Doe, contribuant à la reconnaissance critique de ce film pivot dans sa carrière.
Le folklore et les créatures légendaires, qu'elles soient scandinaves ou issues de la littérature gothique occidentale, structurent une large partie de sa filmographie, de Trolljegeren au Dernier Voyage du Demeter. Le mystère médical ou scientifique confronté à l'inexplicable, exploré notamment dans L'Autopsie de Jane Doe, constitue également un motif récurrent de son cinéma. L'enfance et le passage à l'âge adulte à travers la confrontation avec la peur, central dans Scary Stories to Tell in the Dark, traverse enfin une partie significative de son œuvre.