Né le 20 mars 1924 à Paris, Jean-Pierre Marchand débute sa carrière comme assistant auprès de grands noms du cinéma français, notamment Yves Allégret, Henri-Georges Clouzot, Louis Daquin, Gérard Philipe et Joris Ivens. Il devient réalisateur pour la télévision à partir de 1960, en signant une série de documentaires consacrés à l'indépendance des colonies françaises en Afrique. Il réalise ensuite de nombreuses fictions en vidéo et en direct pour des émissions emblématiques de la télévision française comme En votre âme et conscience, La caméra explore le temps et Les Cinq Dernières Minutes, tout en collaborant à des magazines de reportage comme Cinq colonnes à la une. Il signe également plusieurs longs métrages pour le grand écran, dont Julie de Chaverny en 1966 et Le Parfait amour en 1986, ce dernier porté par Pierre Arditi. Sa carrière se poursuit jusqu'au début des années 1990, avec notamment le film Pétain en 1993.
Formé au contact de cinéastes majeurs comme Clouzot et Daquin durant ses années d'assistanat, Jean-Pierre Marchand développe une exigence de mise en scène nourrie par cette proximité avec les grands noms du cinéma français d'après-guerre. Militant communiste de longue date et fondateur du Syndicat français des réalisateurs CGT, il porte un regard engagé sur les enjeux sociaux et politiques de son temps, qui infuse une partie de son œuvre télévisuelle. Sa collaboration avec le scénariste Jean Cosmos témoigne également de son attachement à un cinéma de fiction exigeant, ancré dans la réalité historique et sociale.
Jean-Pierre Marchand privilégie une mise en scène rigoureuse, héritée de son expérience de la fiction en direct pour la télévision des années 1960 et 1970, format particulièrement exigeant pour les réalisateurs de l'époque. Son travail de documentariste sur la décolonisation africaine témoigne d'une approche journalistique attentive aux bouleversements historiques de son temps. Sa fidélité aux formats classiques de la dramatique télévisée française, entre policier et fresque historique, structure l'essentiel de sa filmographie.
Jean-Pierre Marchand n'a pas été distingué par les grandes cérémonies du cinéma français, sa carrière s'étant principalement construite dans le cadre exigeant mais moins médiatisé de la fiction télévisuelle. Son engagement syndical, en tant que secrétaire général du Syndicat français des réalisateurs de télévision de 1968 à 1983, constitue une reconnaissance professionnelle importante de la part de ses pairs.
Il collabore à plusieurs reprises avec le scénariste Jean Cosmos, ainsi qu'avec l'acteur Pierre Arditi, interprète principal du Parfait amour. Son parcours syndical l'amène également à travailler aux côtés de collègues réalisateurs comme Paul Seban et Jean Lallier, avec lesquels il partage la direction du Syndicat français des réalisateurs de télévision.
L'histoire politique et coloniale française, notamment la décolonisation de l'Afrique, occupe une place centrale dans son travail de documentariste des débuts. Le polar et l'enquête judiciaire, explorés à travers des dramatiques comme En votre âme et conscience et Les Cinq Dernières Minutes, structurent une large partie de sa filmographie télévisuelle. L'engagement social et politique, cohérent avec son parcours militant, transparaît enfin dans plusieurs de ses fictions les plus marquantes, jusqu'à son film consacré à la figure controversée de Pétain.