Diplômé de l'école de cinéma de Beaconsfield, en Angleterre, le réalisateur israélien Eran Riklis débute avec le drame sportif Cup Final (1991), puis signe en 1999 le documentaire Frontières, consacré aux mariages entre populations séparées par la frontière israélo-syrienne. Il prolonge cette thématique en 2004 avec La Fiancée syrienne, coécrit avec la journaliste palestinienne Suha Arraf, qui suit le mariage d'une jeune femme druze du Golan contrainte de quitter à jamais sa famille pour rejoindre son époux en Syrie ; le film rencontre un grand succès critique et public en Israël. Il enchaîne avec Les Citronniers (2008), Le Voyage du directeur des ressources humaines (2010), Zaytoun (2012) et Mon fils (2014), puis réalise plus récemment Le Dossier Mona Lina (2017), Spider in the Web (2019) et Lire Lolita à Téhéran (2024), sans oublier la série The Abduction of Yossele Schumacher (2022).
Son cinéma s'inspire directement de la géographie politique du Proche-Orient et des situations administratives absurdes qu'elle engendre pour les populations civiles, en particulier les Druzes du Golan, dont le statut d'apatrides le préoccupe depuis son documentaire Frontières.
Eran Riklis privilégie un regard humaniste et nuancé, refusant le manichéisme habituel des œuvres traitant du conflit israélo-arabe, pour donner à voir des personnages complexes pris dans des situations dont ils ne sont pas responsables.
La Fiancée syrienne connaît un important succès public en Israël, avec plus de cent mille entrées en dix semaines, et obtient plusieurs récompenses dans des festivals internationaux.
La scénariste et journaliste palestinienne Suha Arraf a cosigné plusieurs de ses films, dont La Fiancée syrienne. L'actrice Hiam Abbass est également une interprète récurrente de son cinéma.
Les frontières, qu'elles soient physiques ou administratives, et leurs conséquences absurdes sur la vie des familles séparées reviennent constamment dans son œuvre, tout comme la condition des femmes prises entre tradition et modernité au Proche-Orient.