Ethan Kochar, jeune neuroscientifique reclus, tente désespérément de poursuivre les travaux inachevés de son père, chercheur reconnu récemment décédé, sur la cartographie des émotions humaines. Convaincu d'avoir enfin réalisé une percée avec sa machine expérimentale, le R10, il décide de tester le dispositif sur lui-même, avec des conséquences catastrophiques : sa conscience se retrouve fragmentée en dix personnalités distinctes qui se succèdent toutes les six minutes. Prisonnier de sa propre expérience, Ethan doit compter sur les enregistrements de ses caméras de surveillance pour reconstituer ce que ses différentes personnalités ont fait pendant son absence, avant que son cerveau ne soit irrémédiablement détruit.
Minor Premise constitue le premier long métrage du réalisateur Eric Schultz, qui a étudié la psychologie à Harvard avant de se tourner vers le cinéma, et qui coécrit le scénario avec Justin Moretto, titulaire de diplômes en neurosciences et en biotechnologie, ainsi que Thomas Torrey. Cette double expertise scientifique et cinématographique permet au film de s'appuyer sur des concepts réels de recherche sur la mémoire et la conscience, tout en construisant un thriller psychologique accessible malgré la densité de son propos. Le film s'inscrit dans la tradition du cinéma de science-fiction indépendant à énigme, à la manière de Primer ou de Pi, misant sur un casting réduit et un décor unique, le laboratoire souterrain du personnage principal, pour un budget limité.
Minor Premise a reçu des critiques partagées mais globalement respectueuses de son ambition, la presse spécialisée saluant un mélange commendable de concepts de science-fiction cérébrale et de séquences surréalistes, ancré par une étude de personnage engageante malgré quelques écueils de rythme. Le Hollywood Reporter a notamment salué la performance de Sathya Sridharan, jugée peu commune pour un premier rôle aussi exigeant. Le public s'est montré plus divisé, certains spectateurs saluant un thriller mental fascinant et bien mené qui récompense l'attention soutenue du spectateur, d'autres jugeant le film répétitif et fastidieux en raison de sa structure basée sur des cycles de six minutes. Le film a été présenté en première mondiale au Festival international du film Fantasia en août 2020, avant une sortie en salles limitées et en VOD aux États-Unis début décembre de la même année.
Le coscénariste Justin Moretto, titulaire de diplômes en neurosciences et en biotechnologie, a apporté au scénario une base scientifique réelle sur les mécanismes de la mémoire et des émotions, permettant au film d'éviter l'écueil du pur remplissage technobabillage. Le tournage, mené avec un budget limité, s'est concentré sur un nombre restreint de décors, principalement le laboratoire souterrain du personnage principal, une contrainte que le réalisateur a transformée en atout pour renforcer le sentiment de claustrophobie psychologique du récit.
Minor Premise explore la fragmentation de l'identité et de la conscience, interrogeant ce qui constitue véritablement le soi lorsque la personnalité se trouve artificiellement divisée en émotions distinctes et concurrentes. Le film questionne également le deuil et la difficulté à sortir de l'ombre d'un père accompli, le personnage principal cherchant désespérément à prouver sa propre valeur scientifique. Il aborde enfin les dangers de l'expérimentation sur soi-même et les limites éthiques de la recherche scientifique lorsque l'ambition personnelle prend le pas sur la prudence.
Ethan parvient finalement à réintégrer l'ensemble de ses fragments de conscience en comprenant que chacune de ses personnalités, y compris les plus destructrices, portait une part de vérité sur lui-même qu'il refusait d'affronter, notamment sa culpabilité et son incapacité à faire son deuil de son père, cette réconciliation intérieure lui permettant de sauver son cerveau et de retrouver une unité psychique fonctionnelle.
Le titre Minor Premise, terme emprunté à la logique formelle désignant la prémisse mineure d'un syllogisme, renvoie au postulat scientifique erroné à la base de l'expérience du personnage, dont le raisonnement initialement solide en apparence se révèle vicié dans ses fondements mêmes.
Distribué par Utopia à partir du 4 décembre 2020 en salles limitées, en cinéma virtuel et en VOD, Minor Premise a depuis acquis un statut culte auprès des amateurs de science-fiction indépendante exigeante.
Les amateurs de Minor Premise pourront se tourner vers Primer de Shane Carruth ou Pi de Darren Aronofsky, autres thrillers de science-fiction indépendants à très petit budget explorant des concepts scientifiques complexes à travers un personnage central obsessionnel.