Originaire de Floride, Daniel Myrick étudie le cinéma à l'université de Floride centrale, où il rencontre ceux qui deviendront ses partenaires créatifs, Eduardo Sánchez et le producteur Gregg Hale. Après ses études, il travaille comme monteur et chef opérateur sur plusieurs productions indépendantes tout en réalisant des courts métrages, dont Salvation, premier volet d'une trilogie tournée avec Sánchez et Hale. Il crée également la série télévisée Split Screen, diffusée entre 1997 et 2000. En 1999, il coécrit, coréalise et comonte avec Eduardo Sánchez Le Projet Blair Witch, tourné avec un budget dérisoire d'environ 60 000 dollars et devenu, au regard de son coût, l'un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma. Le succès phénoménal du film, avoisinant les 250 millions de dollars de recettes mondiales, propulse Myrick sur le devant de la scène hollywoodienne. Il poursuit sa carrière avec des projets plus confidentiels, notamment un thriller paranormal en contexte militaire, ainsi que les films Skyman en 2019 et Triple 7 en 2024, sans jamais retrouver l'ampleur de son premier succès.
Passionné depuis l'enfance par les phénomènes paranormaux et les documentaires cryptozoologiques à la manière d'In Search Of, Myrick a construit Le Projet Blair Witch sur cette fascination pour le mystère non résolu. Le film Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, pionnier du found footage, constitue une influence directement revendiquée dans sa manière de mêler fiction et esthétique documentaire. Les récits de créatures énigmatiques telles que Bigfoot, dont le caractère prétendument authentique l'a marqué jeune, nourrissent son approche du surnaturel comme extension du réel plutôt que comme pur spectacle.
Myrick privilégie une esthétique minimaliste, fondée sur la caméra portée et l'absence d'effets spéciaux, misant sur la suggestion et la tension psychologique plutôt que sur la monstration explicite de la menace. Sa direction, façonnée par des indications volontairement limitées données aux acteurs, cherche à préserver une spontanéité et une peur authentique à l'écran. Le found footage, qu'il a contribué à populariser à grande échelle, reste la marque de fabrique la plus identifiable de son travail. Ses films suivants, plus classiques dans leur forme, n'ont cependant pas retrouvé la radicalité formelle de ses débuts.
Le Projet Blair Witch a été récompensé au Festival de Cannes 1999 par le prix du meilleur film étranger, ainsi que par le grand prix du Puchon International Fantastic Film Festival et une mention spéciale au Festival international du film de Catalogne. Le film a également remporté le prix du meilleur film aux Independent Spirit Awards en 2000, catégorie réservée aux productions à très petit budget. Ces récompenses saluaient avant tout la performance collective du trio Myrick-Sánchez-Hale plutôt que Myrick à titre individuel.
Eduardo Sánchez demeure son collaborateur le plus constant, les deux hommes ayant coécrit et coréalisé Le Projet Blair Witch ainsi que plusieurs projets dérivés. Le producteur Gregg Hale, rencontré dès leurs études, a accompagné la majeure partie de sa carrière, tout comme la société de production Haxan Films, fondée avec Sánchez, Hale, Robin Cowie et Michael Monello. L'acteur Michael C. Williams, révélé par Le Projet Blair Witch, a retrouvé Myrick dans plusieurs de ses projets ultérieurs.
La confrontation de personnages ordinaires à une menace surnaturelle ou inexpliquée irrigue l'essentiel de sa filmographie, du Projet Blair Witch à Skyman. La désorientation progressive, qu'elle soit géographique ou psychologique, sert souvent de moteur dramatique à ses récits. La fragilité du groupe face à l'isolement et à la peur, thème central du Projet Blair Witch, revient dans plusieurs de ses films suivants. Enfin, la porosité entre document et fiction, entre vérité et mise en scène, reste une préoccupation constante de son cinéma.