Ali G est un jeune glandeur excentrique d'une banlieue londonienne qui passe son temps à imiter la culture hip-hop américaine avec sa bande de copains. Sa vie bascule le jour où il apprend que le centre de loisirs de son quartier, où il enseigne le détournement de bicyclettes aux enfants, va être démoli. Pour le sauver, il entame une grève de la faim absurde qui attire l'attention d'un politicien véreux. Ce dernier décide de l'instrumentaliser pour décrédibiliser le Premier ministre en place.
Le projet découle directement du succès phénoménal du personnage satirique créé par le comédien principal pour la télévision britannique. Face à l'engouement populaire massif, les producteurs ont voulu transposer cet anti-héros caricatural dans un long-métrage de fiction sur grand écran. L'idée de départ était de confronter la stupidité joyeuse et le langage outrancier de la banlieue au monde ultra-codé et feutré de la haute politique internationale. Les inspirations scénaristiques proviennent de la culture des clips de rap des années quatre-vingt-dix et de la satire politique traditionnelle.
La critique professionnelle s'est montrée très partagée, s'amusant du comique de répétition absurde mais pointant du doigt la vulgarité décomplexée de certaines situations. Plusieurs spécialistes ont salué l'audace de l'acteur principal, capable de dénoncer l'hypocrisie politique sous des dehors totalement idiots. Le public adolescent et les amateurs d'humour potache ont réservé un accueil triomphal au film, qui est rapidement devenu culte dans les cours de récréation. Les répliques du personnage principal ont été largement reprises par toute une génération de spectateurs à sa sortie. Le film n'a pas cherché à séduire les festivals d'art et d'essai mais a remporté un franc succès commercial en Europe.
Le comédien principal est resté totalement dans la peau de son personnage excentrique durant la quasi-totalité des semaines de tournage pour préserver l'énergie comique. Les scènes se déroulant au Parlement britannique ont nécessité des autorisations spéciales et ont été grandement dynamisées par le sens aigu de l'improvisation des acteurs. Une séquence de danse mémorable en boîte de nuit a demandé une journée entière de chorégraphie pour être volontairement ridicule. Avant de réunir ce casting solide de grands comédiens shakespeariens autour de la star comique, plusieurs caméos de vrais rappeurs avaient été évoqués.
Le film parodie de manière féroce l'appropriation culturelle, les stéréotypes véhiculés par les médias musicaux et la manipulation cynique des politiciens professionnels. Derrière la farce se cache une critique absurde des institutions de pouvoir prêtes à tout pour séduire l'électorat jeune. La solidarité de quartier face à la gentrification y est également présente.
Après avoir accidentellement sauvé le gouvernement en droguant les membres du Parlement avec du thé au cannabis, Ali G devient un héros national improbable. Le politicien corrompu est démasqué et arrêté, permettant la sauvegarde définitive du centre de loisirs de la banlieue de Staines. Le film s'achève sur le héros nommé ambassadeur en Jamaïque, vivant sa meilleure vie.
Le titre reprend simplement le pseudonyme ridicule du personnage principal de l'histoire. C'est l'abréviation comique qui symbolise à elle seule l'identité fantasmée d'un jeune banlieusard blanc britannique persuadé d'être une véritable star du rap de la côte ouest.
La bande originale est une compilation explosive de morceaux hip-hop, reggae et UK garage de l'époque, rythmée par des interventions vocales exclusives de la star principale du film.
Le long-métrage reste une capsule temporelle unique de la culture pop britannique du début des années 2000 et le tremplin cinématographique qui a lancé la carrière internationale de Sacha Baron Cohen.
Si vous aimez l'humour absurde et irrévérencieux de ce créateur, regardez Borat, Brüno ou Wayne's World.