Jeudi, 27 août 2026
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Jérôme Boivin

Parcours

Né Alain Boivin le 19 juillet 1954 à Sens, dans l'Yonne, Jérôme Boivin se fait connaître en 1989 avec Baxter, un drame fantastique librement adapté du roman de Ken Greenhall Des tueurs pas comme les autres. Le film, sélectionné à Avoriaz, raconte l'histoire d'un bull-terrier doté de pensées propres, confronté tour à tour à une vieille dame recluse, un jeune couple négligent puis un adolescent fasciné par Hitler, coécrit avec Jacques Audiard alors encore débutant. Fort de cette œuvre culte et dérangeante, il tourne en 1992 Confessions d'un barjo, adaptation d'un roman de Philip K. Dick portée par Richard Bohringer, Anne Brochet et Hippolyte Girardot, également coécrite avec Jacques Audiard. Le film connaît un accueil commercial décevant, ce qui infléchit sa trajectoire de cinéaste de longs métrages pour le grand écran. Il tourne ensuite Vertiges en 1997, avant de se réorienter progressivement vers la réalisation de téléfilms pour la télévision française, notamment plusieurs épisodes de la série Maigret. Depuis 2010, il enseigne également le scénario et la mise en scène, transmettant son expérience aux jeunes générations de cinéastes.

Inspirations et Influences

Son adaptation du roman de Ken Greenhall pour Baxter témoigne d'un goût prononcé pour le fantastique social, capable de porter un regard critique sur l'humanité à travers le prisme décalé d'un animal pensant. Sa collaboration avec le jeune Jacques Audiard, alors dialoguiste débutant, sur ses deux premiers films, façonne un ton mordant et cruel caractéristique de sa période la plus créative. Il s'inscrit dans la lignée d'une génération de cinéastes français des années 1990, aux côtés de réalisateurs comme Alain Robak ou Pierre Jolivet, qui cherchaient à faire émerger un cinéma de genre singulier en France.

Style de réalisation

Jérôme Boivin s'est distingué par un regard décalé et souvent cruel sur la nature humaine, qu'il donne à voir à travers des dispositifs narratifs originaux, comme la voix intérieure d'un chien dans Baxter. Son cinéma des débuts n'hésite pas à mêler l'horreur, l'humour noir et la critique sociale, en s'attaquant à des sujets dérangeants avec une économie de moyens assumée. Sa collaboration avec Jacques Audiard sur les dialogues confère à ses deux premiers longs métrages une causticité et une noirceur particulièrement marquées pour le cinéma français de l'époque.

Distinctions (Oscars, César, Palme d'Or...)

Aucune récompense de festival ou d'académie majeure n'est à ce jour recensée pour Jérôme Boivin, dont l'œuvre a surtout acquis, au fil des années, un statut culte auprès des amateurs de cinéma fantastique français.

Collaborateurs réguliers

Jacques Audiard, alors encore scénariste débutant, cosigne les dialogues de ses deux premiers longs métrages, Baxter et Confessions d'un barjo, une collaboration déterminante dans la tonalité mordante de ces films. L'acteur Richard Bohringer, tête d'affiche de Confessions d'un barjo, et l'actrice Evelyne Didi, présente dans Baxter, comptent parmi les interprètes avec lesquels il a le plus tourné.

Thèmes récurrents

La cruauté ordinaire des rapports humains, observée à travers un regard extérieur et décalé, structure l'ensemble de son œuvre la plus personnelle, à commencer par Baxter. La solitude et l'incommunicabilité, qu'il s'agisse d'une vieille femme recluse, d'un couple sans enfant ou d'un adolescent fasciné par la violence, reviennent de manière récurrente dans ses films des années 1990. Le fantastique teinté de critique sociale, rare dans le cinéma français de cette époque, demeure la marque la plus singulière de sa filmographie.

🎬 Filmographie (1)

👥 Acteurs associés

🎬 Anecdotes

Pour la voix intérieure de Baxter, le chien pensant du film, Jérôme Boivin envisage d'abord de faire appel à un enfant, puis songe à l'acteur Michael Lonsdale, avant d'arrêter finalement son choix sur la voix étrange et reconnaissable de Maxime Leroux. Baxter, sorti dans seulement dix salles parisiennes en janvier 1989 avec une interdiction aux moins de treize ans, devient malgré cette sortie confidentielle un film culte du cinéma fantastique français. Confessions d'un barjo, sa deuxième collaboration avec Jacques Audiard, adapte un roman de Philip K. Dick, l'auteur qui inspirera plus tard Blade Runner.