Jeudi, 27 août 2026
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Tatsushi Ōmori

Parcours

Né le 4 septembre 1970 à Tokyo, Tatsushi Ōmori grandit dans une famille profondément liée aux arts de la scène : il est le fils du danseur de butō et acteur Akaji Maro, et le frère aîné de l'acteur Nao Ōmori. Sans vocation particulière pour le cinéma durant son adolescence, c'est pendant ses études de sociologie à l'université Komazawa qu'il développe peu à peu une passion pour le septième art. Diplômé, il débute d'abord comme acteur avant de devenir assistant réalisateur auprès de figures respectées du cinéma japonais telles que Haruhiko Arai, Junji Sakamoto et Kazuyuki Izutsu. Il passe derrière la caméra en 2005 avec Le Murmure des dieux, adaptation d'un roman de Mangetsu Hanamura lauréat du prix Akutagawa, sélectionnée en compétition à Locarno dans la catégorie Cinéastes du présent. Il lui faut ensuite cinq ans pour tourner son second long métrage, Le Pays de Kenta, Jun et Kayo, présenté au Forum de la Berlinale 2010 et récompensé du prix du jeune réalisateur par la Guilde des réalisateurs japonais. Il enchaîne dès lors les films à un rythme soutenu, entre adaptations littéraires comme Sayonara keikoku en 2013, chroniques sociales comme Dans un jardin qu'on dirait éternel en 2018, portrait de jeunesse marginale avec Tarō l'idiot la même année, et drame familial avec Le Lien du sang en 2020.

Inspirations et Influences

Son père, le danseur de butō Akaji Maro, et son frère, l'acteur Nao Ōmori, l'ont plongé dès l'enfance dans un univers artistique exigeant, même s'il ne se découvre une vocation de cinéaste que plus tardivement, à l'université. Son passage comme assistant auprès de réalisateurs engagés comme Haruhiko Arai ou Junji Sakamoto nourrit son goût pour un cinéma social et sans concession, attentif aux marges de la société japonaise. Il s'attache également à porter à l'écran des œuvres littéraires exigeantes, à l'image du roman primé de Mangetsu Hanamura adapté dans Le Murmure des dieux.

Style de réalisation

Tatsushi Ōmori privilégie une mise en scène frontale et sans complaisance, qui n'hésite pas à confronter le spectateur à des personnages marginaux, violents ou socialement rejetés. Il alterne les registres avec une grande liberté, passant d'un huis clos sur la cérémonie du thé dans Dans un jardin qu'on dirait éternel à l'errance sauvage et sans avenir de jeunes garçons dans Tarō l'idiot. Il n'hésite jamais à relever des défis de mise en scène ambitieux, comme diriger un acteur sans expérience aux côtés de comédiens en situation de handicap. Sa direction d'acteurs, précise et exigeante, cherche toujours à capter une vérité brute plutôt qu'une performance stylisée.

Distinctions (Oscars, César, Palme d'Or...)

Le Murmure des dieux, son premier long métrage, est sélectionné en compétition dans la section Cinéastes du présent au Festival international du film de Locarno en 2006. Il reçoit en 2010 le prix du jeune réalisateur décerné par la Guilde des réalisateurs de cinéma japonais pour Le Pays de Kenta, Jun et Kayo. En 2013, Sayonara keikoku est sélectionné en compétition pour le Prix d'or au Festival international du film de Moscou. En 2019, il remporte le Hōchi Film Award du meilleur réalisateur ainsi que le Dragon Award du meilleur film, prix du public du Festival international du film de Ljubljana, pour Dans un jardin qu'on dirait éternel. En 2021, Le Lien du sang lui vaut le prix Mainichi du meilleur film.

Collaborateurs réguliers

L'actrice Kirin Kiki tient dans Dans un jardin qu'on dirait éternel son tout dernier rôle, décédée un mois avant la sortie japonaise du film, ce qui confère à cette collaboration une dimension particulièrement émouvante. Son frère, l'acteur Nao Ōmori, apparaît à plusieurs reprises dans sa filmographie. Il retrouve également certains de ses mentors des débuts, notamment par la continuité stylistique qu'il entretient avec le cinéma social de Junji Sakamoto et Haruhiko Arai, dont il fut l'assistant.

Thèmes récurrents

La marginalité sociale, incarnée par des personnages rejetés ou en marge de la société japonaise, traverse une grande partie de son œuvre, de Tarō l'idiot au Murmure des dieux. La transmission entre générations, souvent teintée de nostalgie, occupe une place centrale dans Dans un jardin qu'on dirait éternel, à travers la relation entre une jeune femme et sa maîtresse de thé. Les liens du sang et les tensions familiales, parfois violentes, structurent également plusieurs de ses récits, comme le suggère le titre même de son film de 2020. La violence latente de la jeunesse désœuvrée, sans perspective d'avenir, constitue un autre motif récurrent de son cinéma.

🎬 Filmographie (1)

👥 Acteurs associés

🎬 Anecdotes

Le rôle tenu par l'actrice Kirin Kiki dans Dans un jardin qu'on dirait éternel s'est révélé être son tout dernier avant sa mort, survenue un mois avant la sortie du film au Japon. Pour son film Tarō l'idiot, sorti en 2019 après vingt-cinq ans de réflexion selon ses propres mots, Tatsushi Ōmori a dû relever le défi de diriger un acteur sans expérience ainsi que des comédiens en situation de handicap. Il doit attendre 2020, soit quinze ans après ses débuts, pour voir l'un de ses films sortir en salles en France, avec la distribution de Dans un jardin qu'on dirait éternel par Art House Films.

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