Né le 23 septembre 1978 à Bergen, sur l'île de Rügen en République démocratique allemande, Christian Schwochow grandit dans une famille marquée par le cinéma : sa mère Heide Schwochow est journaliste et scénariste, tandis que son oncle Siegfried Hartmann réalisait des films pour enfants à la DEFA. La famille émigre à Hanovre peu après la chute du mur de Berlin en 1989. Après des débuts comme journaliste-reporter pour la télévision, il se forme à l'Académie du film de Bade-Wurtemberg, dont il sort diplômé en 2008, et signe son premier long métrage professionnel, L'Enfant de novembre, la même année. Il enchaîne avec L'Invisible en 2011, présenté dans de nombreux festivals internationaux, puis connaît une reconnaissance critique majeure avec De l'autre côté du mur en 2013, récompensé du prix du public au Festival de Berlin. Il tourne ensuite son premier biopic, Paula, consacré à la peintre Paula Modersohn-Becker, présenté en première mondiale au Festival de Locarno en 2016, avant de réaliser sa première série, Bad Banks, saluée par le prix de la meilleure réalisation aux Deutscher Fernsehpreis. À partir de 2019, il devient l'un des réalisateurs réguliers de la série The Crown pour Netflix, mettant notamment en scène les derniers mois de la princesse Diana dans la sixième saison, tout en poursuivant une carrière de cinéaste avec La Leçon d'allemand, Je suis Karl et L'Étau de Munich, tous sortis en 2021.
Fils d'une scénariste avec laquelle il coécrit une grande partie de ses films, Christian Schwochow développe un cinéma profondément marqué par l'histoire allemande du XXe siècle, en particulier celle de la RDA et de la réunification, héritage direct de sa propre enfance passée entre Berlin-Est, Leipzig et Hanovre. Son passage par le journalisme télévisuel nourrit son goût pour une reconstitution historique rigoureuse et documentée, sensible aussi bien dans L'Étau de Munich que dans La Leçon d'allemand. La montée des mouvements identitaires européens contemporains, qu'il explore frontalement dans Je suis Karl, témoigne également d'un cinéaste attentif aux résonances actuelles des dérives politiques du passé.
Schwochow privilégie une mise en scène sobre et maîtrisée, attentive à la reconstitution d'époque et à la tension psychologique de ses personnages, qu'il s'agisse de la veille de la Seconde Guerre mondiale dans L'Étau de Munich ou de la radicalisation d'une jeune femme dans Je suis Karl. Son expérience de la télévision haut de gamme, en particulier sur The Crown, lui permet de conjuguer exigence visuelle et rigueur narrative sur des productions à grand déploiement. Il privilégie une approche nuancée des enjeux moraux et politiques de ses récits, refusant les simplifications au profit d'une exploration fine des dilemmes individuels face à l'Histoire.
De l'autre côté du mur remporte le prix du public au Festival de Berlin en 2013, tandis que Christian Schwochow reçoit une mention spéciale au Festival d'Arras la même année. Il obtient le prix de la meilleure réalisation pour une série aux Deutscher Fernsehpreis en 2019 pour Bad Banks, série également saluée par le prestigieux Grimme-Preis. Son travail sur The Crown lui vaut une reconnaissance internationale accrue, la série ayant cumulé plus de quarante récompenses et près de deux cents nominations au fil de ses saisons.
Sa mère, la scénariste Heide Schwochow, coécrit une large partie de ses films, de L'Enfant de novembre à L'Étau de Munich. Il dirige à plusieurs reprises les acteurs Ulrich Matthes, Jannis Niewöhner et Anna Maria Mühe, ainsi que le romancier et scénariste Robert Harris sur L'Étau de Munich, adapté de son propre roman. Sur The Crown, il travaille avec l'ensemble des producteurs de la série, notamment lors de la sixième et dernière saison consacrée aux derniers mois de la princesse Diana.
La mémoire de la division allemande et de la réunification, souvent vue à travers des figures individuelles confrontées à l'Histoire collective, structure une large part de son œuvre, de L'Enfant de novembre à De l'autre côté du mur. La montée des extrémismes politiques et leur emprise sur la jeunesse contemporaine occupe une place centrale dans Je suis Karl. Le poids des choix individuels face aux grands bouleversements historiques, qu'il s'agisse de la Seconde Guerre mondiale ou de la monarchie britannique contemporaine, constitue enfin un fil conducteur essentiel de son cinéma comme de son travail télévisuel.