Une psychologue recluse, ayant cessé d'exercer depuis plusieurs années, accepte contre son meilleur jugement de prendre en charge le cas de Veronica de la Serna, une jeune femme dont le précédent thérapeute a mystérieusement disparu. Dans le cadre du traitement, elle exige que Veronica vienne s'installer avec elle dans sa maison de campagne isolée. Au fil de leur cohabitation forcée, les deux femmes vont peu à peu révéler leurs secrets les plus intimes et leurs blessures les plus profondes. Cette relation thérapeutique ambiguë va bouleverser leurs deux existences.
Le film est né de la collaboration entre les réalisateurs mexicains Carlos Algara et Alejandro Martínez-Beltrán, cofondateurs de leur propre société de production, qui souhaitaient réaliser un thriller psychologique intimiste centré sur la relation trouble entre une thérapeute et sa patiente. Les cinéastes ont revendiqué l'influence du cinéma d'Ingmar Bergman, notamment Persona, ainsi que celle d'Andreï Tarkovski, pour construire l'atmosphère feutrée et ambiguë du film. L'idée du huis clos dans une maison de campagne isolée permettait d'installer une tension psychologique progressive entre les deux personnages féminins. Le choix du noir et blanc renforçait cette volonté esthétique délibérément inspirée du cinéma d'auteur européen des années 1960 et 1970.
La critique salue la photographie soignée du film ainsi que les performances de ses deux actrices principales, tout en notant les influences européennes revendiquées par les réalisateurs. Plusieurs observateurs saluent la rareté d'un thriller psychologique mexicain aussi maîtrisé formellement. Le film contribue à faire connaître internationalement le travail de Carlos Algara et Alejandro Martínez-Beltrán. Le public réserve un accueil favorable au film lors de sa sortie en salles au Mexique, où il reste à l'affiche plusieurs semaines. Sa sortie internationale sur une plateforme de streaming permet également de le faire découvrir à un public plus large. Le film touche particulièrement les amateurs de cinéma d'auteur latino-américain. Le film remporte le prix du meilleur nouveau réalisateur au Festival de cinéma latino-américain de Huelva et reçoit plusieurs nominations aux prix des journalistes du cinéma mexicain, dont celui de la meilleure actrice pour Arcelia Ramírez.
Carlos Algara et Alejandro Martínez-Beltrán se sont directement inspirés du cinéma d'Ingmar Bergman et d'Andreï Tarkovski, revendiquant ouvertement ces influences lors de la présentation du film dans plusieurs festivals internationaux. Le tournage en noir et blanc dans une maison de campagne isolée a nécessité un travail précis sur l'éclairage et la composition des plans pour installer l'atmosphère psychologique recherchée par les réalisateurs. La gestion du huis clos, reposant presque entièrement sur les deux actrices principales, a demandé une préparation approfondie de leur relation à l'écran. Le film constitue le premier long métrage de fiction de Carlos Algara en tant que réalisateur, après plusieurs années de formation entre le Mexique et le Canada.
Le film explore la relation ambiguë entre soignant et soigné, où les frontières entre thérapie et manipulation psychologique deviennent progressivement floues. Il aborde également les secrets intimes et les blessures profondes que chaque personnage dissimule derrière une façade de contrôle. Le pouvoir et la domination psychologique entre les deux femmes traversent également tout le récit.
Au fil de leur cohabitation, la psychologue découvre que Veronica connaît des vérités troublantes sur sa propre vie personnelle, brouillant définitivement la frontière entre thérapeute et patiente. Le film se termine sur un dénouement ambigu, laissant planer le doute sur qui, des deux femmes, exerçait réellement un contrôle sur l'autre depuis le début de leur relation.
Le titre reprend simplement le prénom du personnage de la jeune patiente, Veronica de la Serna, dont le mystère entourant la disparition de son précédent thérapeute constitue le point de départ de toute l'intrigue du film.
Les amateurs de ce film pourront se tourner vers Persona d'Ingmar Bergman pour son influence directe assumée par les réalisateurs, ou vers La Pianiste de Michael Haneke pour son traitement comparable d'une relation psychologique trouble.