Jeudi, 27 août 2026
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Adilkhan Yerzhanov

Parcours

Né le 7 août 1982 à Jezkazgan, au Kazakhstan, d'un père mathématicien devenu inspecteur des finances et d'une mère professeure de littérature russe, Adilkhan Yerzhanov obtient en 2009 son diplôme de réalisation à l'Académie nationale des arts du Kazakhstan, avant de poursuivre ses études à New York grâce à une bourse. Il appartient à cette jeune génération de cinéastes kazakhs surgie à la fin des années 2000, que la critique a surnommée la nouvelle Nouvelle Vague, et fonde avec ses proches un mouvement qu'il baptise le cinéma partisan. Extrêmement prolifique, il tourne une quinzaine de longs métrages en une dizaine d'années, à un rythme comparable à celui des plus grands cinéastes de genre américains. Son troisième long métrage, The Owners, est présenté en séance spéciale au Festival de Cannes 2014 puis au Festival de Toronto, et lui vaut l'Amphore des étudiants du Festival du film grolandais. La consécration critique arrive en 2018 avec La Tendre Indifférence du monde, sélectionné à Un Certain Regard à Cannes puis dans plusieurs grands festivals internationaux, de Bergen à Tokyo en passant par Montréal. Il continue depuis d'alterner films de genre et œuvres plus sociales, parmi lesquels Yellow Cat, A Dark-Dark Man, Assaut ou L'Éducation d'Ademoka, ces deux derniers sortant le même jour en salles françaises en 2022.

Inspirations et Influences

Le cinéaste revendique un double héritage, entre la rigueur du raisonnement mathématique transmise par son père et le lyrisme désenchanté des grands romans russes que lui a fait découvrir sa mère. Son style est souvent rapproché de celui du Finlandais Aki Kaurismäki, avec lequel il partage un humour noir et un sens du cadre fixe très marqué. Le cinéma de genre, qu'il détourne volontiers à des fins plus personnelles, nourrit également une large partie de son travail.

Style de réalisation

Adilkhan Yerzhanov est reconnu pour ses plans-séquences contemplatifs au cadre rigoureusement fixe, qui donnent à ses films une esthétique picturale reconnaissable entre toutes. Il façonne un espace fictif récurrent, le village imaginaire de Karatas, qui lui permet à la fois d'éviter la censure d'État et de composer librement un univers visuel cohérent d'un film à l'autre. Son humour, pince-sans-rire et profondément désenchanté, met en scène des personnages cabossés par la vie, aux comportements kafkaïens et aux décisions étranges. Il conjugue steppes arides et architectures de béton brutaliste pour composer des paysages à la fois désolés et poétiques.

Distinctions (Oscars, César, Palme d'Or...)

The Owners remporte l'Amphore des étudiants du Festival du film grolandais en 2014. Il obtient en 2019 le prix du meilleur réalisateur au festival GoEast pour La Tendre Indifférence du monde. Ses films sont régulièrement sélectionnés dans de grands festivals internationaux, dont le Festival de Cannes à deux reprises, sans toutefois avoir été jusqu'ici distingués par les Oscars ou les César.

Collaborateurs réguliers

L'acteur Daniar Alshinov revient dans un grand nombre de ses films, tout comme l'actrice Dinara Baktybayeva. Sa fille, Adema Yerzhanova, apparaît également au casting de plusieurs de ses productions récentes.

Thèmes récurrents

La corruption et l'arbitraire des institutions kazakhes, transposés dans l'univers fictif de Karatas, reviennent constamment dans son œuvre. La violence sociale et l'isolement des communautés rurales structurent également une large partie de ses films. L'humour noir, utilisé comme échappatoire face à des situations désespérées, façonne enfin sa signature stylistique.

🎬 Filmographie (1)

👥 Acteurs associés

🎬 Anecdotes

Pour éviter les questions géopolitiques et la censure d'État, Adilkhan Yerzhanov situe la quasi-totalité de ses films dans un village fictif appelé Karatas, un espace qu'il peut ainsi modeler librement d'un film à l'autre selon les besoins de chaque histoire.