Né le 9 août 1974 à Hong Kong, Stephen Fung se fait d'abord connaître comme acteur et chanteur, révélé notamment dans Gen-X Cops en 1999 aux côtés de futures stars du cinéma hongkongais. Il passe à la réalisation en 2004 avec Enter the Phoenix, puis confirme avec House of Fury en 2005, comédie d'action qui rencontre un joli succès critique et populaire. En 2012, il fonde avec l'acteur et réalisateur Daniel Wu le studio de production Diversion Pictures et lance le diptyque Tai Chi Zero et Tai Chi Hero, fresque steampunk et martiale mêlant esthétique de jeu vidéo et arts martiaux traditionnels, présentée dans plusieurs grands festivals internationaux dont ceux de Venise, Toronto et Busan. Il se tourne ensuite vers la télévision internationale en réalisant plusieurs épisodes de la série Into the Badlands à partir de 2017, puis Wu Assassins en 2019 pour Netflix, avant de revenir au long métrage avec une adaptation du Comte de Monte-Cristo en 2022.
Acteur avant de devenir réalisateur, Stephen Fung développe un cinéma d'action nourri par sa propre expérience devant la caméra et par la tradition du cinéma de kung-fu hongkongais. Son travail sur la trilogie Tai Chi, mêlant steampunk, jeu vidéo et arts martiaux traditionnels, révèle une volonté assumée de moderniser les codes du genre pour toucher un public plus jeune et international. Il collabore étroitement avec des figures historiques du cinéma d'action hongkongais, comme le chorégraphe Sammo Hung, dont l'influence irrigue l'ensemble de son travail sur les combats.
Stephen Fung privilégie une mise en scène énergique et volontairement excessive, mêlant ralentis, effets numériques et esthétique de jeu vidéo, comme le montre la saga Tai Chi. Il assume une approche spectaculaire et parfois délibérément outrancière, où l'action prime sur la subtilité narrative, tout en conservant un réel savoir-faire pour les séquences chorégraphiées de combat. Sur ses productions télévisuelles plus récentes comme Into the Badlands et Wu Assassins, il conserve cette signature visuelle marquée par le style et le mouvement, adaptée aux exigences du format sériel international.
Stephen Fung n'a pas été distingué par les grandes cérémonies internationales du cinéma, mais Tai Chi Zero, premier volet de sa trilogie, est sélectionné dans plusieurs grands festivals internationaux, dont ceux de Venise, Toronto et Busan, confirmant une reconnaissance critique au-delà du marché asiatique.
Il forme un partenariat de production durable avec l'acteur et réalisateur Daniel Wu, cofondateur de Diversion Pictures et interprète de plusieurs de ses films. Il collabore également de façon récurrente avec le chorégraphe de combats Sammo Hung, figure emblématique du cinéma d'action hongkongais, ainsi qu'avec l'actrice Shu Qi et l'acteur Eddie Peng sur la saga Tai Chi.
Les arts martiaux traditionnels revisités à travers un prisme moderne et spectaculaire, cœur de la saga Tai Chi, structurent l'ensemble de son œuvre de réalisateur. Le choc entre tradition et modernité, incarné par l'irruption de la technologie occidentale dans un village chinois isolé, occupe également une place centrale dans son cinéma. L'action chorégraphiée comme spectacle total, hérité de sa propre carrière d'acteur, constitue enfin l'un des traits les plus reconnaissables de son travail de réalisateur.