Dans la République de Salò sous l'occupation nazie, quatre notables imposent un régime de terreur, de torture et de perversion à un groupe de jeunes gens. Le film, divisé en cercles de l'enfer, illustre la barbarie extrême du pouvoir absolu. C'est une œuvre insoutenable qui dénonce le fascisme sous toutes ses formes. Le film est devenu l'un des plus controversés de l'histoire du cinéma.
Pasolini a souhaité adapter les écrits du Marquis de Sade en les transposant dans le contexte du fascisme italien des années 40. Il voulait dénoncer le consumérisme moderne qu'il comparait à une nouvelle forme de fascisme. L'idée était de montrer la marchandisation absolue des corps humains par le pouvoir. L'inspiration est puisée dans l'enfer dantesque et la philosophie politique. Le réalisateur a écrit ce scénario comme une arme contre l'hypocrisie de la société. Le tournage a été une expérience radicale pour tous les participants. Le film était destiné à choquer pour faire prendre conscience de la violence systémique. Pasolini a été assassiné juste avant la sortie du film. C'est l'aboutissement sombre de sa réflexion sur le pouvoir.
La réception a été marquée par une interdiction quasi mondiale à sa sortie et une levée de boucliers des ligues de vertu. La critique a été tétanisée par la noirceur insoutenable du propos. Beaucoup ont vu dans le film un testament prophétique de Pasolini sur la déshumanisation par le capitalisme. Les critiques ont souligné l'aspect théâtral et symbolique de la violence, loin de tout érotisme gratuit.
Le public, lorsqu'il a pu voir le film, a été choqué par la crudité des images. Le film a acquis le statut de chef-d'œuvre maudit que personne ne veut vraiment revoir. Les débats intellectuels autour de l'œuvre sont infinis, cherchant à décrypter la métaphore politique sous l'horreur pure. C'est un film qui ne laisse aucune chance au spectateur, une expérience limite qui reste gravée dans les mémoires. Il demeure l'œuvre la plus radicale de l'histoire du cinéma européen.
L'abus de pouvoir, le fascisme, la marchandisation des corps, la violence systémique, et l'enfer de la condition humaine.
La fin montre le point final de l'horreur où l'indifférence des bourreaux est totale face à la torture. Elle illustre la victoire totale du pouvoir sur l'individu réduit à l'état d'objet. La conclusion est sans espoir, confirmant que le fascisme est une maladie incurable de l'âme humaine. Le dernier plan est une image de pur néant moral.
Le titre situe l'action dans le contexte historique de la République fantoche de Salò, associée à la noirceur des écrits de Sade.
Cannibal Holocaust, Orange Mécanique.