Né le 11 septembre 1968 à Nice, Bertrand Bonello est musicien de formation avant de se tourner vers le cinéma. Son premier long métrage, Quelque chose d'organique (1998), dresse le portrait fragmenté d'un couple en crise. Il enchaîne avec Le Pornographe (2001), qui met en scène Jean-Pierre Léaud en réalisateur de films pornographiques des années 1970 contraint de renouer avec le métier ; le film remporte le prix FIPRESCI au Festival de Cannes. Tiresia (2003) est ensuite sélectionné pour la Palme d'or à Cannes. En 2011, L'Apollonide - Souvenirs de la maison close, qui décrit le quotidien d'un bordel parisien à la charnière des XIXe et XXe siècles, est présenté en compétition à Cannes. Il signe ensuite Saint Laurent (2014), biopic du couturier Yves Saint Laurent également en compétition pour la Palme d'or et sélectionné comme candidat français à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. En 2016, Nocturama, qui suit un groupe d'adolescents perpétrant des attentats simultanés à Paris, marque son retour à un sujet contemporain après deux films en costumes. Il poursuit avec Zombi Child (2019), Coma (2022) et La Bête (2023), avec Léa Seydoux et George MacKay.
Bonello a souvent été associé au mouvement de la Nouvelle Extrémité française, aux côtés de cinéastes explorant les zones les plus sombres de l'intime et du corps ; sa formation musicale nourrit directement sa pratique de compositeur de ses propres bandes originales.
Son cinéma privilégie des mondes clos et segmentés, faits de surcadrages et de split screens, qui matérialisent des prisons aussi bien physiques que mentales pour ses personnages. Il alterne régulièrement entre films d'époque et récits résolument contemporains, sans jamais chercher à démontrer une thèse univoque.
Le Pornographe a remporté le prix FIPRESCI au Festival de Cannes 2001. Tiresia, L'Apollonide et Saint Laurent ont chacun été sélectionnés en compétition pour la Palme d'or à Cannes, Saint Laurent étant par ailleurs le candidat français à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015.
Son œuvre revient sur les univers en fin de vie ou en déclin, qu'il s'agisse d'une maison close, d'un empire de la mode ou d'une utopie du plaisir, ainsi que sur la jeunesse contemporaine confrontée à la violence et à l'effondrement du monde qui l'entoure.