Dimanche, 12 juillet 2026
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Zerozerozero

Zerozerozero

2019 Italie
Synopsis

Une cargaison massive de cocaïne quitte le Mexique à destination de l'Italie, reliant trois mondes que tout semble opposer. Les cartels mexicains assurent la production, une famille de courtiers américains organise le transport maritime, et un clan de la 'Ndrangheta calabraise attend la livraison. Lorsque des luttes de pouvoir internes bouleversent le circuit prévu, la marchandise se retrouve détournée vers l'Afrique, avec des conséquences dramatiques pour chacun des protagonistes. La série déploie une fresque internationale sur les rouages destructeurs du trafic mondial de cocaïne.

Genèse du film

ZeroZeroZero adapte le livre-enquête du même nom écrit par le journaliste italien Roberto Saviano, déjà auteur de Gomorra, dans lequel il dissèque les mécanismes économiques et humains du commerce mondial de la cocaïne. Stefano Sollima, réalisateur ayant déjà porté à l'écran l'univers de Saviano avec la série Gomorra, a été naturellement associé au projet en tant que créateur et showrunner aux côtés de Leonardo Fasoli et Mauricio Katz. L'ambition du projet consistait à dépasser le cadre napolitain de Gomorra pour proposer une fresque véritablement internationale, suivant une seule cargaison de drogue à travers trois continents. La production a délibérément choisi de multiplier les langues parlées à l'écran, entre anglais, espagnol, italien, dialecte calabrais, arabe et wolof, pour refléter la dimension mondialisée du trafic. Sollima souhaitait montrer comment ce commerce illégal irrigue simultanément l'économie légale et les structures criminelles de plusieurs pays, sans jamais céder au glamour habituellement associé aux récits de narcotrafic. Le choix de trois réalisateurs différents, l'Italien Sollima, le Danois Janus Metz et l'Argentin Pablo Trapero, pour chacun des trois axes narratifs, répondait à cette volonté d'ancrer chaque récit dans une sensibilité culturelle distincte. La série a nécessité un tournage de plusieurs mois répartis entre la Nouvelle-Orléans, le Mexique, l'Italie et l'Afrique, reflétant l'ampleur logistique inédite du projet.

Critiques et réception

La critique internationale a salué l'ambition visuelle et narrative de la série, jugée particulièrement immersive dans sa manière de traiter la violence sans en faire un spectacle gratuit. Plusieurs observateurs ont souligné la performance de Gabriel Byrne, bien que son personnage disparaisse rapidement du récit, ainsi que la révélation que constitue le duo formé par Andrea Riseborough et Dane DeHaan. D'autres critiques ont noté que la série partageait certaines faiblesses avec Gomorra tout en la surpassant par l'ampleur géographique de son propos. La photographie, jugée exceptionnelle par de nombreux médias spécialisés, a également été régulièrement mise en avant comme l'un des points forts de la production. Le public s'est montré globalement conquis par cette fresque internationale, saluant son rythme soutenu et la tension permanente qui traverse ses huit épisodes. De nombreux spectateurs ont comparé la série à Narcos tout en soulignant sa noirceur plus prononcée et son refus des scènes de fête associées habituellement au trafic de cocaïne. Certains ont toutefois regretté une certaine complexité narrative rendant le suivi des différentes intrigues parfois difficile. ZeroZeroZero a été distinguée dans plusieurs festivals télévisuels internationaux, remportant notamment des prix récompensant sa réalisation et sa direction artistique, sans toutefois s'imposer massivement dans les grandes cérémonies généralistes.

Anecdotes de tournage

Stefano Sollima s'est appuyé sur son expérience acquise avec Gomorra pour développer une esthétique réaliste refusant toute fascination pour le mode de vie criminel, une exigence qu'il a transmise à ses coréalisateurs Janus Metz et Pablo Trapero. Chacun des trois cinéastes a apporté sa sensibilité propre à l'un des trois axes géographiques de la série, créant une mosaïque stylistique cohérente malgré la diversité des influences. Le projet s'inscrivait directement dans la continuité du travail journalistique de Roberto Saviano, dont le livre a servi de matrice documentaire à l'ensemble du scénario. Le tournage, réparti sur huit mois et trois continents, a représenté un défi logistique considérable pour toute l'équipe de production, contrainte de s'adapter aux réalités locales de la Nouvelle-Orléans, du Mexique, de l'Italie et de l'Afrique. La diversité linguistique du projet, mêlant six langues différentes, a nécessité un travail de coordination important entre les équipes de traduction et les acteurs eux-mêmes. Certaines scènes tournées au Mexique ont dû composer avec des conditions de sécurité renforcées en raison de la sensibilité du sujet traité localement.

Thèmes abordés

ZeroZeroZero explore la mondialisation du crime organisé à travers le prisme d'une seule cargaison de cocaïne, reliant des mondes économiques et culturels a priori totalement étrangers les uns aux autres. La série interroge la porosité entre commerce légal et trafic illégal, incarnée par la famille Lynwood qui dissimule ses activités criminelles derrière une entreprise de transport maritime respectable. La loyauté familiale, qu'elle soit italienne, mexicaine ou américaine, constitue un fil conducteur essentiel, souvent mise à l'épreuve par l'appât du gain et les rivalités de pouvoir. La violence y est traitée de façon frontale, sans complaisance esthétique, pour souligner le prix humain payé à chaque étape du circuit de la drogue. La série questionne également la responsabilité individuelle au sein de structures criminelles où chacun se perçoit souvent comme une victime des circonstances. Le pouvoir et sa transmission, entre générations et entre continents, traverse aussi le récit, notamment à travers la lutte pour la succession au sein du clan italien. Enfin, ZeroZeroZero dresse un constat désabusé sur l'impossibilité d'enrayer un système économique aussi rentable que destructeur.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Au terme de la série, la cargaison de cocaïne parvient finalement à destination en Italie malgré les multiples trahisons et rebondissements ayant émaillé son parcours à travers le monde. Cette réussite commerciale s'accompagne pourtant d'un bilan humain particulièrement lourd, chacun des trois clans ayant payé un tribut sanglant pour mener l'opération à son terme. Emma Lynwood, désormais seule à la tête des affaires familiales après la disparition de son père et de son frère, choisit immédiatement de relancer le cycle en proposant une nouvelle livraison encore plus importante. Cette conclusion souligne le caractère perpétuel et autoreproductible du système de trafic international décrit tout au long de la série. Le sort tragique réservé à plusieurs personnages principaux, notamment Chris Lynwood, illustre le prix personnel que chacun doit payer pour appartenir à cette économie parallèle. En terminant sur cette relance immédiate du cycle criminel, la série refuse toute morale rédemptrice et affirme la nature structurellement indestructible du narcotrafic mondial.

Signification du titre

Le titre ZeroZeroZero fait référence au système italien de classification de la farine, où la mention 00 désigne le degré de raffinage le plus élevé et le plus pur du produit. Cette référence, reprise pour désigner la cocaïne pure évoquée dans la série, souligne l'idée d'une marchandise portée à son plus haut degré de raffinement et de rentabilité économique. Le titre suggère également une forme d'anonymat et de vide moral, le triple zéro évoquant l'absence de visage identifiable derrière un système économique mondialisé. Cette formule empruntée directement au livre de Roberto Saviano permet de conserver le lien entre l'œuvre littéraire originale et son adaptation télévisuelle. En choisissant ce titre technique et énigmatique, la série insiste sur la dimension industrielle et rationalisée du trafic de drogue plutôt que sur son image traditionnellement plus romanesque.

Bande Originale

Le groupe écossais Mogwai signe une partition atmosphérique et oppressante qui accompagne avec une grande efficacité la tension permanente de la série, contribuant fortement à son identité sonore distinctive.

Actualités

Depuis la diffusion de ZeroZeroZero, Stefano Sollima a poursuivi une carrière internationale soutenue entre projets cinématographiques et télévisuels, confirmant son statut de spécialiste incontournable du récit criminel réaliste. Andrea Riseborough et Dane DeHaan ont continué de mener des carrières remarquées, alternant projets d'auteur et productions plus grand public. Aucune nouvelle saison n'a été officiellement annoncée depuis la diffusion de la première saison, la série ayant été conçue comme une mini-série autonome dès sa conception. Le sujet du narcotrafic international reste plus que jamais d'actualité, régulièrement documenté par de nouvelles enquêtes journalistiques à travers le monde.

Films Similaires

Les spectateurs conquis par ZeroZeroZero se tourneront naturellement vers Gomorra, série précédente de Stefano Sollima adaptée elle aussi d'une enquête de Roberto Saviano sur la criminalité organisée napolitaine. Narcos, consacrée à l'essor du cartel de Medellín, partage avec la série une ambition documentaire similaire autour du trafic de cocaïne à grande échelle. Sicario, film de Denis Villeneuve centré sur la guerre contre les cartels mexicains, offre une tension comparable ainsi qu'une esthétique tout aussi sombre. Les amateurs de fresques criminelles internationales apprécieront également McMafia, série britannique explorant les ramifications mondiales du crime organisé russe. Enfin, The Wire reste une référence incontournable pour quiconque s'intéresse à une représentation réaliste et systémique du trafic de drogue.