Gemma, institutrice, et Tom, paysagiste, jeune couple en quête de leur première maison, se rendent dans une agence immobilière où ils font la rencontre d'un agent aux manières étranges nommé Martin. Ce dernier les convainc de visiter Vauvert, un lotissement résidentiel qu'il présente comme idéal, composé de maisons parfaitement identiques les unes aux autres. Une fois sur place, le couple se retrouve piégé dans ce véritable labyrinthe dont ils ne parviennent plus à s'échapper, chaque route les ramenant inexorablement à leur point de départ. Une force mystérieuse leur impose alors d'élever un enfant qui n'est pas le leur, bouleversant durablement leur existence et leur relation.
Vivarium n'est pas tiré d'un livre mais d'un scénario original coécrit par le réalisateur Lorcan Finnegan et le scénariste Garret Shanley, qui avaient déjà collaboré ensemble sur le court-métrage Foxes, prélude thématique à ce long-métrage. L'idée originale du film est née d'une réflexion sur la standardisation de l'habitat suburbain et sur la manière dont la crise du logement pousse de nombreux jeunes couples à accepter des solutions de logement identiques et impersonnelles. Finnegan et Shanley ont voulu détourner les codes du film de banlieue américaine, déjà exploré par des œuvres comme Les Femmes de Stepford, pour les pousser vers une dimension résolument fantastique et cauchemardesque. Le film s'ouvre d'ailleurs sur des images de coucous pratiquant le parasitisme de couvée, une métaphore animale directement liée au postulat central du récit concernant l'enfant imposé au couple. Le réalisateur irlandais, dont il s'agissait du second long-métrage après Without Name, a voulu conserver une ambiguïté totale sur l'origine et la nature exacte de la force qui emprisonne les personnages, refusant toute explication rationnelle définitive.
La critique a globalement salué l'ambition conceptuelle du film et son atmosphère visuellement saisissante, tout en notant que la seconde moitié du récit peinait parfois à maintenir l'intensité et l'intrigue installées dans sa première partie. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié les prestations d'Imogen Poots et Jesse Eisenberg, jugées intenses et habitées malgré des personnages volontairement froids et distants. Le film a été comparé à des références telles que La Quatrième Dimension pour son atmosphère étrange et son refus d'expliquer entièrement son postulat fantastique. Le public s'est montré partagé face à cette proposition radicale, certains spectateurs saluant une œuvre marquante et allégorique sur la vie suburbaine et la parentalité, d'autres regrettant un manque de résolution narrative qui laisse de nombreuses questions sans réponse. Le film a été présenté en première mondiale au Festival de Cannes 2019, dans la sélection de la Semaine de la Critique.
Lorcan Finnegan et Garret Shanley se sont inspirés de leur réflexion commune sur la standardisation de l'habitat suburbain et sur la crise du logement pour construire ce conte fantastique et cauchemardesque autour d'un lotissement composé de maisons identiques. Le tournage a nécessité un important travail d'effets visuels afin de créer l'atmosphère artificielle et légèrement inquiétante du lotissement de Vauvert, avec ses nuages parfaitement symétriques et son ciel d'un vert olive caractéristique. Le scénario s'ouvre volontairement sur des images de coucous pratiquant le parasitisme de couvée, une métaphore animale que les scénaristes ont choisi de placer en ouverture pour éclairer le postulat central du récit. Imogen Poots et Jesse Eisenberg sont également crédités comme producteurs du film, signe de leur implication personnelle forte dans ce projet au concept singulier.
Vivarium explore la standardisation de la vie suburbaine et l'uniformisation des existences imposée par un modèle immobilier déshumanisant, poussé ici jusqu'à ses conséquences les plus extrêmes et cauchemardesques. Le film interroge également la parentalité forcée et les tensions qu'elle peut engendrer au sein d'un couple, notamment lorsque l'attachement à un enfant ne repose sur aucun lien biologique choisi. La question du piège existentiel traverse tout le récit, les personnages étant littéralement prisonniers d'un système qu'ils ne comprennent ni ne maîtrisent. Le long-métrage aborde enfin, sur un mode allégorique, la peur de la reproduction sociale et de la répétition d'un modèle de vie que l'on n'a pas véritablement choisi.
Au terme du film, Tom finit par succomber à la maladie provoquée par la nourriture toxique du lotissement, laissant Gemma seule face à l'enfant devenu adulte, dont la nature exacte demeure jamais pleinement expliquée. Gemma tente une dernière fois de comprendre le système qui l'emprisonne en suivant l'enfant à travers un passage souterrain, mais se retrouve piégée dans une nouvelle boucle sans fin, prisonnière définitive du dispositif. La scène finale, qui boucle sur elle-même de manière vertigineuse, montre un nouveau couple visitant à son tour le lotissement de Vauvert, suggérant que le cycle de capture et de reproduction est destiné à se perpétuer indéfiniment. Cette conclusion délibérément ouverte et angoissante refuse toute explication rationnelle sur l'origine de la force à l'œuvre, renforçant la dimension allégorique et cauchemardesque du récit.
Le titre Vivarium désigne dans le langage courant un espace clos et vitré destiné à l'observation et à l'élevage d'animaux en captivité, généralement des reptiles ou des insectes. Ce terme, appliqué ici au lotissement dans lequel sont enfermés les personnages, suggère que Gemma et Tom sont eux-mêmes réduits au rang de spécimens observés et manipulés par une force extérieure dont la nature demeure mystérieuse. Le titre installe ainsi d'emblée une dimension clinique et froide qui traverse l'ensemble de la mise en scène du film.
Vivarium a confirmé le réalisateur Lorcan Finnegan comme une voix singulière du cinéma de genre irlandais, une réputation qu'il a poursuivie avec son film suivant, Nocebo, sorti en 2022.
Les amateurs du genre pourront se tourner vers Les Femmes de Stepford pour son exploration similaire de la banlieue standardisée, ou vers La Quatrième Dimension pour son atmosphère de mystère fantastique irrésolu.