Au début du vingtième siècle, l'explorateur norvégien Roald Amundsen n'a de cesse de repousser les frontières des territoires encore inconnus, fasciné depuis l'enfance par les régions polaires. Il accède à la célébrité mondiale en réussissant le premier passage maritime entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique à travers l'Arctique, avant de s'embarquer dans sa plus grande expédition: la conquête du pôle Sud, objet de convoitise de tous les grands aventuriers de son époque. Infatigable et déterminé, il est prêt à sacrifier sa famille, sa fortune et ses amours pour accomplir ses rêves de conquête polaire. Le film retrace ainsi le destin hors du commun de cet homme, entre triomphes retentissants et zones d'ombre personnelles.
Voyage au bout de la Terre, dont le titre original est simplement Amundsen, retrace la vie authentique de l'explorateur polaire norvégien Roald Amundsen, premier homme à avoir atteint le pôle Sud en 1911 et à avoir franchi le passage du Nord-Ouest. Le scénario, écrit par Ravn Lanesskog, s'appuie en grande partie sur les travaux biographiques existants consacrés à l'explorateur, notamment ceux de l'historien Tor Bomann-Larsen, dont certaines sections du récit ont été jugées proches par la critique norvégienne. Le réalisateur Espen Sandberg, déjà connu pour avoir coréalisé Kon-Tiki, film retraçant une autre grande expédition norvégienne, a voulu s'attaquer au destin de la figure la plus emblématique de l'histoire de l'exploration polaire scandinave. Le projet ambitionnait de devenir la plus grande sortie cinématographique norvégienne de l'année 2019, porté par un budget conséquent destiné à recréer avec ampleur les expéditions arctiques et antarctiques du héros. Le film choisit une structure narrative en flash-back, le récit de la vie d'Amundsen étant raconté par son frère Leon à Bess Magids, la compagne de l'explorateur qu'il avait rencontrée en Alaska, alors que le monde le croit disparu dans un accident d'avion.
La critique norvégienne s'est montrée sévère envers le film, lui reprochant une approche biographique jugée superficielle malgré la richesse des événements couverts, ainsi qu'une trop grande proximité avec certaines sections d'une biographie existante consacrée à Amundsen. Plusieurs observateurs internationaux se sont montrés plus indulgents, saluant la qualité de la reconstitution historique, les effets spéciaux réussis, notamment lors des séquences impliquant la faune arctique, ainsi que la prestation de l'acteur principal Pal Sverre Hagen. Le choix de certaines ellipses temporelles, en particulier l'absence de traitement de la Première Guerre mondiale dans le parcours du personnage, a également été relevé comme une limite du récit. Le public s'est montré partagé, certains spectateurs saluant un film fascinant sur un homme ayant marqué l'histoire de l'exploration, jugé meilleur que ne le laissaient présager les critiques locales, d'autres regrettant un rythme jugé lent et bavard sur la durée du film, qui dépasse les deux heures.
Le scénariste Ravn Lanesskog s'est appuyé sur les travaux biographiques existants consacrés à Roald Amundsen, en particulier ceux de l'historien Tor Bomann-Larsen, pour construire le récit du film, une proximité qui a d'ailleurs été relevée par la critique norvégienne. Le réalisateur Espen Sandberg, déjà coréalisateur du film Kon-Tiki consacré à une autre expédition norvégienne célèbre, a supervisé un tournage nécessitant la reconstitution de multiples environnements extrêmes, des étendues arctiques aux paysages antarctiques. La séquence impliquant un ours polaire a représenté un défi de production notable, l'équipe technique ayant dû faire preuve d'inventivité pour recréer cette scène de manière crédible malgré un budget limité par rapport aux standards des grandes productions internationales du genre.
Voyage au bout de la Terre explore l'obsession de la conquête et du dépassement de soi, incarnée par un homme prêt à tout sacrifier pour repousser les limites de l'exploration humaine. Le film interroge également le prix personnel de la gloire, Amundsen ayant délaissé sa famille, ses relations amoureuses et sa stabilité financière au profit de ses expéditions polaires. La rivalité entre grandes nations exploratrices traverse tout le récit, notamment à travers la célèbre course au pôle Sud opposant Amundsen à l'expédition britannique de Robert Falcon Scott. Le long-métrage aborde enfin la solitude intrinsèque du héros visionnaire, dont l'ambition démesurée finit par l'isoler de ceux qui l'aiment.
Le film s'ouvre et se referme sur l'accident d'avion qui coûte la vie à Roald Amundsen en 1928, alors qu'il participait aux recherches destinées à retrouver l'expédition du dirigeable Italia perdue dans l'Arctique. Cette structure circulaire permet au récit de revenir sur l'ensemble de la vie de l'explorateur à travers les souvenirs partagés par son frère Leon, alors que le monde entier ignore encore son sort après la disparition de son avion. Le dénouement souligne ainsi la cohérence tragique du destin d'Amundsen, mort comme il avait vécu, au cœur d'une mission d'exploration et de sauvetage dans les régions polaires qui avaient façonné toute son existence. Le film se conclut sur une note à la fois héroïque et mélancolique, célébrant l'héritage d'un homme qui aura consacré sa vie entière à repousser les limites du monde connu.
Le titre français Voyage au bout de la Terre s'écarte du titre original norvégien Amundsen, simple patronyme de l'explorateur, pour insister davantage sur la dimension d'aventure extrême et de dépassement géographique qui caractérise le parcours du personnage. Ce choix de titre évoque les confins du monde connu que l'explorateur a été le premier à atteindre, que ce soit le passage du Nord-Ouest ou le pôle Sud lui-même. Il souligne également, de façon plus poétique que le titre original, l'ampleur du sacrifice personnel consenti par Amundsen pour repousser sans cesse les limites de l'exploration humaine.
Voyage au bout de la Terre continue d'être régulièrement cité dans les rétrospectives consacrées au cinéma biographique norvégien, aux côtés d'autres grandes productions nationales centrées sur des figures historiques du pays.
Les amateurs de récits d'exploration pourront se tourner vers Kon-Tiki, précédent film du même réalisateur consacré à une autre expédition norvégienne, ou vers Belle et Sébastien 3 pour son ambiance de grands espaces montagneux et enneigés.