Né le 14 décembre 1979 à Botkyrka, en Suède, Levan Akin est un réalisateur suédois d'origine géorgienne, ses parents ayant fait le même trajet que certains de ses personnages, de Batoumi jusqu'à Istanbul. Il se fait connaître avec And Then We Danced (2019), l'histoire de deux danseurs d'un ensemble folklorique géorgien tombant amoureux, présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et retenu comme candidat officiel de la Suède aux Oscars ; le film déclenche une vive controverse et des manifestations en Géorgie à sa sortie. Il réalise également plusieurs épisodes de la série Interview with the Vampire, adaptation télévisée du roman d'Anne Rice, dont il est aussi coproducteur exécutif. En 2024, il signe Crossing, qui suit une ancienne enseignante géorgienne partie à la recherche de sa nièce trans à Istanbul ; le film ouvre la section Panorama de la Berlinale 2024 et y remporte le Teddy Award du jury. Akin est devenu membre de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences en 2020.
Akin cite le film Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini comme référence pour l'usage de la danse et du chant comme formes de communication entre les personnages, plutôt que la parole. Le point de départ de Crossing lui vient d'une histoire entendue sur un grand-père géorgien ayant publiquement soutenu sa petite-fille trans, qui l'a amené à s'interroger sur la réaction qu'auraient eue ses propres grands-parents.
Son cinéma, tourné avec sensibilité et humanisme, explore les questions de classe, de genre et de sexualité à travers des personnages en quête d'acceptation, souvent dans des sociétés marquées par l'homophobie ou la fermeture culturelle. La danse et le corps y occupent une place centrale comme vecteurs d'émotion et de réconciliation.
And Then We Danced a remporté le Guldbagge Award du meilleur film en 2019 et a été sélectionné comme candidat suédois à l'Oscar du meilleur film international. Crossing a reçu le Teddy Award du jury à la Berlinale 2024.
Son œuvre revient sur l'acceptation de soi et des autres au sein de sociétés marquées par l'homophobie ou la transphobie, sur le poids des générations et de l'héritage soviétique, ainsi que sur les liens qui unissent la Géorgie à ses diasporas.