Né le 23 mai 1984 à Tunis, Mehdi M. Barsaoui se forme au montage à l'Institut supérieur des arts multimédias de Tunis avant de partir en Italie pour compléter sa formation de cinéaste au DAMS de Bologne. Il réalise trois courts métrages remarqués dans les festivals internationaux, À ma place en 2010, Bobby en 2012 puis On est bien comme ça en 2016, ce dernier remportant le Muhr d'or du meilleur court métrage au Festival international du film de Dubaï. En 2019, il signe son premier long métrage, Un fils, tourné en Tunisie avec Sami Bouajila, qui est sélectionné dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise et vaut à son acteur principal le prix d'interprétation masculine. Le film représente la Tunisie dans la course aux Oscars du meilleur film international. Il poursuit sa carrière de scénariste, monteur et réalisateur en enchaînant les projets entre la Tunisie, la France et l'Italie, notamment le long métrage Aïcha, sorti en 2025. Il développe également C'était mieux demain, annoncé pour 2026.
Sa double formation, tunisienne puis italienne, façonne un regard de cinéaste attentif à la fois aux réalités sociales du Maghreb et à une tradition esthétique européenne exigeante. Son passage par le montage avant la réalisation nourrit une conscience aiguë du rythme et de la construction dramatique de ses récits. Mehdi M. Barsaoui s'inscrit dans la nouvelle vague du cinéma tunisien post-révolutionnaire, qui interroge les tensions entre tradition, modernité et violence politique dans une société en pleine mutation. Son intérêt pour les histoires familiales prises dans des contextes de crise sociale ou sécuritaire irrigue l'ensemble de sa filmographie, des courts métrages jusqu'à Un fils.
Le cinéma de Mehdi M. Barsaoui se distingue par une tension dramatique soutenue, où les événements politiques ou sociaux viennent bouleverser le quotidien de personnages ordinaires. Il privilégie une mise en scène réaliste, au plus près des corps et des émotions, qui doit beaucoup à son expérience de monteur. Un fils, thriller familial sur fond d'attentat terroriste, illustre sa capacité à faire cohabiter intime et politique sans jamais sacrifier l'un à l'autre. Il travaille avec des acteurs capables d'une grande intensité émotionnelle, qu'il place au centre de récits resserrés dans le temps et l'espace.
On est bien comme ça remporte le Muhr d'or du meilleur court métrage au Festival international du film de Dubaï en 2016. Un fils est sélectionné dans la section Orizzonti à la Mostra de Venise en 2019, où Sami Bouajila reçoit le prix du meilleur acteur, ainsi que le prix du jury œcuménique. Le film obtient également le prix du public au Festival international du film francophone de Namur la même année. Il est choisi pour représenter la Tunisie dans la course à l'Oscar du meilleur film international.
L'acteur Sami Bouajila, révélé dans le rôle principal d'Un fils, demeure associé au cinéma de Barsaoui comme l'une de ses collaborations les plus marquantes. Il travaille avec des producteurs et coproducteurs franco-tunisiens qui accompagnent le financement international de ses films, à l'image d'Un fils, coproduit entre la Tunisie, la France, le Liban et le Qatar. Mehdi M. Barsaoui continue en parallèle d'exercer comme premier assistant réalisateur et monteur sur d'autres productions, ce qui nourrit un réseau de collaborateurs techniques fidèles.
La famille confrontée à des événements extérieurs violents, qu'il s'agisse du terrorisme dans Un fils ou de tensions sociales plus larges, structure l'essentiel de son œuvre. La Tunisie contemporaine, ses fractures sociales et son rapport ambigu à la modernité après la révolution de 2011, sert de toile de fond récurrente. Les rapports de classe et les privilèges, incarnés par une famille tunisienne aisée confrontée brutalement à la violence dans Un fils, occupent également une place importante. Enfin, la question de la filiation et de la transmission, jusque dans le titre de son premier long métrage, revient comme un motif central de son cinéma.