Ancien joueur de football professionnel devenu infirme après une agression, Fung végète depuis des années jusqu'à ce qu'il fasse la rencontre de Sing, un jeune moine adepte du kung-fu shaolin qui vit de la récupération d'ordures à Hong Kong. Fasciné par la puissance physique hors norme que révèlent les mouvements martiaux de Sing, Fung comprend immédiatement le potentiel inouï que représenterait l'association du kung-fu shaolin avec le football professionnel. Ensemble, ils rassemblent les anciens frères d'armes de Sing, tous formés au temple Shaolin mais dispersés dans des existences précaires, pour former une équipe aussi improbable que redoutable. Leur parcours dans le tournoi de la Super Coupe nationale va les conduire jusqu'à un affrontement final spectaculaire contre la redoutable Team Evil, dans un match où kung-fu et football fusionnent jusqu'à l'absurde.
Shaolin Soccer n'est pas tiré d'un livre mais d'une idée originale de Stephen Chow, acteur et réalisateur hongkongais déjà surnommé le roi de la comédie dans son pays, qui rêvait depuis le début des années 1990 de rendre hommage à Bruce Lee à travers un film de kung-fu. Le projet a finalement pris la forme d'une comédie sportive mêlant arts martiaux traditionnels et football, un genre totalement inédit qui allait devenir la signature du long métrage. Chow a personnellement choisi de porter la combinaison jaune emblématique de Bruce Lee à travers le personnage de Chan Kwok-kwan, concrétisant enfin son hommage de longue date à l'acteur qui avait bercé son enfance. Le réalisateur a également fait appel à de nombreux acteurs secondaires qu'il avait lui-même formés au fil de ses précédents films, comme Tin Kai-man ou Lam Tze-chung, pour constituer l'équipe de moines-footballeurs au cœur du récit. Le film s'inscrit dans la continuité de la filmographie comique de Stephen Chow, marquée par un humour absurde et visuel typiquement hongkongais connu localement sous le nom de mo lei tau.
La critique internationale a réservé un accueil très favorable au film, saluant son mélange unique d'arts martiaux, de comédie absurde et d'effets spéciaux numériques spectaculaires appliqués au football. Plusieurs observateurs ont comparé l'énergie visuelle du film à celle de Matrix tout en la mariant à l'humour physique traditionnel du cinéma de Jackie Chan, créant un objet cinématographique totalement inédit pour le public occidental. Certains critiques ont noté que le scénario restait volontairement simple et prévisible, l'essentiel de l'intérêt du film reposant sur ses séquences d'action spectaculaires et son humour absurde plutôt que sur la sophistication de son intrigue romantique secondaire. La performance de Stephen Chow, à la fois acteur, réalisateur et scénariste du film, a été largement saluée comme la confirmation de son statut de figure incontournable de la comédie hongkongaise.
Le public a réservé un accueil triomphal au film à Hong Kong, où il est devenu l'un des plus grands succès commerciaux de l'histoire du cinéma local, avant de conquérir progressivement un public international grâce à sa sortie dans de nombreux pays. En France, le film a réalisé plus de six cent soixante mille entrées, un score remarquable pour une comédie hongkongaise en langue cantonaise à cette époque.
Shaolin Soccer a été largement récompensé aux Hong Kong Film Awards 2002, où il a remporté les prix du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Stephen Chow, ainsi que ceux du meilleur second rôle masculin et des meilleurs effets visuels. Le film a également été sacré meilleur film étranger aux Blue Ribbon Awards japonais en 2003, confirmant son rayonnement international bien au-delà des frontières de Hong Kong.
Stephen Chow caressait depuis 1992 le rêve de réaliser un film de kung-fu en hommage à Bruce Lee, une ambition qu'il a enfin pu concrétiser à travers le personnage interprété par Chan Kwok-kwan, vêtu de la combinaison jaune emblématique popularisée par Le Jeu de la mort. Le réalisateur s'est montré particulièrement exigeant sur le tournage, allant jusqu'à demander à l'acteur Wong Yat-fei de se faire briser neuf bouteilles de verre sur la tête pour les besoins d'une scène illustrant la technique de la tête de fer, une séquence qui a brièvement fait perdre connaissance au comédien. Stephen Chow a choisi de s'entourer d'acteurs secondaires qu'il avait personnellement formés au fil de ses précédents films, comme Tin Kai-man et Lam Tze-chung, pour incarner les différents frères Shaolin aux côtés de Ng Man-tat, son complice récurrent depuis de nombreuses années. Le tournage a nécessité un travail considérable d'effets visuels numériques pour donner vie aux prouesses martiales exagérées des joueurs, une innovation technique majeure pour le cinéma hongkongais de l'époque. Plusieurs cameos sont disséminés dans le film, notamment les actrices Karen Mok et Cecilia Cheung apparaissant déguisées en joueurs masculins de l'équipe adverse, un clin d'œil discret pour les spectateurs les plus attentifs.
Shaolin Soccer explore la persévérance face à l'adversité et à la moquerie sociale, ses personnages ayant tous connu le déclassement et le mépris avant de retrouver leur dignité à travers leur passion commune pour le kung-fu. Le film aborde aussi la fraternité et la solidarité entre anciens compagnons d'armes, dispersés par la vie mais capables de se réunir pour accomplir ensemble ce qu'aucun d'entre eux n'aurait pu réaliser seul. La transmission d'un art ancestral dans un monde moderne occupe également une place centrale, le kung-fu shaolin trouvant une application aussi inattendue que spectaculaire dans le sport contemporain qu'est le football. Enfin, le film questionne avec humour la notion de réussite sociale, ses héros trouvant l'accomplissement non pas dans la richesse matérielle mais dans la reconnaissance de leur talent unique.
Lors de la finale de la Super Coupe nationale, l'équipe Shaolin parvient à renverser la redoutable Team Evil grâce à l'intervention providentielle d'un allié inattendu et à la pleine maîtrise collective de leurs techniques martiales respectives, transformées en armes redoutables sur le terrain de football. Cette victoire finale, aussi spectaculaire qu'absurde dans sa mise en scène, couronne le parcours initiatique de chacun des membres de l'équipe, qui retrouvent à travers ce triomphe collectif la dignité et la reconnaissance qui leur faisaient défaut au début du récit. Le film se referme sur une note résolument optimiste et festive, célébrant la victoire du groupe et de l'amitié sur l'adversité et le mépris social initial.
Le titre Shaolin Soccer associe directement les deux univers que le film s'emploie à fusionner tout au long de son récit : le kung-fu traditionnel du temple Shaolin, haut lieu mythique des arts martiaux chinois, et le football, sport populaire mondial ici totalement réinventé par l'irruption de pouvoirs martiaux extraordinaires. Cette juxtaposition inattendue entre tradition martiale ancestrale et sport moderne résume à elle seule tout le concept novateur du film, qui n'avait alors aucun équivalent dans le paysage cinématographique international. Le titre, simple et immédiatement évocateur, a d'ailleurs été conservé tel quel dans la plupart des pays où le film est sorti, sans traduction locale, témoignant de son universalité conceptuelle.
Sorti à Hong Kong en 2001 puis distribué progressivement dans de nombreux pays au fil des années suivantes, Shaolin Soccer demeure l'un des plus grands succès commerciaux de l'histoire du cinéma hongkongais et a définitivement installé Stephen Chow comme une figure incontournable du septième art asiatique à l'international. Un spin-off officiel intitulé Kung Fu Soccer, centré sur une équipe féminine de football et actuellement en post-production, doit sortir en salles pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du film original.
Les amateurs de cette comédie d'arts martiaux spectaculaire pourront se tourner vers Kung Fu Hustle, film suivant de Stephen Chow sorti en 2005 qui pousse encore plus loin le mélange entre arts martiaux et comédie absurde, ou vers Kung Fu Soccer, spin-off officiel de Shaolin Soccer annoncé pour son vingt-cinquième anniversaire et centré sur une équipe féminine de football.