Goody et Stacy sont deux vampires new-yorkaises branchées qui jonglent entre leur nature immortelle et les exigences de la vie moderne — réseaux sociaux, applications de rencontres et soucis de séduction inclus. Quand Stacy tombe amoureuse d'un étudiant dont le père est un célèbre chasseur de vampires, les deux amies doivent naviguer entre instinct de survie et désir d'une vie normale. Amy Heckerling retrouve Alicia Silverstone vingt ans après *Clueless* pour une comédie de vampires décomplexée, pleine d'humour et de références pop.
Vamps est un projet personnel d'Amy Heckerling, réalisatrice culte révélée par Clueless (1995), film générationnel devenu un classique instantané de la comédie américaine. Heckerling a voulu revisiter le mythe du vampire à travers le prisme de la comédie contemporaine new-yorkaise, s'interrogeant sur ce que serait la vie d'une créature immortelle dans un monde obsédé par l'instantanéité et la modernité. L'idée de deux vampires qui suivent des cours de désintoxication à l'alcool de sang et qui utilisent les applications de rencontres pour trouver leurs victimes contient toute la veine satirique du projet. Retrouver Alicia Silverstone — icône de Clueless — dans un rôle de vampire trentenaire (ou plutôt centenaire) avait quelque chose de métatextuel et de délicieusement auto-référentiel. Heckerling a écrit le scénario en pensant à Silverstone dès le début, voulant explorer avec elle une complicité et un humour acquis depuis leur travail ensemble dans les années 90. Le film s'inscrit dans la vague des comédies de vampires des années 2010, stimulée par le succès de la saga Twilight que Vamps parodie avec affection.
Résumé des critiques professionnelles : Vamps a reçu des critiques très mitigées, la plupart des journalistes reconnaissant le charme nostalgique de retrouver Amy Heckerling et Alicia Silverstone ensemble mais regrettant que le film n'atteigne pas le niveau d'écriture et d'inventivité de Clueless. Les gags sur la modernité et les vampires ont été jugés amusants mais trop faciles et pas suffisamment développés pour soutenir un long métrage entier.
Réception du public : Le film a connu une diffusion très limitée en salles aux États-Unis, sortant directement en vidéo à la demande dans de nombreux marchés. Son public naturel — les fans de Clueless et les amateurs de comédies de vampires — l'a découvert principalement sur les plateformes numériques. Il a acquis une petite base de fans fidèles qui apprécient son humour décalé et sa légèreté assumée.
Récompenses obtenues : Le film n'a obtenu aucune récompense significative. Son statut de film de genre modeste à la diffusion limitée l'a écarté des grandes cérémonies.
Inspirations du réalisateur : Amy Heckerling a cité les grandes comédies de vampires classiques — Dracula (1931), mais aussi Love at First Bite (1979) — comme sources d'inspiration, en les filtrant à travers le prisme de la culture pop new-yorkaise contemporaine. Elle voulait un film qui soit une lettre d'amour à New York autant qu'une comédie sur les vampires — la ville comme personnage à part entière, avec ses cafés, ses parcs et ses nuits qui n'en finissent pas.
Difficultés de production : Le film a été produit avec un budget modeste qui a imposé des contraintes sur les effets spéciaux liés à la nature vampirique des personnages. Heckerling a privilégié l'humour et le dialogue sur le spectacle surnaturel, ce qui correspond à sa façon de filmer mais peut décevoir les amateurs du genre cherchant davantage d'action.
Vamps joue avec le mythe du vampire pour réfléchir sur l'immortalité et ses paradoxes contemporains. Que signifie vivre éternellement dans un monde qui change si vite ? L'immortalité, traditionnellement présentée comme un don ou une malédiction romantique, est ici traitée comme une source de désorientation comique : comment s'adapter aux smartphones, aux réseaux sociaux et aux nouvelles règles de la séduction quand on a plusieurs siècles d'habitudes à désapprendre ? Le film aborde aussi l'amitié féminine durable — Goody et Stacy s'aiment et se soutiennent à travers les décennies avec une constance que les humains ont rarement la chance de connaître. La question du sacrifice et du renoncement à l'immortalité pour l'amour ou la plénitude humaine est un thème romanesque sous-jacent. Vamps parle enfin de nostalgie et de la difficulté de rester contemporain quand le monde avance sans vous.
La fin du film confronte ses deux héroïnes à un choix que la tradition vampirique impose : renoncer à leur immortalité pour trouver une paix humaine, ou continuer à vivre éternellement dans un monde auquel elles n'appartiennent plus vraiment. Le dénouement est teinté de mélancolie et d'humour simultanément, fidèle à l'esprit du film. La résolution réconcilie le besoin d'amour et d'appartenance avec les réalités d'une existence hors norme, dans un final qui refuse autant le tragique pur que le happy end conventionnel.
Vamps est le pluriel familier et affectueux de "vampire" — un titre qui dit d'emblée que le film ne se prend pas au sérieux et qu'il s'agit d'une comédie légère plutôt que d'un thriller surnaturel. Ce titre évoque aussi le mot "vamp" au sens de séductrice, femme fatale — ce que Goody et Stacy sont supposées être par nature mais qu'elles incarnent avec une maladresse contemporaine qui en fait l'inverse exact de la créature de la nuit archétypale. C'est un titre court, dynamique et légèrement ironique, qui annonce parfaitement le ton du film.
Alicia Silverstone, dont la carrière avait connu une longue éclipse après le succès de Clueless, a retrouvé une nouvelle visibilité dans les années 2020 grâce à des rôles dans des séries télévisées et des projets nostalgie qui célèbrent son statut d'icône des années 90. Amy Heckerling continue de travailler sur des projets créatifs en marge du système hollywoodien. Vamps reste un film de niche apprécié par un cercle de fans qui reconnaissent sa légèreté et son affection sincère pour ses personnages et son univers.
Vamps dialogue d'abord avec l'œuvre d'Amy Heckerling : Clueless (1995) reste la référence absolue de son cinéma. Dans la catégorie comédie de vampires, What We Do in the Shadows (2014) de Taika Waititi est la référence incontournable du genre dans sa version mockumentaire. Vampires en toute intimité (Only Lovers Left Alive, 2013) de Jim Jarmusch explore l'immortalité vampirique avec plus de mélancolie et de style. Buffy contre les vampires (série, 1997-2003) de Joss Whedon a défini les codes du vampire contemporain décomplexé. Twilight (saga, 2008-2012) est la cible bienveillante de la parodie. Blood & Donuts (1995) et Dracula: Dead and Loving It (1995) de Mel Brooks appartiennent à la même veine de comédie vampirique.