Zatôichi est un masseur aveugle qui parcourt le Japon féodal en protégeant les faibles. Malgré son handicap, il est un maître incontesté du sabre, capable de terrasser n'importe quel adversaire. Arrivé dans un village sous le joug de gangs rivaux, il décide de restaurer la justice par la force. Son voyage croise celui d'une jeune femme cherchant vengeance pour le meurtre de ses parents.
Takeshi Kitano souhaitait rendre hommage au personnage classique du cinéma japonais créé par Kan Shimozawa. Son inspiration est venue de l'envie d'allier l'humour noir typique de son style aux codes du film de samouraï classique, tout en modernisant la chorégraphie des combats.
Les critiques professionnelles ont encensé la mise en scène stylisée et la réinvention audacieuse du genre chambara, saluant notamment le montage rythmé des scènes d'action.
Le public a été conquis par le charisme brut du personnage principal et la fin rythmée par une chorégraphie surprenante, devenant un succès international.
Le film a remporté le Lion d'argent du meilleur réalisateur à Venise, confirmant la place de Kitano sur la scène mondiale.
Kitano s'est inspiré des films de sabre des années 60, tout en y ajoutant sa patte visuelle unique faite de cadrages minimalistes.
La production a dû faire face à des chorégraphies très complexes, demandant une précision millimétrée de la part des figurants.
La scène finale est devenue un moment d'anthologie, transformant un simple duel en une danse collective festive.
Le rôle de Zatôichi était initialement convoité par d'autres grandes stars japonaises, mais Kitano a insisté pour l'incarner lui-même.
L'honneur, la vengeance aveugle et la protection des opprimés sont au cœur du récit. Le film interroge aussi la notion de handicap perçu comme une faiblesse, qui devient ici une arme redoutable.
La fin voit Zatôichi triompher du chef de gang corrompu après une bataille magistrale. Il retrouve sa vue le temps d'un instant lors d'une scène métaphorique, avant de reprendre sa route en errant, symbole du guerrier solitaire qui ne trouve jamais de repos.
Le titre est tout simplement le nom du protagoniste, une figure emblématique de la culture japonaise incarnant le justicier itinérant aveugle.
La bande originale est un élément crucial, utilisant des percussions et des sons du quotidien pour créer une musique organique et hypnotique, en parfaite osmose avec les gestes du héros.
Yojimbo, Les Sept Samouraïs, 13 Assassins