Kim Ji-hoon naît le 3 juillet 1971 à Daegu, en Corée du Sud. Diplômé du département de théâtre et d'art cinématographique de l'université de Hanyang à Séoul, il travaille d'abord comme assistant réalisateur sur plusieurs films avant de signer son premier long métrage, Mokpo, Gangster's Paradise, en 2004. Il connaît une première reconnaissance critique en 2007 avec May 18, drame consacré au massacre de Gwangju de 1980, qui lui vaut le prix du meilleur réalisateur aux Korea Movie Star Awards. Il se spécialise ensuite dans le cinéma catastrophe à grand spectacle avec Sector 7 en 2011, film de monstre marin critiqué pour ses effets numériques jugés insuffisants, puis avec The Tower en 2012, récit d'un incendie dans une tour de grand standing porté par un casting prestigieux. Après plusieurs années de développement compliqué pour son projet suivant, il revient en 2021 avec Sinkhole, comédie catastrophique sur un immeuble englouti par un gouffre géant, immense succès populaire en Corée du Sud qui renouvelle son approche du genre en y intégrant davantage d'humour.
Ses propres souvenirs d'enfance nourrissent directement son goût pour le cinéma catastrophe : sa première visite à Séoul et sa fascination pour l'immeuble du 63 Building, dont il imaginait déjà y être piégé, ainsi qu'un épisode traumatisant où il est resté coincé dans un ascenseur, qu'il décrit comme le moment où il a pour la première fois ressenti une véritable terreur. Le genre du film catastrophe hollywoodien classique, notamment les récits de tours en feu à la Towering Inferno, constitue une influence assumée de ses grandes productions.
Kim Ji-hoon privilégie le grand spectacle catastrophique porté par des effets visuels ambitieux, qu'il s'agisse d'incendies, de créatures marines ou d'effondrements géologiques d'ampleur inédite. Avec Sinkhole, il opère un tournant vers un ton plus léger et comique, mêlant mésaventures cocasses et tension dramatique, une approche qui tranche avec la gravité de ses productions précédentes comme The Tower ou May 18. Il accorde une attention particulière à la dimension sociale de ses récits, abordant notamment la crise du logement et la spéculation immobilière à travers le prisme du divertissement populaire.
May 18 lui vaut le prix du meilleur réalisateur aux Korea Movie Star Awards en 2008, une reconnaissance rare pour un film traitant d'un épisode aussi sensible de l'histoire coréenne contemporaine. Sinkhole a également connu un immense succès commercial, se hissant en tête du box-office sud-coréen dès sa sortie en 2021.
Il retrouve à plusieurs reprises l'acteur Ahn Sung-ki, présent dans The Tower et Sector 7. Sur Sinkhole, il rassemble un casting populaire du cinéma comique coréen, dont Cha Seung-won, Kim Sung-kyun et Lee Kwang-soo.
Les catastrophes urbaines à grande échelle, qu'elles frappent des tours d'habitation, des plateformes pétrolières ou des immeubles résidentiels, structurent l'essentiel de sa filmographie. La solidarité entre voisins ou collègues ordinaires confrontés à l'urgence, ainsi qu'une critique sociale sous-jacente de la crise du logement en Corée du Sud, traversent également plusieurs de ses films les plus récents.