Lundi, 13 juillet 2026
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My Kid

My Kid

2021 Israël, Italie
Synopsis

Aharon a consacré l'ensemble de sa vie à élever seul son fils Uri, jeune adulte autiste, dans une routine rassurante volontairement coupée du monde extérieur. Lorsque Tamara, la mère d'Uri dont il est séparé depuis longtemps, obtient une place pour leur fils dans un institut spécialisé destiné aux jeunes adultes autistes, Aharon se sent profondément menacé par ce bouleversement à venir. Plutôt que d'accepter cette séparation qu'il juge prématurée, il décide sur un coup de tête de fuir avec Uri dans un road trip épuisant à travers Israël. Ce voyage impromptu devient l'occasion d'une remise en question profonde pour Aharon, contraint de se demander si c'est réellement son fils, ou lui-même, qui n'est pas prêt pour ce changement.

Genèse du film

Le film s'inspire d'une histoire vraie, celle de la scénariste Dana Idisis et de son propre frère autiste, une expérience personnelle qu'elle avait déjà explorée à travers le documentaire "Seret Bar Mitzvah" réalisé en 2013. Le réalisateur Nir Bergman, qui connaissait personnellement Dana Idisis et son frère, a été profondément touché par la manière dont la scénariste avait su transformer cette réalité intime en un projet de fiction plus large. Contrairement aux pratiques plus répandues dans certains pays occidentaux, où des acteurs autistes participent parfois à des productions cinématographiques à des fins thérapeutiques et artistiques, cette approche restant peu développée en Israël, Bergman a choisi de confier le rôle d'Uri à un acteur professionnel neurotypique, Noam Imber. L'équipe créative s'est notamment inspirée d'une scène particulièrement marquante du documentaire original, celle du refus d'Uri d'aller à l'école, pour construire la séquence clé de la tentative de séparation à la gare qui déclenche l'intrigue du film.

Critiques et réception

La critique a unanimement salué la délicatesse et la justesse du film, saluant en particulier la performance habitée de Shai Avivi ainsi que la mise en scène pudique et tendre de Nir Bergman face à un sujet particulièrement sensible. Plusieurs observateurs ont souligné la réussite du film à éviter tout misérabilisme tout en abordant frontalement la complexité de la relation entre un père et son fils autiste.

Le public a réservé un accueil très favorable au film, profondément touché par l'authenticité de cette relation père-fils et par la sincérité avec laquelle le film aborde les questions liées à l'autisme et à l'émancipation des jeunes adultes concernés. Sa sélection au prestigieux Festival de Cannes a également contribué à sa reconnaissance internationale.

Le film a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2020, une reconnaissance internationale majeure pour cette production israélo-italienne, confirmant la place de Nir Bergman parmi les cinéastes israéliens les plus respectés de sa génération.

Anecdotes de tournage

Nir Bergman s'est directement inspiré de l'histoire vraie de sa scénariste Dana Idisis et de son frère autiste, ainsi que du documentaire qu'elle avait réalisé sur sa propre famille, pour construire un récit fictionnel fidèle et respectueux de cette réalité intime.

Le choix de confier le rôle d'Uri à un acteur neurotypique plutôt qu'à une personne réellement autiste a représenté un défi de préparation important pour le jeune Noam Imber, qui a dû s'immerger longuement dans l'observation de comportements autistiques pour construire son personnage avec justesse.

Une scène particulièrement difficile, tournée dans une gare et retraçant la tentative avortée de séparation entre Aharon et Uri, s'inspire directement d'un moment similaire capturé dans le documentaire original de Dana Idisis, renforçant l'authenticité émotionnelle de cette séquence clé.

Shai Avivi et Noam Imber ont longuement répété ensemble avant le tournage afin de construire une relation de confiance crédible à l'écran, l'équipe ayant veillé à ce que le personnage d'Aharon ne soit jamais une simple copie du père réel de Dana Idisis.

Thèmes abordés

Le film explore la relation fusionnelle et parfois étouffante entre un père et son fils autiste, questionnant les limites de la protection parentale face au besoin d'émancipation du jeune adulte. Il aborde également la peur du changement et de la séparation, Aharon devant affronter ses propres résistances autant que celles supposées de son fils. Le film questionne aussi la place de la mère, longtemps écartée de l'éducation d'Uri, et la reconstruction possible de son lien avec son fils. L'autisme y est abordé avec une grande délicatesse, loin des représentations stéréotypées, en s'attachant avant tout à la singularité de la relation entre les deux personnages principaux.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Au terme de leur road trip à travers Israël, marqué par de nombreuses péripéties et remises en question, Aharon finit par comprendre que sa résistance à la séparation relevait davantage de sa propre peur de perdre son rôle de père unique que d'une réelle inaptitude d'Uri à évoluer vers plus d'autonomie. Il accepte finalement d'accompagner son fils vers l'institut spécialisé, réalisant que cette étape peut être bénéfique pour l'épanouissement futur d'Uri plutôt qu'une menace pour leur lien. Tamara, la mère d'Uri, retrouve à cette occasion une place plus importante dans la vie de son fils, la séparation entre les parents devenant paradoxalement l'occasion d'une réconciliation familiale plus large. Cette conclusion nuancée et émouvante refuse tout dénouement trop tranché, laissant entrevoir un avenir incertain mais porteur d'espoir pour l'ensemble de la famille.

Signification du titre

Le titre "My Kid" (littéralement "Mon enfant"), également connu sous son titre original "Here We Are" ("Nous voici"), met l'accent sur le lien de possession affective qu'Aharon entretient avec son fils Uri, une relation fusionnelle au cœur du film que ce dernier devra apprendre à faire évoluer vers davantage d'autonomie partagée.

Actualités

Le film a représenté Israël dans plusieurs compétitions internationales après sa sélection au Festival de Cannes 2020, contribuant à renforcer la reconnaissance de Nir Bergman comme l'un des réalisateurs les plus sensibles du cinéma israélien contemporain.

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