Bob Parr — alias M. Indestructible — était autrefois l'un des plus grands super-héros du monde. Mais depuis que les super-héros ont été contraints de cacher leurs pouvoirs et de vivre comme des gens ordinaires, Bob végète dans un emploi d'assureur ennuyeux et vit de vieux souvenirs glorieux. Quand une mystérieuse organisation l'approche pour une mission secrète, il saisit l'opportunité avec enthousiasme — ignorant qu'il marche vers un piège tendu par un ennemi venu de son passé. Sa famille — Hélène, Violette, Flèche et le bébé Jack-Jack — devra l'abandonner pour le sauver, révélant que les vrais supers-héros portent le nom de famille Parr.
Les Indestructibles est le sixième film de Pixar et le premier à mettre en scène des personnages humains comme personnages centraux — un défi technique et artistique considérable pour le studio à l'époque. Brad Bird, qui avait auparavant réalisé Le Géant de fer (1999) et rejoint Pixar après que son projet personnel avait été refusé par Disney, a apporté avec lui ce récit de famille super-héroïque qu'il développait depuis des années. L'idée de base était de montrer ce que serait la vie d'une famille de super-héros contraints de vivre incognito — une satire à la fois des codes du genre super-héros et de la banalité de la vie de banlieue américaine. Le film s'inspire visuellement et musicalement du cinéma des années 1960 — James Bond, les séries d'espionnage — pour créer une esthétique rétro-futuriste immédiatement reconnaissable.
Résumé des critiques professionnelles : Les Indestructibles a fait l'unanimité à sa sortie, obtenant 97 % sur Rotten Tomatoes. La presse a célébré un film d'animation qui transcende le genre pour atteindre la sophistication d'un grand film familial — drôle, émouvant, visuellement révolutionnaire et doté d'une vraie réflexion sur la médiocrité, la différence et le génie. Beaucoup l'ont immédiatement classé parmi les grands films de Pixar.
Réception du public : Le film a récolté 631 millions de dollars au box-office mondial, confirmant son succès populaire immense. Il est devenu l'un des films d'animation les plus aimés de sa génération, régulièrement cité dans les sondages sur les meilleurs films Pixar.
Récompenses obtenues : Les Indestructibles a remporté l'Oscar du meilleur film d'animation et l'Oscar du meilleur son aux 77e cérémonie des Oscars (2005). Il a également remporté quatre Annie Awards dont meilleur film d'animation, meilleur réalisateur et meilleur scénario.
Inspirations du réalisateur : Brad Bird a construit les personnages des Indestructibles autour de ses propres angoisses de quadragénaire : un homme qui se sent «rétréci» par la vie ordinaire, une femme qui a renoncé à ses aspirations pour sa famille, des enfants qui apprennent à cacher ce qui les rend spéciaux. Ce sous-texte autobiographique donne au film une profondeur émotionnelle rare.
Difficultés de production : Représenter des humains de façon convaincante était un défi que Pixar n'avait jamais relevé à ce niveau. Les cheveux d'Hélène, la physique réaliste des vêtements et l'eau de l'île représentaient des défis techniques qui ont nécessité le développement de nouveaux logiciels.
Anecdote sur une scène particulière : Le personnage d'Edna Mode — la créatrice de mode excentrique des super-héros — était initialement prévu pour être joué par Lily Tomlin. Brad Bird a finalement choisi de le doubler lui-même en version originale, ce qui a donné au personnage un caractère inoubliable. Edna Mode est inspirée de la costumière hollywoodienne Edith Head et du designer japonais Issey Miyake.
Les Indestructibles est une réflexion complexe sur l'exceptionnalité et la médiocrité — et le débat social sur ce qui est souhaitable. Le personnage de Syndrome, l'antagoniste, incarne une position radicalement égalitariste : si tout le monde est super, personne ne l'est. Cette tension entre le génie individuel et le nivelage social est au cœur du film. L'identité cachée et le prix de la dissimulation sont aussi des thèmes majeurs : les Indestructibles souffrent d'être obligés de nier ce qu'ils sont. La famille comme équipe et la complémentarité des talents individuels au service du collectif représentent le message central et humaniste du film.
Bob, Hélène et leurs enfants s'unissent pour affronter Syndrome et son robot Omnidroïde. La révélation finale que Jack-Jack possède lui aussi des pouvoirs — inattendus et incontrôlables — confirme que toute la famille est extraordinaire. La fin voit les Indestructibles assumant leur identité au grand jour : non plus une famille qui cache ses pouvoirs, mais une famille qui les revendique. Cette résolution affirme que l'acceptation de soi est plus forte que n'importe quel ennemi.
Les Indestructibles (The Incredibles) est un titre à double sens particulièrement bien trouvé. En anglais, «incredible» signifie «incroyable» au sens large, tandis que la traduction française «indestructibles» insiste sur l'invincibilité physique. Le titre original joue sur l'incrédulité — ces gens sont trop bien pour être vrais — et sur la fierté familiale : ils sont incroyables, tous autant qu'ils sont.
La bande originale de Les Indestructibles est signée par le grand compositeur Michael Giacchino, qui signe ici l'une de ses œuvres les plus joyeusement iconiques. Inspirée du jazz orchestral des années 1960 — John Barry, Henry Mancini, les James Bond de la grande époque —, la musique de Giacchino combine cuivres swinguants, cordes souples et percussions dynamiques pour créer une atmosphère rétro-futuriste unique. Le thème principal est instantanément reconnaissable et a contribué à définir l'identité sonore du film autant que son image. Giacchino a reçu une nomination aux BAFTA pour cette partition.
Les Indestructibles est régulièrement classé parmi les meilleurs films Pixar et les meilleurs films d'animation de tous les temps. Il est disponible sur Disney+ et en VOD, et continue d'être découvert par de nouvelles générations d'enfants. Sa suite, Les Indestructibles 2 (2018), a pulvérisé les records de démarrage pour un film d'animation, témoignant de l'attachement durable du public à cette famille.
Les Indestructibles dialogue avec ses inspirations directes : les films Bond des années 1960 pour l'esthétique, et les comics de super-héros pour l'univers. Côté animation, Le Géant de fer (1999) du même Brad Bird partage la même sensibilité humaniste. Spider-Man (2002) et Batman Begins (2005) explorent le même univers en prises de vues réelles. La suite directe est bien sûr Les Indestructibles 2 (2018).