David Lightman est un lycéen surdoué en informatique, capable de déjouer les systèmes de sécurité les plus sophistiqués depuis l'ordinateur installé dans sa chambre. En cherchant à accéder discrètement aux jeux vidéo d'une société de développement, il pénètre sans le savoir dans le supercalculateur militaire WOPR, chargé de simuler et d'exécuter les stratégies de guerre nucléaire américaines. Persuadé de lancer une simple partie, David déclenche en réalité une simulation de conflit thermonucléaire mondial que la machine prend pour argent comptant, mettant la planète tout entière au bord de la Troisième Guerre mondiale.
Wargames s'inspire d'un incident réel survenu en 1979 aux États-Unis, lorsqu'un problème informatique avait fait croire pendant six minutes aux techniciens de la défense américaine que des missiles soviétiques fonçaient sur le pays. Les scénaristes Lawrence Lasker et Walter F. Parkes se sont également inspirés du physicien Stephen Hawking pour construire le personnage du professeur Falken, créateur visionnaire du programme informatique WOPR. Le tournage a débuté sous la direction de Martin Brest, remercié après quelques semaines pour divergences artistiques, avant que John Badham, tout juste sorti du tournage de Tonnerre de feu, ne reprenne le projet en main.
Le film reçoit un accueil très favorable de la critique dès sa sortie, salué comme l'un des premiers longs-métrages à populariser la figure du hacker au cinéma tout en portant un message pacifiste fort en pleine guerre froide. Plusieurs observateurs soulignent la capacité de John Badham à instaurer un vrai suspense malgré peu d'action et de rebondissements, porté par un Matthew Broderick à la fois attachant et crédible. Le film reste toutefois jugé marqué par son traitement hollywoodien destiné à séduire un public adolescent, ce qui dessert selon certains son propos plus alarmiste sur les dangers de l'automatisation militaire. Le film rencontre un immense succès commercial, rapportant près de 80 millions de dollars aux États-Unis et au Canada pour un budget de 12 millions de dollars. Wargames a été nommé à trois Oscars, dont celui du meilleur scénario original, et a remporté le Saturn Award de la meilleure réalisation pour John Badham en 1984.
L'équipe de production ne fut jamais autorisée à pénétrer dans le véritable centre de commandement de Cheyenne Mountain, contraignant les décorateurs à reconstituer entièrement de mémoire et d'imagination ce décor emblématique. Pour rendre la voix du supercalculateur WOPR aussi synthétique que possible, l'acteur John Wood lisait ses répliques en tenant le script à l'envers. Le chanteur John Lennon avait un temps été envisagé pour interpréter le rôle du professeur Falken, avant que celui-ci ne finisse par échoir à John Wood.
Le film explore les dangers de l'automatisation des décisions militaires stratégiques, la paranoïa de la guerre froide et de l'anéantissement nucléaire, l'insouciance de la jeunesse confrontée à des enjeux qui la dépassent, ainsi que la question de la place de l'humain face à une intelligence artificielle dénuée de morale.
Confronté directement à l'intelligence artificielle WOPR sur un écran géant, David parvient à la convaincre de jouer au morpion contre elle-même, un jeu où aucun joueur ne peut jamais gagner. Cette expérience amène la machine à comprendre par elle-même l'absurdité totale de la guerre nucléaire, un conflit où, comme au morpion, la seule stratégie gagnante consiste à ne jamais y jouer, ce qui la pousse à annuler d'elle-même le lancement des missiles.
Le titre "Wargames", littéralement "jeux de guerre", renvoie autant aux jeux vidéo que David croit initialement lancer qu'aux simulations militaires bien réelles gérées par le supercalculateur WOPR, brouillant ainsi la frontière entre divertissement innocent et menace existentielle bien concrète.
Une suite sortie directement en DVD, WarGames: The Dead Code, est sortie en 2008, vingt-cinq ans après le film original.
Terminator (1984, James Cameron) et Docteur Folamour (1964, Stanley Kubrick), deux autres films mettant en scène les dérives de l'automatisation militaire et de la dissuasion nucléaire.