🎂 13/10/1952
📍 Hong Kong
🌍 Américaine
John Lone, né Ng Kwok-leung d'une mère portugaise et d'un père chinois, connaît une enfance particulièrement difficile à Hong Kong : abandonné très jeune, il grandit orphelin avant d'être recueilli et élevé par une femme handicapée originaire de Shanghai. Vers l'âge de dix ans, sa mère adoptive le place dans la troupe de l'Opéra de Pékin Chin Chiu, dirigée par Madame Fan Fok-Fa, où il étudie de manière intensive les quatre disciplines fondamentales de cet art traditionnel : le chant, la récitation, le jeu et le combat acrobatique. Il vit alors presque complètement coupé du monde extérieur, entièrement immergé dans cette discipline exigeante pendant plusieurs années. À dix-huit ans, il refuse un contrat avec la Shaw Brothers ainsi qu'une opportunité de rejoindre le Ballet du XXe siècle de Maurice Béjart, préférant s'installer à Los Angeles pour poursuivre une carrière d'acteur aux États-Unis.
Installé à Los Angeles, John Lone décroche de petits rôles dans des séries télévisées avant d'obtenir en 1978 son diplôme de l'American Academy of Dramatic Arts de Pasadena. Son premier rôle notable au cinéma lui est offert en 1976 dans King Kong, où il incarne le cuisinier chinois, une apparition modeste mais qui marque officiellement ses débuts dans l'industrie cinématographique américaine.
Sa performance dans L'Année du dragon en 1985, où il incarne un chef de gang new-yorkais aux côtés de Mickey Rourke, lui vaut une nomination au Golden Globe et le fait véritablement remarquer par Hollywood. L'année suivante, il obtient le rôle principal du Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci, incarnant Puyi, dernier empereur de Chine, dans un film qui remporte neuf Oscars dont celui du meilleur film. Il confirme sa singularité artistique en 1993 dans M. Butterfly de David Cronenberg, où il incarne une diva de l'opéra de Pékin dont le personnage interprété par Jeremy Irons tombe amoureux sans savoir qu'il s'agit en réalité d'un homme espionnant pour le compte du gouvernement chinois.
John Lone évoque l'influence déterminante et exigeante de sa formation à l'opéra de Pékin durant son enfance, qui a façonné une discipline corporelle et vocale rare parmi les acteurs occidentaux. Son parcours personnel marqué par l'abandon et l'adoption a également nourri une sensibilité particulière pour les personnages en quête d'identité, souvent tiraillés entre plusieurs cultures ou plusieurs identités.
Son jeu se caractérise par une maîtrise physique exceptionnelle héritée de l'opéra de Pékin, alliée à une capacité rare à incarner des personnages d'une grande complexité identitaire, oscillant entre force et vulnérabilité. Cette singularité artistique, qui lui a valu d'être choisi en 1990 par le magazine People parmi les cinquante plus belles personnes du monde, en fait un acteur unique dans le paysage hollywoodien des années 1980 et 1990.
Il a été le premier choix pour le rôle principal d'Adieu ma concubine en 1993, projet qu'il n'a finalement pas pu mener à bien faute d'accord avec les producteurs. À partir des années 2000, il s'installe majoritairement en Chine, où il produit et interprète plusieurs séries télévisées historiques en costumes aux côtés d'actrices chinoises de Hong Kong, Taïwan et de Chine continentale.
John Lone reste discret sur son engagement public, ayant confié en interview privilégier une existence presque monacale entièrement consacrée à son art plutôt qu'à des prises de position militantes.