Arthur a grandi dans les bas-fonds de Londonium, orphelin de roi élevé par des prostituées bienveillantes, devenu un homme de rue aguerri et sans peur. Quand il retire l'épée Excalibur de son rocher, révélant malgré lui son destin royal, il est rattrapé par un passé qu'il ne connaissait pas — et par Vortigern, le mage-tyran qui a assassiné ses parents pour usurper le trône d'Angleterre. Arthur va devoir accepter son héritage et mener une rébellion armée pour reprendre ce qui lui revient, guidé par les pouvoirs mystérieux de l'épée.
Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur est la vision radicalement revisitée de la légende arthurienne par Guy Ritchie, dont le style urbain et nerveux — établi avec Lock, Stock and Two Smoking Barrels (1998) et Snatch (2000) — était à l'opposé de toute représentation classique du Moyen Âge. Ritchie voulait faire d'Arthur un personnage streetwise, un gars des bas-fonds qui ressemble plus à ses propres héros londoniens qu'aux chevaliers des adaptations traditionnelles. Le projet, développé par Warner Bros. comme la première pierre d'une franchise en six films, avait un budget de 175 millions de dollars et misait sur l'énergie visuelle et musicale caractéristique de Ritchie. Le scénario, co-écrit avec Joby Harold et Lionel Wigram, transpose les codes du film de gangsters dans le cadre de la légende arthurienne.
Résumé des critiques professionnelles : Le Roi Arthur a reçu des critiques mitigées à défavorables. Si le style visuel flamboyant de Ritchie a été reconnu, beaucoup ont jugé le film trop frénétique, son montage épileptique et son scénario trop décousu pour maintenir une cohérence narrative. La performance de Jude Law a été saluée comme le principal atout du film.
Réception du public : Le film a été un échec commercial notable, ne rapportant que 148 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 175 millions — une perte considérable qui a conduit Warner Bros. à abandonner les cinq films restants de la franchise prévue.
Inspirations du réalisateur : Guy Ritchie s'est inspiré de l'énergie des films de gangsters à la Snatch pour construire les scènes d'action et les dialogues d'Arthur — lui donnant un langage et un comportement contemporains qui transposent les codes du milieu londonien dans un Moyen Âge fantasmé.
Difficultés de production : Charlie Hunnam, connu pour la série Sons of Anarchy, peinait à incarner un Arthur qui convaincrait le public international. Le personnage était difficile à équilibrer entre la rudesse de la rue et la grandeur royale destinée, ce que les spectateurs n'ont pas pleinement accepté.
Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur explore la destinée contre le libre arbitre — Arthur fuit ce qu'il est censé être, préférant la rue au trône, mais l'épée lui impose un chemin qu'il n'a pas choisi. Le film aborde aussi le pouvoir corrupteur à travers Vortigern — un homme qui a sacrifié ce qu'il avait de plus précieux pour obtenir le pouvoir. La fraternité et la loyauté entre hommes sont des thèmes récurrents dans l'univers de Ritchie, transposés ici dans le contexte de la Table Ronde naissante. Enfin, le film traite de la magie comme force ambiguë — à la fois don et malédiction pour celui qui la manie.
Arthur accepte finalement son destin et affronte Vortigern dans un combat final où il maîtrise enfin pleinement les pouvoirs d'Excalibur. La défaite de Vortigern ouvre la voie à la restauration du royaume légitime. Arthur, désormais roi, rassemble les chevaliers et annonce la construction de Camelot — une fin qui devait lancer la franchise mais s'est révélée être une conclusion sans suite.
Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur est un titre doublement explicatif — il annonce le personnage (Arthur) et l'objet symbolique central (Excalibur) tout en se revendiquant comme «légende» plutôt que comme reconstitution historique. Ce positionnement dit clairement que le film revendique sa liberté narrative vis-à-vis des faits et des précédentes adaptations.
La bande originale de Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur est signée par Daniel Pemberton, compositeur régulier de Guy Ritchie depuis The Man from U.N.C.L.E. (2015). Pemberton a créé une partition ambitieuse qui mélange des cordes classiques à des percussions tribales et des sonorités électroniques modernes — une approche anachronique volontaire qui correspond au traitement général du film. La musique puissante et rythmée accompagne parfaitement l'énergie frénétique de la mise en scène de Ritchie.
L'échec commercial du film a définitivement mis fin à la franchise arthurienne de Warner Bros. planifiée en six films. Guy Ritchie est depuis passé à d'autres projets — Aladdin (2019) et The Gentlemen (2019). Charlie Hunnam n'a pas retrouvé depuis un rôle de premier plan équivalent. Disponible en VOD.
Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur s'inscrit dans la tradition des réinterprétations modernes de la légende arthurienne comme Excalibur (1981) de John Boorman ou Le Roi Arthur (2004) d'Antoine Fuqua. Pour le style visuel de Guy Ritchie, Snatch (2000) et Aladdin (2019) partagent la même énergie cinétique. Warcraft (2016) de Duncan Jones ou Les Derniers Jours offrent des univers fantasy comparables.