🎂 21/09/1955
📍 Paris (9e arrondissement), France
🌍 Française
François Robert Paul Cluzet naît rue des Martyrs, dans le neuvième arrondissement de Paris, avant de grandir dans le septième arrondissement, fils d'un père tenant d'abord un commerce de journaux puis dirigeant un laboratoire pharmaceutique. Ses parents se séparent alors qu'il a sept ans, une rupture familiale qui marque son enfance aux côtés de son frère aîné. Il fait ses études secondaires au collège Stanislas de Paris, où il découvre sa vocation de comédien à l'âge de onze ans, en voyant Jacques Brel pleurer sur scène dans L'Homme de la Mancha. Ce déclic, né d'un besoin d'amour et d'affection qu'il évoque lui-même avec sincérité, le pousse à quitter le lycée en classe de première pour se consacrer entièrement au théâtre. Il s'inscrit alors au Cours Simon, puis suit les classes de Jean Périmony et Jean-Laurent Cochet, qui ont également formé Gérard Depardieu et Fabrice Luchini.
Après ses débuts sur les planches en 1976, il est remarqué par la réalisatrice Diane Kurys, qui lui offre en 1980 son premier rôle au cinéma dans Cocktail Molotov, un film évoquant l'esprit post-soixante-huitard. Cette même année, il signe également sa première collaboration avec Claude Chabrol dans Le Cheval d'orgueil, une rencontre qui va durablement structurer sa carrière naissante. Le réalisateur, conquis par sa présence singulière, le confie ensuite dans Les Fantômes du chapelier en 1982, consolidant cette collaboration fondatrice. Cette double opportunité, obtenue en une seule année auprès de deux cinéastes majeurs, installe rapidement sa réputation d'acteur prometteur du cinéma français. Ce démarrage rapide, après plusieurs années de formation théâtrale, témoigne d'un talent immédiatement reconnu par la profession.
En 1983, L'Été meurtrier de Jean Becker, aux côtés d'Isabelle Adjani, lui vaut une première nomination au César du meilleur second rôle, doublée d'une autre pour Vive la sociale!. Il enchaîne les collaborations prestigieuses avec Bertrand Tavernier, Tony Gatlif, Claire Denis, Pierre Jolivet et Bertrand Blier tout au long des années 1980, sans toutefois occuper systématiquement le haut de l'affiche. En 1994, il livre l'une de ses meilleures prestations en incarnant un mari jaloux dans L'Enfer de Claude Chabrol, confirmant sa réputation de comédien atypique et mystérieux échappant à toutes les modes. Son premier grand succès populaire en tête d'affiche survient en 2006 avec Ne le dis à personne de Guillaume Canet, qui lui vaut enfin le César du meilleur acteur après vingt-cinq ans de carrière. Cinq ans plus tard, Intouchables d'Olivier Nakache et Éric Toledano, aux côtés d'Omar Sy, devient l'un des plus grands succès du cinéma français dans le monde, cumulant plusieurs dizaines de millions d'entrées en Europe.
Son déclic de vocation, survenu à onze ans en observant Jacques Brel pleurer sur scène dans L'Homme de la Mancha, reste l'influence fondatrice de toute sa carrière artistique. Sa formation auprès de Jean Périmony et Jean-Laurent Cochet, partagée avec d'autres grands noms du cinéma français, a nourri une technique rigoureuse qu'il a mise au service d'un jeu profondément personnel. Sa collaboration fondatrice avec Claude Chabrol, dès 1980, a également façonné sa conception d'un cinéma d'auteur exigeant, loin des seuls codes du cinéma populaire. Son rapprochement avec Philippe Pozzo di Borgo, l'inspirateur d'Intouchables, lors d'un séjour préparatoire à Essaouira, illustre également sa capacité à nourrir ses rôles d'une véritable rencontre humaine.
François Cluzet est reconnu pour un jeu intense et mystérieux, capable de conjuguer une intériorité trouble avec une présence physique marquante, échappant délibérément aux modes et aux étiquettes. Il excelle particulièrement dans les rôles d'hommes tourmentés ou en proie au doute, comme en témoignent ses collaborations répétées avec Claude Chabrol. Sa capacité à instiller une chaleur humaine sincère dans des rôles plus légers, notamment dans Intouchables, a révélé une facette plus accessible de son talent au grand public. Cette alliance entre exigence dramatique et sincérité populaire reste la marque la plus reconnaissable de son jeu d'acteur.
Sa collaboration la plus emblématique reste celle avec Claude Chabrol, son réalisateur fétiche dès 1980, avec qui il a tourné à plusieurs reprises jusqu'à L'Enfer en 1994. Il a également noué une relation professionnelle durable avec Guillaume Canet, qui lui offre en 2006 le rôle de Ne le dis à personne, son premier grand succès populaire en tête d'affiche. Sa participation à Intouchables, aux côtés d'Omar Sy sous la direction d'Olivier Nakache et Éric Toledano, illustre également sa capacité à porter des projets d'envergure internationale. Cette fidélité à certains cinéastes exigeants, tout en s'ouvrant à des succès populaires massifs, traverse l'ensemble de sa carrière de plus de quarante ans.
François Cluzet s'est publiquement engagé en faveur du régime des intermittents du spectacle, défendant leur cause lors de son discours d'ouverture de la cérémonie des César en 2014. Il s'est également rapproché de Philippe Pozzo di Borgo, dont l'histoire personnelle a inspiré Intouchables, développant une relation humaine sincère au-delà du seul cadre professionnel. Il continue de s'exprimer sur des sujets sociaux liés à la condition des artistes et à la solidarité au sein du monde du spectacle. Son engagement pour la défense du statut des intermittents illustre une conscience sociale affirmée, rare chez un acteur de sa notoriété.