Né en 1954 à Grignols, en Dordogne, Christian Faure débute sa carrière artistique dans sa ville natale en fondant une troupe de théâtre amateur, les Tréteaux du Vern, pour laquelle il écrit également deux pièces. Il entre ensuite dans le cinéma par l'écriture, en signant le scénario de Champ d'honneur de Jean-Pierre Denis en 1987, avant de devenir assistant réalisateur sur le tournage de Vincent et Théo de Robert Altman en 1989. Il se tourne ensuite vers la réalisation pour la télévision, enchaînant épisodes de séries et téléfilms tout au long des années 1990, dont Loin des yeux ou L'Enfant perdu. En 2000, il réalise Juste une question d'amour, l'un des tout premiers téléfilms à aborder frontalement l'homosexualité en première partie de soirée sur une chaîne publique française, qui rencontre une audience inespérée. Il confirme cet engagement avec Un amour à taire en 2005, consacré à la déportation de deux homosexuels français pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de réaliser en 2006 son premier long métrage pour le cinéma, Les Hauts Murs, retour sur l'affaire Marie Besnard. Il poursuit depuis une abondante carrière de réalisateur de téléfilms engagés, parmi lesquels La Loi consacré à Simone Veil, ou plus récemment Le Diable au cœur et Les Sandales blanches.
Sa formation d'assistant réalisateur auprès de Robert Altman sur Vincent et Théo lui transmet le goût d'une direction d'acteurs attentive et d'une mise en scène au service du sujet plutôt que de l'esbroufe formelle. Son engagement personnel en faveur de la visibilité des questions LGBT à la télévision française, initié dès Juste une question d'amour, façonne une grande partie de son parcours et fait de lui l'un des pionniers du téléfilm social engagé sur ces sujets. Il s'inscrit plus largement dans une tradition du téléfilm français à vocation historique et mémorielle, attaché à donner corps à des figures ou des épisodes méconnus de l'Histoire.
Christian Faure privilégie une mise en scène sobre et efficace, résolument au service du récit et de l'émotion, caractéristique du meilleur téléfilm français grand public. Son travail se distingue par une attention particulière portée à la reconstitution historique et à la justesse des interprétations, en particulier lorsqu'il aborde des sujets sensibles comme la déportation ou les discriminations. Cette rigueur, alliée à un sens aigu du rythme narratif hérité de son expérience de scénariste, lui permet de traiter des sujets de société exigeants tout en conservant une large accessibilité populaire.
Un amour à taire reçoit le prix spécial du jury au Festival international du film de Luchon en 2005, saluant l'importance de son sujet et la qualité de sa réalisation.
Christian Faure a dirigé à plusieurs reprises des comédiens fidèles à ses projets télévisuels, parmi lesquels Guy Marchand, France Zobda et Firmine Richard sur plusieurs téléfilms consacrés à l'outre-mer, ainsi que Jérémie Renier et Louise Monot sur Un amour à taire. Il retrouve également l'actrice Emmanuelle Devos pour La Loi, biopic consacré à Simone Veil, et travaille régulièrement avec les scénaristes qui l'accompagnent sur ses téléfilms à sujet historique.
La mémoire des discriminations et des persécutions, en particulier celles subies par les personnes homosexuelles au cours de l'Histoire, occupe une place centrale et constante dans son œuvre, de Juste une question d'amour à Un amour à taire. Le combat individuel contre l'injustice sociale ou judiciaire, incarné par des figures réelles comme Simone Veil ou Marie Besnard, traverse également une large partie de sa filmographie. L'identité et le déracinement, notamment à travers les récits liés à l'outre-mer français, complètent cette œuvre attachée à donner voix à des trajectoires souvent tues.