Un groupe de voyous est mandaté pour s'introduire dans une maison et voler une cassette VHS spécifique. Ce qu'ils trouvent sur place est une collection de cassettes dont chacune contient des images de found footage d'une terreur croissante. Ce film d'horreur à sketches réunit six segments réalisés par des cinéastes de l'horreur indépendante américaine, explorant différentes variations du found footage — caméra de téléphone, web-cam, caméra de surveillance — pour offrir un panorama aussi inventif qu'inégal de l'état du genre au début des années 2010.
V/H/S est né d'une initiative collective du producteur Brad Miska, qui voulait réunir les voix les plus intéressantes du cinéma d'horreur indépendant américain des années 2010 dans un projet d'anthologie qui permette à chacun d'explorer le found footage dans sa propre direction. L'idée du support VHS — cassette vidéo déjà obsolète en 2012 — comme artefact fédérateur donnait au projet une dimension méta sur la matérialité des images et la façon dont le support change la relation du spectateur au contenu. Chaque réalisateur invité — Ti West, David Bruckner, Adam Wingard, Radio Silence — avait une liberté totale sur son segment à condition de respecter les contraintes du found footage et du budget réduit. Cette liberté a produit un ensemble créativement stimulant mais inévitablement inégal, les meilleurs segments côtoyant des expériences plus laborieuses.
Résumé des critiques professionnelles : V/H/S a reçu un accueil critique très favorable dans les festivals d'horreur et dans la presse spécialisée, qui ont salué l'énergie créative du projet et la qualité de certains segments — notamment Amateur Night de Bruckner et The Sick Thing That Happened to Emily When She Was Young de Swanberg. L'inégalité inhérente au format anthologique a été acceptée comme le prix à payer pour une liberté créative totale.
Réception du public : Le film a connu un fort succès parmi les amateurs de cinéma d'horreur underground, qui ont apprécié son caractère délibérément transgressif et brutal. Sa présentation au Festival de Sundance 2012 lui a donné une visibilité bien supérieure à ce que son budget modeste aurait normalement permis.
Récompenses obtenues : V/H/S a remporté plusieurs prix dans des festivals d'horreur internationaux et est régulièrement cité comme l'un des films anthologiques d'horreur les plus importants de la décennie 2010, ayant relancé l'intérêt pour ce format dans le cinéma de genre américain.
Inspirations du réalisateur : La nostalgie du support VHS — avec son grain caractéristique, ses artefacts visuels et son intimité domestique — était l'inspiration commune à tous les réalisateurs du projet, qui voyaient dans ce support démodé une façon de donner à leurs images d'horreur une texture viscérale que le numérique propre ne pouvait pas reproduire.
Difficultés de production : Coordonner six équipes de réalisation différentes avec des styles, des histoires et des contraintes techniques propres tout en maintenant une cohérence minimale dans le film assemblé représentait un défi de production et de montage considérable pour Brad Miska et ses co-producteurs.
Anecdote sur une scène particulière : Le segment Amateur Night, dans lequel une rencontre d'un soir tourne à l'horreur quand la femme rencontrée révèle être quelque chose d'autre qu'humain, a été tourné entièrement depuis une caméra cachée dans des lunettes, créant une intimité et une claustrophobie visuelle particulièrement efficaces pour ce conte de créature.
V/H/S explore la matérialité et l'archivage de l'horreur — les cassettes comme réservoirs de trauma, le found footage comme mode de transmission d'expériences qui ne devraient jamais être vues. Le film interroge le voyeurisme et la fascination malsaine pour les images de souffrance que les nouvelles technologies de l'image rendent omniprésentes. Chaque segment développe sa propre thématique — la misogynie male gaze retournée contre ses protagonistes dans Amateur Night, la paranoïa de la relation amoureuse à distance dans le segment web-cam — mais le projet commun est de montrer que la caméra ne protège pas celui qui la tient, et peut même amplifier le danger qu'il rencontre.
Le cadre narratif — les voyous envoyés pour voler une cassette — se résout dans la mort de tous les membres du groupe, tués par une force surnaturelle dans la maison. La cassette convoitée reste introuvable, suggérant que la véritable horror n'était pas dans les cassettes mais dans la maison elle-même, dans ce lieu de stockage et d'archivage de l'horreur qui ne peut pas être pillé sans conséquences fatales.
V/H/S désigne le support Video Home System — la cassette vidéo domestique — dont le nom est aussi une façon d'ancrer le film dans une époque révolue de l'image, celle de la vidéo analogique domestique avec ses imperfections caractéristiques. Ce titre nostalgique et légèrement inquiétant annonce un film qui s'approprie les codes visuels de l'ère VHS pour y projeter une horreur résolument contemporaine.
V/H/S a engendré plusieurs suites — V/H/S 2 (2013), V/H/S: Viral (2014) et V/H/S 94 (2021) — dans lesquelles d'autres cinéastes d'horreur ont exploré le même format avec des résultats variables. Le film original reste la référence du cycle, dont la vitalité créative est inversement proportionnelle aux budgets engagés. David Bruckner est devenu l'une des figures les plus importantes du cinéma d'horreur américain contemporain avec des projets comme The Ritual et The Black Phone.
Paranormal Activity de Oren Peli (2007) est la référence found footage dont V/H/S est en partie une réponse collective. Creepshow de George Romero (1982) est la référence fondatrice du film d'horreur à sketches. The Innkeepers de Ti West (2011), réalisé par l'un des participants du film, partage la même sensibilité au décor et à l'accumulation de tension. [REC] de Balagueró (2007) représente le found footage de genre le plus efficacement construit. Enfin, Trick 'r Treat de Michael Dougherty (2007) est l'autre grand film d'anthologie d'horreur de la décennie qui a précédé V/H/S.