Dans un monde post-apocalyptique envahi de zombies, les survivants de l'humanité se sont retranchés dans une cité fortifiée dirigée par un milliardaire autoritaire nommé Kaufman. Les pauvres survivent dans des bidonvilles tandis que l'élite vit dans une tour de luxe. Les équipes de pillards — dont Riley Denbo et Cholo — s'aventurent dans le monde des morts pour ramener nourriture et ressources. Mais une menace nouvelle se profile : les morts commencent à penser, à s'organiser et à mener une révolution contre les vivants.
Le Territoire des morts est le quatrième volet de la saga zombie de George A. Romero, vingt ans après Le Jour des Morts-Vivants (1985). Père fondateur du film de zombie moderne avec La Nuit des Morts-Vivants (1968), Romero avait toujours utilisé ses films de morts-vivants comme paraboles sociales — Zombie (1978) critiquait la société de consommation, Le Jour des Morts-Vivants explorait le militarisme. Ici, dans un contexte post-11 septembre et au début de la guerre en Irak, Romero construit une métaphore de la lutte des classes et de la sécurité comme prétexte à l'oppression. Le succès commercial de 28 jours plus tard (2002) et du remake de L'Armée des morts (2004) avait relancé l'intérêt des studios pour le film de zombie, permettant à Romero d'obtenir enfin un budget confortable pour sa franchise.
Résumé des critiques professionnelles : Le Territoire des morts a reçu un accueil critique très positif, la presse saluant la façon dont Romero réussit à maintenir une pertinence sociale aiguë tout en livrant un film de genre efficace. Le sous-texte politique — la tour de luxe de Kaufman comme métaphore du capitalisme armé — a été particulièrement apprécié.
Réception du public : Le film a rapporté 46 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 15 millions — un succès commercial solide qui confirmait la vitalité du genre zombie.
Inspirations du réalisateur : Romero a conçu le zombie Big Daddy comme le véritable héros du film — un mort-vivant qui développe une conscience et mène la révolution des exploités contre les exploiteurs. Ce renversement moral radical — faire des zombies les opprimés sympathiques — est la déclaration politique la plus explicite de toute la saga.
Le Territoire des morts est une satire politique de la lutte des classes — la cité fortifiée reproduit exactement les inégalités de la société capitaliste, avec ses privilégiés en hauteur et ses pauvres en bas. Le film aborde la sécurité comme instrument d'oppression — Kaufman maintient son pouvoir par la peur des morts-vivants. La conscience des opprimés — les zombies qui commencent à penser — est la métaphore centrale : même les plus dépossédés finissent par s'organiser. Romero traite aussi de la futilité de la frontière entre les vivants et les morts.
Big Daddy, le zombie-leader, mène ses morts vers la cité fortifiée. L'inégalité de la société des survivants explose sous la pression combinée de la révolte zombie et des conflits internes. Riley refuse de tuer Big Daddy quand il pourrait le faire — reconnaissant quelque chose de «vivant» dans cet être. La fin dit que la frontière entre eux et nous n'était qu'une illusion.
Le Territoire des morts (Land of the Dead) désigne à la fois le monde extérieur — désormais habité par les morts — et la cité fortifiée des survivants, qui n'est elle-même qu'une autre forme de mort lente. Ce titre dit qu'il n'y a plus de «territoire des vivants» — que la vie sous cette forme de société est elle-même une forme de mort.
Le Territoire des morts reste l'un des films de zombie les plus importants de sa décennie, témoin de la persistance du génie de Romero pour la satire sociale déguisée en film d'horreur. George A. Romero est décédé en juillet 2017. Le film est disponible en VOD.
Le Territoire des morts est le quatrième volet de la saga zombie de Romero — après La Nuit des Morts-Vivants (1968), Zombie (1978) et Le Jour des Morts-Vivants (1985). Pour les films de zombie à dimension politique, 28 jours plus tard (2002) de Danny Boyle ou World War Z (2013) offrent des approches différentes. La série The Walking Dead (2010-) a largement repris les codes romériens dans un format télévisuel.