Orphelin recueilli et élevé par une guenon bienveillante dans la jungle africaine, Tarzan grandit entre deux mondes — celui des gorilles qui l'ont adopté et celui des humains qu'il perçoit de loin comme des créatures étranges. Quand une expédition scientifique débarque dans sa forêt avec Jane, une jeune naturaliste curieuse, Tarzan fait sa première rencontre avec les humains. Mais l'arrivée des chasseurs qui convoitent les gorilles va le forcer à choisir entre le monde qu'il connaît et celui dont il est issu, dans une aventure qui révèle qui il est vraiment.
Tarzan est librement adapté du roman «Tarzan of the Apes» (1912) de Edgar Rice Burroughs, l'une des séries de romans d'aventure les plus populaires de l'histoire, qui avait déjà inspiré plus d'une trentaine d'adaptations au cinéma et à la télévision. L'approche de Disney a été radicalement différente de toutes les précédentes : faire de Tarzan non pas un sauvage à apprivoiser mais un être profondément humain qui a simplement grandi dans un contexte différent. Les réalisateurs Kevin Lima et Chris Buck ont voulu moderniser le personnage tout en restant fidèles à l'essence de son histoire. La révolution visuelle du film réside dans la technique du «Deep Canvas», un procédé développé spécifiquement par Disney pour créer des décors en 3D à l'intérieur desquels les personnages animés en 2D se déplacent — donnant aux séquences de mouvement dans la jungle une fluidité et une profondeur sans précédent.
Résumé des critiques professionnelles : Tarzan a reçu un accueil critique enthousiaste, la presse saluant la beauté visuelle du film, ses séquences d'action révolutionnaires et la partition de Phil Collins. Certains ont cependant regretté une simplification de la psychologie des personnages par rapport aux romans.
Réception du public : Le film a été l'un des plus grands succès de l'année 1999, rapportant 448 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 130 millions. Il a confirmé la renaissance de Disney Animation après l'ère Katzenberg et a trouvé un public multigénérationnel immense.
Récompenses obtenues : Tarzan a remporté l'Oscar de la meilleure chanson originale pour «You'll Be in My Heart» de Phil Collins. La Tarzan Symphony de Mark Mancina a également été nommée dans la catégorie meilleure musique de film.
Inspirations du réalisateur : Kevin Lima et Chris Buck voulaient que les mouvements de Tarzan dans la jungle ressemblent à ceux d'un snowboardeur ou d'un skateboarder — cette façon fluide et continue de se déplacer dans un terrain irrégulier en utilisant l'élan du corps. Cette idée a révolutionné la façon de concevoir les séquences d'action du film.
Difficultés de production : La technique du Deep Canvas — qui permettait aux personnages 2D d'évoluer dans des décors 3D — a nécessité cinq ans de développement et a été l'innovation technique la plus importante de Disney depuis des décennies. Phil Collins, qui avait composé les chansons, n'est jamais apparu dans le film mais a chanté toutes les chansons de la version originale lui-même, sans doublures.
Tarzan explore la question de l'identité entre deux cultures — Tarzan est humain par nature mais gorille par éducation, et le film le confronte à la question de savoir où est sa vraie place. Le film aborde aussi l'adoption et la filiation choisie — la guenon Kala a aimé Tarzan comme son propre enfant, et ce lien est aussi réel et profond que n'importe quel lien biologique. La rencontre avec l'Autre — et les préjugés qui l'accompagnent — est un thème central. Enfin, la destruction de la nature par l'homme est évoquée à travers le personnage du chasseur Clayton.
Après avoir sauvé les gorilles de Clayton, Tarzan choisit de rester dans la jungle plutôt que de partir pour l'Angleterre avec Jane. C'est Jane qui fait le choix inverse — elle décide de rester avec Tarzan dans la forêt, rejointe par son père. Cette double renonciation — Tarzan qui refuse le monde humain, Jane qui l'embrasse — dit que la vraie appartenance n'est pas géographique mais affective. La fin voit les deux cultures se réconcilier dans la figure de Jane qui adopte le monde de Tarzan.
Tarzan est le nom que la guenon Kala donne au bébé humain — un prénom qui signifie «peau blanche» en langue gorille dans les romans de Burroughs. Ce nom unique, qui n'est ni un prénom humain ni un nom animal, dit la singularité du personnage : quelqu'un qui n'appartient complètement à aucun monde et qui doit inventer le sien.
La bande originale de Tarzan est l'une des plus originales de l'histoire de Disney — au lieu des numéros musicaux chantés par les personnages dans la tradition du studio, Phil Collins a composé et chanté en coulisses des chansons pop-rock qui accompagnent l'action de l'extérieur. Ce parti pris, initialement controversé, a produit l'un des albums Disney les plus vendus de la décennie. «You'll Be in My Heart» a remporté l'Oscar et le Golden Globe de la meilleure chanson originale, et «Trashin' the Camp» est devenu un classique des génériques Disney. Mark Mancina a composé la partition orchestrale entre deux chansons de Collins.
Tarzan reste l'un des plus grands succès de l'ère Renaissance Disney et l'une des bandes originales les plus mémorables de l'histoire du studio. Un remake en prises de vues réelles, The Legend of Tarzan (2016) avec Alexander Skarsgård, n'a pas retrouvé le succès de l'original. Disponible sur Disney+ et en VOD.
Tarzan s'inscrit dans la renaissance Disney des années 1990 — Le Roi Lion (1994), Pocahontas (1995), Mulan (1998) — qui partage le même goût pour les héros qui questionnent leur identité dans des univers visuellement ambitieux. Pour les autres adaptations de Tarzan, Greystoke, la légende de Tarzan (1984) de Hugh Hudson propose une version plus réaliste et dramatique. Le Livre de la Jungle (2016) de Jon Favreau partage le même thème d'un humain élevé par des animaux.