Né en 1981 en Tchécoslovaquie de parents ayant fui l'Irak, Fenar Ahmad arrive au Danemark en 1986 en tant que réfugié irakien, après le passage de son père par le camp de Sandholm, et grandit dans le quartier de Holmbladsgade, sur l'île d'Amager à Copenhague. Il se forme à la réalisation à l'école de cinéma alternative Super16, dont il sort diplômé en 2010, après avoir réalisé plusieurs documentaires dès 2004, dont Nice To Meet You (2006), primé au festival Salaam.dk. Son court métrage Megaheavy (2009), qui suit un adolescent de quatorze ans aux prises avec sa sexualité, est sélectionné à la Berlinale et remporte un prix Robert du meilleur court métrage de fiction. La même année, il reçoit le premier prix du Gulf Film Festival pour son film Mesopotamia. Il signe en 2014 son premier long métrage, Ækte vare (Flow), drame social sur fond de scène rap tourné dans la banlieue ouvrière de Copenhague, présenté en ouverture du festival CPH:PIX puis au Festival du film de Londres. Son second long métrage, le film de vengeance Underverden (2017), tourné en partie dans son quartier d'enfance avec des interprètes qui y ont eux-mêmes grandi, rencontre un grand succès critique et commercial avec plus de 173 000 entrées. Il réalise ensuite Valhalla (2019), adaptation en prises de vues réelles de la mythologie nordique, puis Underverden II (2023), suite de son deuxième long métrage.
Le parcours personnel de Fenar Ahmad, arrivé au Danemark comme réfugié irakien puis élevé dans un quartier populaire de Copenhague, nourrit directement des films comme Underverden, dont plusieurs interprètes ont grandi dans le même quartier que lui, dont son propre frère cadet. Il revendique une influence directe du cinéaste danois Bille August, allant jusqu'à glisser dans Underverden une citation visuelle de son film Zappa, passée largement inaperçue de la critique lors de la sortie. Sa formation à l'école Super16, connue pour son approche indépendante et son exigence technique, façonne durablement sa manière de travailler l'image et le son. Il affirme vouloir s'éloigner d'une forme de fatalisme et de posture victimaire qu'il perçoit dans une partie du cinéma danois contemporain, préférant des récits plus affirmés sur la violence et l'intégration.
Fenar Ahmad développe un cinéma social et urbain, porté par des dialogues improvisés proches du langage parlé dans les quartiers populaires danois, en particulier dans Ækte vare. Son écriture visuelle privilégie une esthétique âpre et immersive, nourrie par une bande-son hip-hop et une attention particulière portée aux sous-cultures urbaines. Il n'hésite pas à mêler l'intime et le politique, en filmant des sujets de société tels que l'intégration ou la violence des gangs à travers le prisme du drame familial et personnel. Avec Valhalla, il élargit son registre au film de genre fantastique, prouvant sa capacité à passer du drame social contemporain à la reconstitution mythologique.
Fenar Ahmad remporte un prix Robert, la plus haute distinction du cinéma danois, pour son court métrage Megaheavy, sélectionné par ailleurs à la Berlinale. Il reçoit également le premier prix du Gulf Film Festival dans la catégorie compétition officielle de courts métrages pour Mesopotamia. Son documentaire Nice To Meet You est distingué au festival Salaam.dk. Underverden, son second long métrage, est un succès critique et public majeur au Danemark, avec plus de 173 000 entrées en salles.
Le scénariste Anders Ølholm cosigne le scénario de son premier long métrage, Ækte vare. Les acteurs Dar Salim, Dulfi Al-Jabouri et Ali Sivandi, tous originaires comme lui du quartier d'Amager, l'accompagnent notamment sur Underverden, dont le tournage a également permis à son propre frère cadet d'apparaître à l'écran. Le rappeur danois Benny Jamz fait partie de la distribution de son film Ækte vare, ancrant le film dans la scène musicale urbaine qui l'a nourri.
L'intégration et la place des enfants d'immigrés dans la société danoise reviennent comme un fil conducteur de son œuvre, de Ækte vare à Underverden. La violence sociale et les logiques de bande, observées depuis l'intérieur d'un quartier populaire qu'il connaît intimement, structurent ses deux premiers longs métrages. La question de la masculinité, de la loyauté familiale et de la vengeance occupe une place centrale dans le diptyque Underverden. Enfin, avec Valhalla, il investit également le terrain de la mythologie nordique, montrant un attachement plus large aux récits fondateurs de l'identité danoise.