Nagisa Ōshima est une figure centrale de la Nouvelle Vague japonaise, un cinéaste qui a dynamité les codes du cinéma de son pays dès les années 60. Après avoir travaillé comme assistant chez Shochiku, il s'émancipe pour réaliser des films engagés, abordant des sujets tabous comme le racisme, la criminalité et la révolte politique. Son parcours est une quête permanente de liberté intellectuelle et formelle, culminant avec des œuvres provocatrices comme L'Empire des sens, qui a marqué durablement les esprits par son traitement frontal de l'érotisme. Ōshima n'a jamais hésité à mettre sa propre vision en péril pour interroger les structures du pouvoir et de la morale japonaise. Il reste une figure de proue de l'avant-garde mondiale. Son œuvre demeure une exploration courageuse de l'âme humaine en révolte.
Ōshima puise ses influences dans la philosophie politique, le marxisme et les mouvements de contestation étudiante des années 60 au Japon. Sa vision est également nourrie par la peinture, le théâtre classique japonais et la littérature de rupture, cherchant toujours à briser les cadres narratifs traditionnels. Il puise dans le cinéma européen, notamment la Nouvelle Vague française, pour repenser le rapport entre l'image et le réel. Sa passion pour l'histoire contemporaine du Japon influence chaque recoin de sa filmographie, transformant ses films en témoignages sociopolitiques puissants. Ses influences sont un mélange d'exigence intellectuelle et de désir viscéral de transformation.
Le cinéaste est reconnu pour sa mise en scène radicale, souvent caractérisée par une rigueur géométrique et un refus de l'emphase sentimentale. Il privilégie des compositions planes, presque picturales, et une gestion très précise de l'espace, soulignant souvent l'enfermement de ses personnages. Sa réalisation oscille entre le documentaire brut et une forme de stylisation érotique ou tragique, selon les sujets. Il maîtrise le contrepoint sonore et visuel, jouant souvent sur des dissonances pour installer un malaise ou une réflexion. Chaque plan est pensé comme un acte de contestation. C'est un cinéma de l'audace pure, où le cadre devient le terrain d'une confrontation réelle.
Nagisa Ōshima a reçu le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour Furyo, une œuvre qui a confirmé son prestige international. Bien qu'il ait souvent été marginalisé par les circuits officiels en raison de la nature controversée de ses films, il a été consacré par ses pairs comme l'un des plus grands auteurs de sa génération. Ses films ont été régulièrement sélectionnés dans les compétitions des plus grands festivals mondiaux. Il demeure une référence pour les cinéastes cherchant à conjuguer esthétique et engagement politique. Son héritage est immense, influençant de nombreux réalisateurs contemporains. Il reste un pilier incontesté du cinéma d'auteur mondial.
Sa collaboration avec sa femme et actrice, Akiko Koyama, a été essentielle, celle-ci apparaissant dans nombre de ses films avec une intensité remarquable. Il a su s'entourer de techniciens audacieux qui comprenaient sa volonté de repousser les limites de la représentation. Ses producteurs, notamment dans le cadre de ses productions indépendantes, ont pris des risques considérables pour permettre la réalisation de ses projets les plus radicaux. La confiance qu'il accordait à ses collaborateurs était le moteur de ses explorations les plus intimes. Ils formaient une troupe solidaire face à la censure et aux pressions politiques. Leur engagement commun est gravé dans chaque œuvre.
La révolte, la sexualité, le racisme, les racines coloniales du Japon et la violence politique occupent une place centrale dans son œuvre. Ses personnages sont souvent des marginaux ou des rebelles cherchant à briser les chaînes de la société. Le rapport entre désir et destruction, souvent exacerbé, structure une large part de ses récits. Il explore comment le passé impérial du Japon continue d'hanter le présent. Plus récemment, ses thèmes se sont élargis à la réflexion sur la liberté individuelle face aux structures étatiques. C'est un cinéma de la rupture, invitant sans cesse au questionnement et à la résistance.