Dans une petite ville idyllique des années 1950, quelques décennies après une guerre ayant opposé les humains à une invasion de zombies, les morts-vivants ont été domestiqués grâce à des colliers de contrôle et servent désormais de domestiques dociles. Le jeune Timmy Robinson se lie d'une amitié sincère avec Fido, le zombie que sa mère vient d'acheter pour tenir son rang social auprès des voisins. Lorsque Fido échappe accidentellement au contrôle de son collier, la petite communauté bien ordonnée de Willard se retrouve menacée. Timmy devra alors tout faire pour protéger son ami pas tout à fait comme les autres.
Le réalisateur canadien Andrew Currie, en collaboration avec les scénaristes Robert Chomiak et Dennis Heaton, souhaitait détourner avec humour les codes classiques du film de zombies en les mêlant à l'esthétique idéalisée de la banlieue américaine des années 1950. L'idée originale, développée par Dennis Heaton, consistait à imaginer un monde où les zombies auraient été domestiqués et intégrés à la société comme une main-d'œuvre servile, à la manière d'un animal de compagnie. Currie voulait ainsi utiliser le motif du zombie comme métaphore satirique du conformisme social et de la paranoïa de la guerre froide. Le projet s'inspire également ouvertement de films familiaux classiques comme Lassie, transposés dans un univers résolument macabre et absurde.
La critique salue largement l'originalité du concept et l'humour noir subtil du film, saluant sa capacité à maintenir un ton absurde et satirique sans jamais sombrer dans la parodie facile. Les performances de Billy Connolly et Carrie-Anne Moss sont particulièrement appréciées par la presse spécialisée. Le film est considéré comme l'une des comédies horrifiques les plus originales de sa décennie. Le public réserve un accueil favorable mais plus confidentiel au film, qui reste une sortie limitée en salles avant de trouver son public plus large en vidéo. Il devient au fil des années un film culte apprécié des amateurs de comédies horrifiques atypiques. Le film touche particulièrement les spectateurs sensibles à son mélange singulier de tendresse et d'absurde. Le film n'a pas obtenu de récompenses cinématographiques majeures.
Andrew Currie s'est inspiré du contraste entre l'imagerie idéalisée de la banlieue américaine des années 1950 et l'horreur sous-jacente du zombie pour construire la tonalité singulière et satirique du film. L'acteur Peter Stormare avait initialement été choisi pour incarner Fido, mais a dû se retirer du projet une semaine avant le début du tournage en raison d'un conflit d'agenda avec la série Prison Break, ce qui a conduit au recrutement de Billy Connolly dans l'urgence. Billy Connolly a dû accepter de se raser entièrement la barbe pour le rôle, une exigence qu'il a lui-même décrite avec humour comme un véritable sacrifice personnel. Le tournage, réalisé en Colombie-Britannique, a nécessité une reconstitution soignée de l'esthétique des années 1950, entre décors, costumes et véhicules d'époque.
Le film explore le conformisme social et la paranoïa de la guerre froide à travers le prisme absurde d'une société ayant domestiqué les zombies. Il aborde également l'amitié sincère entre un enfant et une figure marginale, incarnée par le personnage de Fido, en dehors de tout jugement social. La satire de la consommation ostentatoire et du statut social traverse également tout le récit, les zombies domestiques devenant un symbole de réussite sociale.
Après une série de péripéties ayant menacé la sécurité de toute la communauté, Timmy parvient à sauver Fido de la destruction programmée par l'entreprise Zomcon, tout en perdant tragiquement son propre père au cours de l'affrontement final. Le film se termine sur une note douce-amère, la famille Robinson retrouvant une forme d'équilibre en accueillant définitivement Fido comme un membre à part entière de leur foyer.
Le titre, Fido, reprend simplement le nom donné par le jeune Timmy à son zombie domestique, clin d'œil ironique et assumé aux noms traditionnellement donnés aux chiens de compagnie dans la culture populaire américaine.
Les amateurs de ce film pourront se tourner vers Shaun of the Dead pour son traitement également comique du genre zombie, ou vers Pleasantville pour son évocation satirique similaire de la banlieue américaine idéalisée des années 1950.