Né en 1975, Julien Maury a très tôt développé une passion pour l'image et le graphisme, se formant aux arts visuels avant de se tourner vers le cinéma. Il a rencontré Alexandre Bustillo très jeune, et ensemble, ils ont décidé de conquérir le monde de l'horreur avec une approche résolument graphique. Leur premier long métrage, "À l'intérieur", a marqué les esprits par son audace visuelle, imposant un nouveau standard pour le cinéma de genre français. En parallèle, il a réalisé de nombreux clips musicaux et courts métrages, affinant son sens de l'esthétique et du rythme. Avec des films comme "Livide" ou "Le Manoir", il a confirmé son statut de maître du fantastique visuel. Aujourd'hui, il est reconnu comme un artiste complet, capable de transformer chaque plan en une œuvre d'art macabre.
Julien Maury puise son inspiration dans la bande dessinée européenne, admirant des auteurs comme Moebius ou Enki Bilal pour leurs univers oniriques. Il est également marqué par le cinéma surrealiste et les œuvres de Jean Cocteau, dont il adopte la poésie sombre et les métaphores visuelles. Son amour pour les contes de fées détournés nourrit ses récits, qu'il conçoit comme des légendes noires pour adultes. Il s'inspire aussi de la peinture symboliste, cherchant à créer des images chargées de mystère et de symbolisme. Cette hybridation entre le graphisme pur et le cinéma narratif donne à son œuvre une identité visuelle unique. Il cherche toujours à créer des images qui frappent la rétine avant même de toucher l'esprit.
Son style se caractérise par une mise en scène hautement stylisée, privilégiant les couleurs saturées et les compositions géométriques. Il utilise des décors très travaillés et des accessoires symboliques, créant des univers clos qui ressemblent à des maisons de poupées macabres. La direction d'acteur est souvent minimaliste, les interprètes servant de pions dans un échiquier visuel parfaitement maîtrisé. Le rythme de ses films est hypnotique, alternant entre des plans fixes d'une beauté glaciale et des séquences d'une violence soudaine. Cette approche picturale et onirique fait de ses films des expériences visuelles inoubliables. Il parvient à élever le cinéma d'horreur au rang d'art contemporain, où chaque cadre pourrait être exposé dans une galerie.
Julien Maury a été salué par la critique internationale pour son travail visuel, remportant des prix dans les festivals de genre européens. Son travail a été reconnu au Festival de Bruxelles et au Fantasia Film Festival, où son esthétique graphique est très admirée. Il a également reçu des distinctions pour ses clips musicaux, salués pour leur inventivité et leur audace. Bien que son cinéma soit souvent considéré comme trop artistique pour le grand public, son influence sur le genre est immense. Il demeure l'un des esthètes les plus respectés de sa génération, ayant redéfini les codes visuels de l'horreur contemporaine.
Il a formé un duo artistique indissociable avec Alexandre Bustillo, avec qui il partage une vision commune du cinéma de genre. Les décorateurs et accessoiristes qui l'entourent sont essentiels à son travail, créant des univers d'une richesse visuelle stupéfiante. Il travaille régulièrement avec des directeurs de la photographie qui comprennent son amour pour les couleurs primaires et les contrastes forts. Les acteurs de ses films apprécient sa capacité à les intégrer dans des univers visuels très précis, leur donnant des indications très physiques. Ces alliances solides lui permettent de maintenir une qualité d'exécution exceptionnelle, digne des plus grandes productions. Cette fidélité à ses équipes techniques est la clé de la cohérence graphique de son univers.
Le conte détourné et la féerie noire sont au cœur de son œuvre, explorant les côtés sombres des légendes d'enfance. Il aime mettre en scène des maisons hantées et des lieux clos, qui deviennent des personnages à part entière dans ses récits. La folie et la perte de réalité sont des motifs récurrents, traités avec une esthétique qui brouille les frontières entre le rêve et le cauchemar. Il célèbre aussi la beauté de la mort, suggérant que le macabre possède une grâce particulière. Ces thèmes universels sont abordés avec une poésie rare, faisant de ses films des contes visuels envoûtants. Son cinéma invite à explorer les recoins les plus sombres de l'imaginaire, offrant un refuge pour les amateurs de beautés étranges.