Après avoir complété un baccalauréat en cinéma à l'Université Concordia dans les années 1980, Alain DesRochers se fait d'abord remarquer par une série de vidéoclips primés, tournés notamment pour Céline Dion et Éric Lapointe. Il réalise également plus d'une centaine de films publicitaires et collabore depuis 1997 avec l'équipe montréalaise de la Fabrique d'Images. Il assure la réalisation de plusieurs épisodes de la série Les Prédateurs, produite par Tony et Ridley Scott à la fin des années 1990, avant de signer en 2000 son premier long métrage, La Bouteille, qui lui vaut une nomination au prix Génie de la meilleure réalisation. Il enchaîne avec le succès populaire Nitro en 2007, dont le démarrage au box-office québécois dépasse celui de plusieurs blockbusters américains, puis avec le film biographique Gerry en 2009, qui franchit le cap du million de dollars de recettes. Il poursuit sa carrière avec la comédie douce-amère Cabotins en 2010, avant de réaliser la suite à succès Nitro Rush en 2016 puis le thriller international Security en 2017, porté par Antonio Banderas et Ben Kingsley.
Alain DesRochers puise dans son passage par le vidéoclip et la publicité un sens très affirmé du rythme et de l'efficacité visuelle, qu'il transpose directement dans ses films d'action populaires. Sa formation en cinéma à l'Université Concordia lui a transmis une solide maîtrise technique, mise au service d'un cinéma de genre accessible et grand public au Québec. Son expérience sur la série Les Prédateurs, produite par Ridley Scott, a nourri son goût pour un cinéma d'action américain calibré, qu'il a su adapter avec succès aux réalités de la production québécoise. Il revendique également une affection particulière pour les récits de destins populaires et de personnalités publiques, comme en témoigne son travail sur le film biographique Gerry.
Le cinéaste privilégie une mise en scène nerveuse et spectaculaire, calibrée pour le grand public et souvent proche des codes du cinéma d'action américain, tout en les ancrant dans une réalité bien québécoise. Il sait aussi se faire plus tendre et observateur, comme dans Cabotins, portrait doux-amer d'une troupe de théâtre populaire sur le déclin. Sa polyvalence lui permet de passer du film d'action pur, comme Nitro et sa suite, à des projets biographiques ou choraux plus intimistes. Cette capacité à s'adapter à des registres très différents en a fait l'un des réalisateurs les plus demandés du cinéma populaire québécois contemporain.
Son premier long métrage, La Bouteille, lui a valu une nomination au prix Génie de la meilleure réalisation en 2000. Sa série Music Hall lui a également valu une nomination aux prix Gémeaux dans la catégorie de la meilleure réalisation d'une série dramatique en 2003, ainsi qu'une reconnaissance pour sa contribution artistique et technique au Festival de La Rochelle.
L'acteur Rémy Girard a tourné à plusieurs reprises sous sa direction, notamment dans Cabotins et dans la série Les Bougon, c'est aussi ça la vie ! L'actrice Madeleine Péloquin l'a également accompagné sur plusieurs projets, dont Nitro Rush et Gerry. Son fils, Antoine Desrochers, a pu être associé à certains de ses projets récents, perpétuant une dimension familiale dans sa carrière.
L'action populaire et le spectacle grand public, incarnés par la franchise Nitro, occupent une place centrale dans sa filmographie la plus commerciale. Les destins de personnalités publiques ou populaires, traités avec un souci de proximité et d'émotion, structurent des films comme Gerry. Le monde du spectacle et ses désillusions, observées avec une tendresse mélancolique dans Cabotins, viennent nuancer son image de cinéaste avant tout tourné vers l'action. Enfin, un attachement constant à la culture populaire québécoise, qu'il s'agisse de musique, de sport ou de théâtre, irrigue l'ensemble de son parcours de réalisateur.