À 73 ans, Lucius vit seul et modestement d'une maigre retraite, jusqu'à ce qu'un médecin lui annonce qu'il va perdre son autonomie. Un homme nommé Lahire lui propose alors de participer à des combats de boxe clandestins entre vieillards pour améliorer son quotidien. Fasciné autant que poussé par la nécessité, Lucius accepte, tandis que Mona, la femme dont il se sent proche, sombre peu à peu dans la maladie d'Alzheimer. Cette étrange expérience va bouleverser complètement le cours de sa vie.
Vous Êtes Jeunes, Vous Êtes Beaux est l'adaptation du roman de Tarik Noui, "À nos pères", coécrite pour l'écran par le romancier lui-même et par le réalisateur Franchin Don, dont il s'agit du premier long métrage. Le film explore la vieillesse et la fin de vie à travers un dispositif romanesque assez inattendu, celui de combats de boxe clandestins entre personnes âgées. La vision très sombre et sans concession du grand âge portée par le film a été rapprochée par certains critiques des propres angoisses de son metteur en scène face au temps qui passe.
La critique a unanimement salué les prestations de Gérard Darmon et Josiane Balasko, jugées bouleversantes et sans vulgarité malgré la crudité du sujet. Le principal reproche adressé au film concerne son scénario jugé par certains excessivement pessimiste et misérabiliste sur le sort réservé aux personnes âgées en France. Le public s'est montré partagé, oscillant entre l'admiration pour le jeu des acteurs et un certain malaise devant la noirceur du récit, certains spectateurs déconseillant même le film aux personnes sensibles au sujet du vieillissement.
En 2024, le journal Politis a publié une enquête relatant des accusations, formulées par une stagiaire et une première assistante de réalisation, visant des comportements inappropriés de Gérard Darmon sur le tournage du film ; ces accusations, reprises par la presse, restent des faits rapportés par voie journalistique.
Le film s'attarde sur la solitude et la perte de dignité liées au grand âge, ainsi que sur la manière dont des systèmes d'exploitation, ici incarnés par des combats clandestins, peuvent profiter de la vulnérabilité des personnes âgées. Il interroge aussi la tendresse qui peut subsister malgré la dégradation des corps et de l'esprit.
Amour (Michael Haneke, 2012) et The Wrestler (Darren Aronofsky, 2008) abordent, chacun à leur manière, la vieillesse et le corps combattant, à travers la tendresse d'un couple ou l'économie brutale d'un sport de combat vieillissant.