Fielding Mellish, testeur de produits new-yorkais maladroit et névrosé, tombe amoureux d'une militante activiste qui le quitte car elle le juge trop conventionnel et politiquement apathique. Pour reconquérir son cœur, il décide de partir pour la République bananière fictive de San Marcos afin de s'engager auprès des rebelles révolutionnaires, dans une suite de péripéties aussi absurdes qu'hilarantes. Une comédie satirique délirante qui tourne en dérision les révolutions sud-américaines et la politique américaine de la Guerre froide, dans le style burlesque caractéristique des débuts de Woody Allen.
Bananas s'inscrit dans la première période de la carrière de Woody Allen, marquée par des comédies purement burlesques et anarchiques avant qu'il ne s'oriente vers des œuvres plus personnelles et introspectives à partir d'Annie Hall. Allen voulait parodier avec ce film les récits de révolutions sud-américaines et la paranoïa politique de la Guerre froide qui dominaient l'actualité internationale de l'époque, tournant en dérision aussi bien les dictatures fictives que l'engagement militant américain souvent superficiel. Le scénario, co-écrit avec Mickey Rose, son complice de longue date, multipliait les gags absurdes et les références parodiques au cinéma de propagande et aux films d'action politique. Allen incarnait lui-même le personnage principal, prolongeant la tradition du comique juif new-yorkais névrosé et maladroit qui deviendra sa signature pour de nombreuses années, avant l'évolution vers des personnages plus complexes psychologiquement.
Résumé des critiques professionnelles : Bananas a reçu des critiques globalement positives, les journalistes saluant l'inventivité comique et le rythme effréné des gags qui caractérisaient déjà le style naissant de Woody Allen. Certains critiques ont noté que le film restait dans le registre de la pure comédie burlesque sans la profondeur philosophique que développerait plus tard le réalisateur, mais cette légèreté assumée a été appréciée comme une qualité propre à cette période de sa filmographie.
Réception du public : Le film a connu un succès commercial honorable, contribuant à asseoir la réputation grandissante de Woody Allen comme l'un des comiques les plus brillants et les plus singuliers du cinéma américain de l'époque. Le public a particulièrement apprécié l'absurdité des situations et le ton satirique mordant visant la politique internationale.
Récompenses obtenues : Le film n'a pas remporté de récompenses majeures lors de sa sortie, mais il reste aujourd'hui considéré comme l'une des comédies fondatrices du style si particulier de Woody Allen, annonçant les grandes œuvres à venir de sa carrière.
Inspirations du réalisateur : Woody Allen s'est inspiré des récits de révolutions sud-américaines et de la propagande politique de la Guerre froide pour construire sa satire, multipliant les références parodiques aux dictatures latino-américaines et aux interventions américaines dans la région durant cette période historique.
Difficultés de production : Le tournage dans des décors devant évoquer une Amérique du Sud fictive a nécessité une reconstitution soigneuse pour donner une crédibilité visuelle suffisante à cette satire politique, tout en conservant le ton délibérément absurde et exagéré recherché par Allen.
Anecdote sur une scène particulière : La scène du tribunal final, dans laquelle Fielding Mellish est jugé pour des accusations politiques absurdes et où le comique de l'absurde atteint son paroxysme, est devenue emblématique de l'humour si particulier des débuts de Woody Allen, mêlant satire politique et non-sens pur.
Bananas tourne en dérision la politique internationale et les révolutions sud-américaines, satirisant avec un humour mordant la paranoïa de la Guerre froide et l'engagement militant souvent superficiel de la jeunesse américaine de l'époque. Le film se moque également du personnage récurrent du névrosé urbain new-yorkais, maladroit en amour comme en politique, qui deviendra la marque de fabrique de Woody Allen pour de nombreuses années. La satire des médias et de la couverture journalistique sensationnaliste des conflits internationaux constitue un autre axe comique important du film.
Fielding Mellish, après avoir traversé une succession de péripéties absurdes au sein de la révolution sud-américaine, finit par devenir président de San Marcos avant de retourner aux États-Unis où il épouse finalement la femme qu'il aimait, désormais convaincue de son engagement politique sincère malgré l'absurdité de son parcours. Cette fin résolument comique et invraisemblable, typique du style burlesque des débuts de Woody Allen, célèbre le triomphe improbable de l'amour et de la persévérance malgré tous les obstacles politiques rencontrés.
Bananas fait référence à la "République bananière" fictive de San Marcos où se déroule l'essentiel de l'intrigue, terme désignant traditionnellement des pays d'Amérique latine dont l'économie dépend largement de l'exportation de produits agricoles et qui sont souvent associés à l'instabilité politique et aux dictatures. Le titre, avec sa connotation à la fois géopolitique et comique, résume parfaitement le ton satirique et absurde du film.
Bananas reste apprécié comme l'une des comédies fondatrices du style burlesque de Woody Allen, avant son évolution vers des œuvres plus personnelles et introspectives à partir du milieu des années 70. Le film continue d'être redécouvert par les amateurs de l'humour absurde et anarchique caractéristique des débuts du réalisateur new-yorkais.