Joséphine est une historienne spécialisée dans le XIIe siècle, discrète et en proie à des difficultés financières après son divorce. Sa sœur Iris, belle, riche et superficielle, brille en société mais s'ennuie profondément dans sa vie mondaine. Lors d'un dîner, Iris s'invente une passion d'écrivaine et s'engage à rédiger un roman historique qu'elle est bien incapable d'écrire seule. Elle propose alors un marché secret à sa sœur : Joséphine écrit le livre dans l'ombre et garde l'argent, tandis qu'Iris récolte la gloire publique. Ce mensonge va bouleverser durablement la dynamique de leur relation et révéler leurs véritables natures.
Le projet est l'adaptation cinématographique directe du célèbre roman à succès de Katherine Pancol, véritable phénomène littéraire de l'année 2006. La réalisatrice Cécile Telerman a souhaité retranscrire à l'écran la complexité des relations fraternelles et les névroses de la bourgeoisie parisienne. L'idée originelle résidait dans le contraste saisissant entre l'apparence sociale et le talent réel des individus. L'inspiration est venue de cette galerie de personnages féminins forts, imparfaits et profondément humains qui composent le livre. Transposer cette structure chorale a nécessité un long travail d'écriture scénaristique.
Les critiques de cinéma ont réservé un accueil globalement poli à cette adaptation, appréciant la fidélité de l'esprit du livre mais soulignant une mise en scène parfois un peu trop télévisuelle. Le duo formé par Julie Depardieu et Emmanuelle Béart a néanmoins été salué pour sa justesse et son efficacité comique. La presse a souligné la pertinence des seconds rôles, notamment Patrick Bruel. Le public, composé en grande partie de lecteurs enthousiastes du roman d'origine, s'est montré ravi de retrouver l'univers coloré de Pancol dans les salles obscures. Le film a réalisé un score honorable au box-office français lors de sa sortie printanière. L'œuvre n'a pas glané de prix prestigieux lors des grandes cérémonies du cinéma.
L'équipe de production s'est inspirée de l'esthétique soignée de certaines comédies dramatiques américaines pour donner une image flatteuse et dynamique de la capitale française. Le tournage s'est déroulé dans une ambiance conviviale, les actrices principales développant une complicité proche de celle de vraies sœurs en dehors des caméras. Une difficulté technique mineure est survenue lors des scènes extérieures en raison d'une météo parisienne particulièrement capricieuse cette année-là. Pour le rôle de la mère autoritaire, plusieurs grandes figures du cinéma français avaient été envisagées avant que le personnage ne soit magistralement attribué à Édith Scob.
Le film traite avec finesse de la rivalité fraternelle, de l'imposture sociale et de la quête de légitimité personnelle. Il aborde également l'émancipation féminine à travers le personnage de Joséphine, qui apprend à s'affirmer et à sortir définitivement de l'ombre protectrice mais étouffante de sa sœur.
La fin met en lumière l'effondrement inévitable du mensonge d'Iris, qui se retrouve démasquée publiquement lors d'une émission littéraire cruciale. Joséphine, quant à elle, assume enfin son statut d'auteure à succès aux yeux de tous, ce qui marque sa revanche sociale et sa renaissance personnelle.
Les « yeux jaunes des crocodiles » font référence à une métaphore sur la patience, le danger tapi dans l'ombre et la férocité de la vie sociale ou familiale. C'est aussi un clin d'œil direct à une réplique et une scène mémorable du livre.
Le film est régulièrement rediffusé à la télévision et demeure une référence populaire majeure pour les amateurs d'adaptations des romans de Katherine Pancol.
On peut associer ce film à des comédies de mœurs à la française comme « Le Prénom » ou « Tout ce qui brille » pour sa dynamique relationnelle et son étude fine des rapports humains contemporains.