Dimanche, 12 juillet 2026
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Waterloo

Waterloo

1970 Union soviétique, Italie
Synopsis

1814, l'empereur Napoléon Ier vient d'abdiquer après sa défaite face aux forces coalisées, et se retrouve exilé sur l'île d'Elbe tandis que le roi Louis XVIII restaure la monarchie en France. Mais l'empereur déchu s'évade et revient triomphalement à Paris, entamant la période des Cent-Jours. Le film retrace ensuite la confrontation finale entre Napoléon et le duc de Wellington, commandant en chef des forces coalisées, lors de la bataille de Waterloo du 18 juin 1815, qui allait définitivement sceller le destin de l'Empereur des Français.

Genèse du film

Waterloo est réalisé par le cinéaste soviétique Sergueï Bondartchouk, tout juste auréolé du triomphe international de son adaptation fleuve de Guerre et Paix de Tolstoï. Le producteur italien Dino De Laurentiis, ayant rencontré d'importantes difficultés à financer un projet d'une telle ampleur, s'est finalement associé aux studios soviétiques Mosfilm, seuls capables de fournir la logistique et les 20 000 soldats de l'Armée soviétique nécessaires à la reconstitution de la bataille. Bondartchouk, déjà passé maître dans la mise en scène de la bataille de Borodino pour Guerre et Paix, voyait dans Waterloo l'aboutissement naturel de son exploration de l'épopée napoléonienne.

Critiques et réception

Le film reçoit des critiques globalement élogieuses concernant sa reconstitution spectaculaire de la bataille, l'historien Jean Tulard allant jusqu'à le qualifier de meilleur film jamais consacré à Napoléon. Le Figaro salue la performance de Rod Steiger, capable selon le journal de traduire aussi bien la tourmente de la bataille que le trouble intérieur de l'Empereur. Plusieurs observateurs regrettent en revanche une première partie plus théâtrale et moins convaincante que la reconstitution de la bataille elle-même, ainsi qu'un point de vue jugé trop neutre et distant sur les événements. Le film reste malgré tout l'un des plus gros échecs commerciaux du box-office américain de son époque, ne rapportant que 1,4 million de dollars pour un budget avoisinant les 35 millions de dollars. Waterloo a remporté deux BAFTA Awards en 1971, pour les meilleurs décors et les meilleurs costumes.

Anecdotes de tournage

Des mois avant le début du tournage, 16 000 soldats soviétiques se sont entraînés aux tactiques et mouvements militaires de 1815, au maniement des sabres et des baïonnettes ainsi qu'aux manœuvres d'artillerie, logés dans un campement construit à proximité du champ de bataille reconstitué. Chaque matin, les soldats enfilaient leurs uniformes français, anglais ou prussiens et se mettaient en position sous les ordres d'officiers commandés directement par Bondartchouk via talkie-walkie, le réalisateur étant assisté en permanence de quatre interprètes pour l'anglais, l'italien, le français et le serbo-croate.

Thèmes abordés

Le film explore la démesure et la chute d'un homme d'exception face à l'Histoire, l'affrontement entre deux tempéraments radicalement opposés incarnés par Napoléon et Wellington, l'absurdité et l'atrocité de la guerre napoléonienne, ainsi que le poids du destin individuel face aux grands bouleversements historiques.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Fidèle à l'Histoire, le film s'achève sur la défaite définitive de Napoléon à Waterloo, provoquée par l'arrivée décisive des troupes prussiennes du maréchal Blücher alors que le maréchal Grouchy, envoyé à sa poursuite, ne parvient pas à l'intercepter à temps. Cette bataille marque la fin définitive du Premier Empire et de la carrière militaire de Napoléon, qui sera exilé peu après sur l'île de Sainte-Hélène.

Signification du titre

Le titre du film désigne simplement le lieu de la bataille décisive qui met un terme à l'épopée napoléonienne, un nom de village belge devenu depuis synonyme, dans le langage courant, d'échec cuisant et définitif.

Bande Originale

La musique du film est composée par Nino Rota, célèbre pour ses collaborations avec Federico Fellini, épaulé par le compositeur britannique Wilfred Josephs pour les airs militaires.

Films Similaires

Guerre et Paix (1965-1967, Sergueï Bondartchouk), précédente fresque napoléonienne du même réalisateur, et Napoléon (2023, Ridley Scott), autre grande reconstitution cinématographique de la vie de l'Empereur.