Le film retrace l'ascension fulgurante d'Elvis Presley, depuis son enfance modeste dans le Mississippi jusqu'à son statut de véritable icône planétaire du rock'n'roll. Le récit est raconté à travers le regard trouble de son manager, le colonel Tom Parker, dont l'emprise sur la carrière et les finances du chanteur façonne autant qu'elle dévore sa vie. Entre triomphes scéniques, bouleversements culturels de l'Amérique et solitude grandissante, le film dépeint plus de vingt années de la vie du King. Il s'attarde en particulier sur la relation ambiguë entre l'artiste et l'homme qui a fait sa gloire tout en scellant sa chute.
Elvis n'est pas une adaptation littéraire à proprement parler, mais un biopic retraçant la vie réelle du chanteur Elvis Presley, un projet dont les droits initiaux avaient été achetés dès 1995 par les producteurs Steve Tisch et Gary Goodman à partir de la biographie Last Train to Memphis de Peter Guralnick. L'implication de Baz Luhrmann est annoncée pour la première fois en 2014, mais le projet met plusieurs années à se concrétiser avant que Tom Hanks ne rejoigne le casting en 2019, suivi peu après par Austin Butler dans le rôle-titre. Luhrmann a choisi de raconter cette histoire à travers le prisme de la relation entre Presley et son manager, le colonel Tom Parker, afin d'éclairer les mécanismes d'exploitation financière et affective qui ont marqué la carrière du chanteur. Austin Butler a obtenu le rôle après avoir envoyé une vidéo d'audition personnelle où il interprétait Unchained Melody, une performance si habitée que Luhrmann s'est d'abord demandé s'il assistait à une audition ou à un effondrement émotionnel. Le réalisateur souhaitait s'éloigner des codes classiques du biopic musical pour proposer une œuvre visuellement flamboyante, à l'image de son style habituel déjà déployé dans Moulin Rouge! et Gatsby le Magnifique. Le tournage, débuté en Australie début 2020, a été interrompu par la pandémie de Covid-19 après que Tom Hanks eut été testé positif au tout début de la crise sanitaire mondiale.
Les critiques ont largement salué la prestation d'Austin Butler, unanimement considérée comme l'un des sommets du film, tout en restant plus partagées sur la mise en scène très cadencée de Baz Luhrmann, jugée par certains éblouissante et par d'autres épuisante à force de montage frénétique. La presse a également souligné la performance de Tom Hanks dans le rôle du colonel Parker, certains la trouvant fascinante et d'autres regrettant un accent et un maquillage jugés trop appuyés. Le site Rotten Tomatoes recense environ 77 % de critiques positives, saluant l'énergie du film tout en reconnaissant qu'il reprend une structure de biopic musical assez classique. Le public a réservé un accueil enthousiaste au film, qui est devenu le plus grand succès en salles de la carrière de Baz Luhrmann en Amérique du Nord, dépassant même Gatsby le Magnifique. De nombreux spectateurs, y compris des proches de la famille Presley, ont salué la sincérité et l'intensité de la reconstitution, en particulier lors des scènes de concert. Le film a également connu une seconde vie remarquée en streaming, devenant l'un des titres les plus visionnés parmi les prétendants aux Oscars cette année-là. Elvis a été nommé dans huit catégories aux Oscars 2023, dont celle du meilleur film, avec une nomination d'Austin Butler comme meilleur acteur qui lui a valu par ailleurs le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique. Le film a également été salué pour ses costumes et sa direction artistique, deux domaines dans lesquels la collaboratrice habituelle de Luhrmann, Catherine Martin, avait déjà été récompensée à plusieurs reprises par le passé.
Baz Luhrmann s'est nourri de sa fascination de longue date pour la figure d'Elvis Presley et pour l'esthétique flamboyante de l'Amérique du milieu du vingtième siècle, un univers déjà présent en filigrane dans plusieurs de ses films précédents comme Gatsby le Magnifique. Le tournage, initialement lancé en Australie début 2020, a été brutalement interrompu après que Tom Hanks eut annoncé être atteint du Covid-19 au tout début de la pandémie mondiale, l'un des premiers cas connus dans le milieu du cinéma à l'époque, provoquant plusieurs mois de report. Austin Butler a construit son audition autour d'une reprise personnelle et bouleversante de Unchained Melody, enregistrée alors qu'il traversait une période de deuil, une vidéo si intense que Luhrmann a d'abord hésité entre y voir une performance d'acteur ou une confession sincère. Plusieurs autres noms avaient été envisagés pour incarner Elvis avant qu'Austin Butler ne s'impose, parmi lesquels Miles Teller, Ansel Elgort, Aaron Taylor-Johnson et Harry Styles, avant que Denzel Washington, ayant travaillé avec Butler au théâtre, ne recommande personnellement l'acteur à Luhrmann.
Le film explore l'exploitation d'un artiste par son propre système de management, à travers la relation toxique et fascinante entre Presley et le colonel Parker. Il interroge également la construction de la célébrité américaine et son rapport ambigu à la culture afro-américaine, dont Elvis s'est largement inspiré musicalement. La solitude du succès et le prix payé par l'artiste pour sa propre gloire, jusqu'à sa disparition prématurée, traversent enfin l'ensemble du récit.
Le film se conclut sur les dernières années de la vie d'Elvis Presley, diminué physiquement et émotionnellement par des décennies d'exploitation et de dépendance orchestrées en partie par le colonel Parker. La scène finale s'appuie sur de véritables images d'archives de son ultime concert, où l'on voit l'artiste visiblement affaibli interpréter Unchained Melody, créant un pont saisissant entre la reconstitution incarnée par Austin Butler et la réalité historique du chanteur. Cette conclusion souligne le prix humain payé par Presley pour sa carrière, sacrifié par un système qui l'a autant célébré qu'il l'a consumé.
Le titre Elvis renvoie sobrement au seul prénom du chanteur, devenu à lui seul un nom mythique dans la culture populaire mondiale, à tel point qu'aucun patronyme n'est nécessaire pour l'identifier. Ce choix minimaliste souligne la dimension quasi légendaire du personnage, davantage traité comme un mythe américain que comme un simple sujet de biopic.
La bande originale du film mêle avec audace des morceaux d'époque et des réinterprétations contemporaines, avec une participation remarquée de Doja Cat sur le titre Vegas, ainsi que des contributions de Eminem, CeeLo Green ou encore Stevie Nicks, dans une volonté assumée de faire dialoguer l'héritage musical d'Elvis avec la pop et le hip-hop actuels.
Depuis sa sortie, Elvis a consolidé le statut d'Austin Butler comme l'une des nouvelles valeurs sûres d'Hollywood, l'acteur continuant depuis d'enchaîner les projets de premier plan tout en restant régulièrement associé à ce rôle qui l'a révélé au grand public.
Les amateurs de biopics musicaux pourront se tourner vers Bohemian Rhapsody consacré à Freddie Mercury, dont le succès critique et public a d'ailleurs été régulièrement comparé à celui d'Elvis, ou vers Rocketman sur Elton John, qui partage la même volonté de traiter la vie de son sujet à travers un prisme visuel flamboyant plutôt que strictement biographique.