Né le 16 juillet 1966 à Denver dans le Colorado, Scott Derrickson débute sa carrière dans le cinéma d'horreur avec Hellraiser : Inferno en 2000, avant de connaître une reconnaissance plus large avec L'Exorcisme d'Emily Rose en 2005, mêlant film de procès et horreur surnaturelle. Il poursuit avec Le Jour où la Terre s'arrêta en 2008, remake de science-fiction, puis Sinister en 2012, qui confirme son statut de spécialiste du cinéma d'épouvante psychologique. Il connaît une consécration hollywoodienne avec Doctor Strange en 2016 pour Marvel Studios, avant de revenir à ses racines horrifiques avec Black Phone en 2021, adaptation d'une nouvelle de Joe Hill saluée par la critique et le public. Il poursuit depuis une carrière alternant grand spectacle et cinéma d'horreur exigeant.
Derrickson revendique l'influence du cinéma d'horreur américain classique des années 1970 et 1980 pour son goût de la tension psychologique et du surnaturel ancré dans le réel. Il cite également l'influence de sa propre foi chrétienne pour L'Exorcisme d'Emily Rose, qu'il aborde avec une réflexion sincère sur la frontière entre possession démoniaque et maladie mentale. Son passage chez Marvel avec Doctor Strange témoigne par ailleurs d'un intérêt pour l'ésotérisme et le mysticisme visuel, qu'il transpose à l'univers des comics.
Sa mise en scène privilégie une tension psychologique lente et progressive, en particulier dans ses films d'horreur les plus personnels comme Sinister et Black Phone. Il affectionne le surnaturel ambigu, jouant sur le doute entre explication rationnelle et menace véritablement démoniaque. Sur Doctor Strange, il conserve cette sensibilité pour l'étrange tout en l'adaptant aux exigences du grand spectacle super-héroïque.
Scott Derrickson n'a pas reçu de récompense cinématographique majeure de type Oscar, mais Doctor Strange a connu un immense succès commercial international, confirmant sa capacité à porter des productions de grande envergure. Black Phone a également été salué par la critique comme l'un des meilleurs films d'horreur américains du début des années 2020.
Il a travaillé à plusieurs reprises avec le scénariste C. Robert Cargill, coauteur de Sinister, Doctor Strange et Black Phone, formant avec lui une collaboration créative durable. Il a également retrouvé l'acteur Ethan Hawke sur Sinister et Black Phone.
Le surnaturel ambigu et la frontière ténue entre folie et véritable menace démoniaque constituent le cœur de l'ensemble de son cinéma d'horreur. La foi et le doute spirituel, présents dès L'Exorcisme d'Emily Rose, traversent également une large partie de son œuvre. L'enfance menacée et la nécessité de trouver le courage face à l'adversité, centrales à Black Phone, occupent enfin une place importante dans son cinéma le plus récent.