Vendredi, 28 août 2026
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Narjiss Nejjar

Parcours

Née le 14 septembre 1971 à Tanger, Narjiss Nejjar est la fille de la romancière Noufissa Sbaï. Après un baccalauréat en arts plastiques à Rabat et un DEUG en communication et cinéma, elle s'installe à Paris en 1989 pour intégrer l'École supérieure de réalisation audiovisuelle, dont elle sort diplômée en 1995. Elle travaille ensuite comme assistante réalisatrice sur plusieurs films tout en signant ses premiers documentaires, L'Exigence de la dignité en 1994 puis Khaddouj, mémoire de Targha en 1996. En 1999, elle publie son premier roman, Cahiers d'empreintes, avant de fonder à Paris, en 2000, sa société de production Terre Sud Films. Elle réalise ensuite une trilogie de courts métrages entre 2001 et 2002, avant de signer en 2003 son premier long métrage de fiction, Les Yeux secs, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et récompensé du Bayard d'or du meilleur scénario au Festival de Namur. Elle poursuit avec Wake-Up Morocco (2006), participe au film collectif Terminus des anges (2010), puis signe L'Amante du Rif (2011) et Apatride (2017). Depuis 2018, Narjiss Nejjar dirige la cinémathèque marocaine à Rabat, au sein du Centre Cinématographique Marocain.

Inspirations et Influences

Son intérêt pour l'identité berbère et les minorités marocaines, qu'elle décrit elle-même comme le moteur des Yeux secs, nourrit une grande partie de son œuvre de fiction. Sa double formation, entre études artistiques à Rabat et école de cinéma à Paris, façonne un regard à la fois enraciné dans le réel marocain et ouvert aux formes narratives occidentales. Son travail de romancière, entamé avec Cahiers d'empreintes, infuse également son écriture cinématographique d'une dimension littéraire et poétique.

Style de réalisation

Nejjar privilégie un cinéma social ancré dans le monde rural et montagnard marocain, souvent ignoré des habitants des grandes villes, qu'elle filme sans complaisance ni misérabilisme excessif. Elle construit ses récits autour de communautés fermées et de leurs règles propres, comme le village exclusivement féminin des Yeux secs, pour mieux en interroger les logiques de domination. Sa mise en scène cherche à concilier une forme d'accessibilité narrative avec des sujets de société sensibles, touchant à la condition féminine et à la marginalité économique.

Distinctions (Oscars, César, Palme d'Or...)

Les Yeux secs remporte le prix de la première œuvre au Festival national marocain du film en 2003, ainsi que le Bayard d'or du meilleur scénario au Festival international du film francophone de Namur la même année. Le film est également sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, une reconnaissance internationale précoce pour la cinéaste.

Collaborateurs réguliers

Elle travaille dès ses débuts avec sa propre société de production, Terre Sud Films, fondée à Paris en 2000, qui accompagne l'essentiel de sa filmographie. Sa mère, la romancière Noufissa Sbaï, constitue une influence littéraire constante dans son parcours créatif.

Thèmes récurrents

La condition des femmes marocaines, en particulier dans les régions rurales et montagnardes, traverse l'ensemble de son œuvre, des Yeux secs à Apatride. L'identité berbère et les minorités, souvent enclavées économiquement, constituent également un motif central de son cinéma. Nejjar s'intéresse enfin aux communautés fermées et à leurs mécanismes internes de pouvoir, qu'elle interroge à travers le prisme de personnages féminins en quête d'émancipation.

🎬 Filmographie (1)

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