Allen Gamble et Terry Hoitz sont les deux flics les plus risibles du NYPD — l'un est un comptable pusillanime qui n'a jamais dégainé son arme, l'autre un colérique qui a accidentellement tiré sur Derek Jeter. Tandis que les superstars de leur brigade encaissent toute la gloire, ce duo de bras cassés se voit confier une enquête sur une fraude financière dont ils ne comprennent même pas la nature. Mais l'affaire est plus grosse qu'elle n'en a l'air, et nos deux losers pourraient bien finir par sauver New York malgré eux. Une comédie policière absurde et jubilatoire qui dynamite les codes du buddy movie.
Genèse du film
Very Bad Cops — titre original The Other Guys — est né de la réflexion d'Adam McKay et Will Ferrell sur les films de flics américains et leur façon de glorifier systématiquement les héros les plus spectaculaires en ignorant les "autres" — ces policiers ordinaires qui font le travail invisible et qui ne correspondent à aucun archétype héroïque. Le film est conçu comme une parodie affectueuse du buddy movie policier américain, un genre que McKay et Ferrell admiraient tout en voyant clairement ses conventions les plus absurdes. La décision d'ancrer la comédie dans une enquête sur une fraude financière — un crime blanc et très peu cinématographique — est l'une des idées les plus drôles du film : les héros malgré eux se retrouvent à traquer des escrocs en col blanc, un adversaire radicalement différent des vilains habituels du genre. Will Ferrell et Mark Wahlberg forment un duo que personne n'attendait et dont la friction naturelle est au cœur de toute la dynamique comique du film.
Résumé des critiques professionnelles : The Other Guys est très bien accueilli par la critique américaine, qui salue la créativité d'Adam McKay dans le registre de la parodie de genre et le duo inattendu Ferrell-Wahlberg, dont la friction comique est unanimement jugée très efficace. Le film est particulièrement loué pour son générique de fin — une série d'infographies sur les inégalités économiques américaines — qui dit quelque chose de sérieux sur la fraude financière que l'intrigue du film explore en mode comique. Cette dimension subversive est jugée astucieuse et bienvenue.
Réception du public : Le film est un succès commercial solide, récoltant plus de 170 millions de dollars au box-office mondial pour un budget d'environ 100 millions. Le public américain, fan du duo McKay-Ferrell depuis Présentateur vedette, répond présent avec enthousiasme. La comédie fonctionne sur plusieurs niveaux — les fans de films d'action apprécient la parodie, les fans de comédie absurde apprécient les gags — ce qui lui assure une audience large.
Récompenses obtenues : Le film ne prétend pas aux récompenses cinématographiques sérieuses, mais Will Ferrell et Mark Wahlberg sont nommés au MTV Movie Award du Meilleur duo comique.
Inspirations du réalisateur : Adam McKay a confié avoir été inspiré par les grandes comédies policières américaines des années 1970-1980 — de Fletch à Beverly Hills Cop — tout en voulant les parodier depuis l'intérieur plutôt que de les singer. Il aimait l'idée de faire un film sur les policiers que ces films ignoraient totalement — les bureaucrates, les comptables, les sans-grade — et de montrer que leur histoire était potentiellement aussi intéressante que celle des héros habituels.
Difficultés de production : L'un des défis principaux fut de convaincre Mark Wahlberg — dont le registre naturel est plus proche du film d'action sérieux que de la comédie absurde — d'embrasser pleinement le registre comique du film. L'acteur, initialement réticent, a finalement été convaincu que la tension entre son naturel sérieux et les situations absurdes dans lesquelles il se retrouvait était précisément ce qui rendrait son personnage drôle.
Anecdote sur une scène particulière : La scène d'ouverture spectaculaire avec Samuel L. Jackson et Dwayne Johnson — qui jouent des super-flics dont les aventures sont délibérément exagérées jusqu'à l'absurde — a été conçue comme un faux départ du film, une façon d'établir le contraste entre ces héros archetypaux et nos deux "other guys". Le fait de se débarrasser de ces personnages glamour dès les premières minutes est l'un des coups les plus audacieux et les plus drôles du film.
Thèmes abordés
Very Bad Cops est une comédie qui dit des choses sérieuses sous l'humour. Le film explore la question de qui sont les vrais héros d'une société — ceux qui font les gestes spectaculaires ou ceux qui font le travail invisible qui maintient le système en marche. Il aborde, de façon aussi satirique que malicieuse, la grande criminalité financière et la façon dont la société valorise et punit les crimes très différemment selon le statut social de ceux qui les commettent. Le générique de fin, avec ses infographies sur Wall Street et les inégalités économiques, révèle la dimension politique d'un film qui semblait n'être qu'une comédie.
Explication de la fin
La fin de Very Bad Cops voit Allen et Terry démasquer la fraude gigantesque qui se cache sous leur enquête apparemment banale, devenant malgré eux des héros qui ont sauvé des millions de retraités d'une arnaque financière colossale. La résolution est à la fois comique et satisfaisante, mais c'est le générique de fin — qui explique en termes clairs comment de vraies arnaques financières similaires se sont passées dans le monde réel — qui donne au film sa dimension la plus subversive et la plus intelligente.
Signification du titre
The Other Guys — "les autres types" — désigne les policiers ordinaires que les films de flics spectaculaires ignorent systématiquement. Ces "autres" sont précisément ceux dont le film raconte l'histoire, affirmant par ce titre qu'ils méritent eux aussi d'être au centre d'un récit. Le titre français Very Bad Cops opte pour une traduction plus commerciale qui joue sur la connotation de nuls ou de mauvais policiers — une façon différente de dire la même chose : ces flics ne correspondent pas aux standards habituels du héros de film d'action.
Actualités
Very Bad Cops est aujourd'hui reconnu comme l'un des meilleurs films d'Adam McKay dans son registre comique, avant que le réalisateur ne bascule vers des comédies plus politiquement engagées avec The Big Short (2015) et Vice (2018). Le générique de fin du film est régulièrement cité dans les discussions sur la façon dont Hollywood peut glisser des messages politiques dans des divertissements populaires. Will Ferrell et Mark Wahlberg, dont la complicité à l'écran était une vraie surprise, ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une suite qui ne s'est jamais matérialisée.
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